Un agent respecté de la DGSI licencié, accusé d’accointances avec le Mossad
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Un agent respecté de la DGSI licencié, accusé d’accointances avec le Mossad

Selon "Le Point", l’agent, de confession juive, était pressenti pour prendre la tête du Collège du renseignement en Europe

Le sceau du Mossad. (Crédit : WikiCommons)
Le sceau du Mossad. (Crédit : WikiCommons)

L’information a été révélée la semaine dernière par le journaliste Marc Leplongeon du magazine Le Point : un agent « très bien noté » de la DGSI a été licencié en raison d’accointances présumées avec le Mossad.

Suite à ce licenciement brutal et après avoir rendu son badge et son habilitation, l’homme, cinquantenaire, devra retourner dans son administration d’origine, l’Education nationale, qu’il a quittée il y a quinze ans et dans laquelle il n’a jamais exercé.

Selon Le Point, l’agent, surnommé « Didier », était pressenti pour prendre la tête du Collège du renseignement en Europe, longtemps souhaité et inauguré en mars dernier par le président Emmanuel Macron. Pierre de Bousquet de Florian, coordonnateur national du renseignement et ancien collègue de l’agent à la DST, lui aurait même proposé le poste.

Néanmoins, le 23 février 2018, à la suite d’une réunion consacrée à ce futur collège du renseignement à laquelle participent différents hauts responsables, Bousquet de Florian prend à part Didier pour s’entretenir seul à seul avec lui. En cause : une note de la DGSI reçue peu avant, et selon laquelle l’agent « pratique le krav-maga et participe au service de sécurité du collège juif où sont scolarisés ses enfants ».

Didier ne prend pas l’affaire au sérieux et admet que, s’il est Juif, ses liens avec Israël s’arrêtent là. Bousquet de Florian laisse couler mais, un mois plus tard, la Sécurité intérieure de la DGSI interroge Didier durant de longues heures. Les agents auraient notamment cherché à savoir s’il appartenait à une milice politique.

Lui sont également reprochés d’avoir utilisé sa carte SIM professionnelle dans un téléphone non sécurisé et d’avoir rencontré un Américain consultant en relations internationales sans l’avoir déclaré à son service.

Didier sera finalement licencié au printemps 2018, bien qu’il ait toujours reçu l’estime de sa hiérarchie et sans même que de quelconques liens avec le Mossad ne soient plus évoqués. Lui sont désormais simplement reprochés l’utilisation d’un téléphone non sécurisé et sa rencontre avec le consultant américain, qui devait appuyer la candidature de l’homme pour un poste sensible à l’OTAN.

« Les fautes de Didier méritaient-elles qu’on mette à la porte, sans autre cérémonie, un fonctionnaire avec quinze ans d’ancienneté ? », conclut Le Point.

L’agent aurait décidé de contester le retrait de son habilitation auprès du tribunal administratif de Paris. Une audience doit se tenir prochainement.

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