Un appareil israélo-singapourien valant 5 $ pour détecter la dengue et les AVC
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Un appareil israélo-singapourien valant 5 $ pour détecter la dengue et les AVC

Le kit analyse les produits chimiques dans le sang et diagnostique les maladies en quelques minutes; développé conjointement par l'Université Ben-Gurion et la start-up Biosensorix

La branche technologique de l'Université Ben Gourion du Negev et de Biosensorix à Singapour est en train de développer un dispositif pour aider à détecter la dengue, les accidents vasculaires cérébraux (Autorisation)
La branche technologique de l'Université Ben Gourion du Negev et de Biosensorix à Singapour est en train de développer un dispositif pour aider à détecter la dengue, les accidents vasculaires cérébraux (Autorisation)

Le développement en commun est un biocapteur qui peut détecter la composition des produits chimiques dans le sang pour diagnostiquer les maladies en quelques minutes, éliminant ainsi la nécessité d’envoyer des échantillons de sang et de tissus au laboratoire.

Les immunocapteurs ou biocapteurs sont des dispositifs médicaux qui mesurent les niveaux de produits chimiques dans le sang en détectant les courants électriques créés en raison de l’interaction entre les enzymes. Basé sur la présence et la quantité de produits chimiques spécifiques, le personnel médical peut déterminer l’existence et la gravité d’une maladie.

Alors que plusieurs kits existent aujourd’hui sur le marché qui peuvent être utilisés à domicile ou en clinique pour diagnostiquer des maladies, le nouveau kit est une « percée » car il permet de mesurer rapidement le niveau d’un biomarqueur à très bon marché, explique Luka Fajs, PDG de Biosensorix.

Image illustrative d’une piqûre de moustique (nechaev-kon; iStock by Getty Images)

« Nous essayons de décentraliser la médecine en permettant aux patients de se tester chez eux et de recevoir des résultats de test immédiats à très faible coût pour les prestataires de soins, éliminant ainsi le besoin de tests en laboratoire », a déclaré Fajs.

Le kit permet de diagnostiquer la dengue, une maladie causée par un virus transmis par les moustiques les plus répandus en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud. Le diagnostic rapide permet au personnel médical de commencer à traiter les patients sans avoir besoin d’attendre les résultats de laboratoire, selon la société.

Actuellement en phase avancée de prototype, le kit est composé de deux composants : une bandelette de test sanguin en forme de clé USB que les patients utilisent en piquant leur doigt pour prélever des échantillons sanguins, et un second dispositif qui ressemble à un iPhone, dans lequel il faut insérer l’USB avec l’échantillon de sang pour analyser sa composition chimique.

« La plupart des personnes atteintes de dengue peuvent être soignées à domicile, mais sont gardées à l’hôpital jusqu’à l’obtention des résultats », a déclaré Robert Marks, professeur au département de génie biotechnologique Avram et Stella Goldstein-Goren de BGU et co-fondateur de Biosensorix. « Avec le nouveau kit de diagnostic, le médecin peut libérer le patient en une demi-heure, ce qui économise du temps et de l’argent. »

Un deuxième kit actuellement en développement peut fournir des informations qui pourraient aider à prévenir les accidents vasculaires cérébraux et détecter la possibilité d’un accident vasculaire cérébral secondaire, qui survient souvent après la sortie du patient de l’hôpital, a-t-il dit.

Le diagnostic d’un accident vasculaire cérébral – un problème causé par un caillot sanguin qui bloque les vaisseaux sanguins dans le cerveau et empêche la circulation sanguine, entraînant la perte de cellules cérébrales en quelques minutes – dépend largement des évaluations cliniques et des procédures d’imagerie comme les IRM.

Luka Fajs, à gauche, et Robert Marks co-fondateurs de la start-up basée à Singapour, Biosensorix (Autorisation)

L’appareil, qui peut être utilisé chez soi, a deux utilités. Il peut aider à prévenir les accidents vasculaires cérébraux en surveillant l’activité sanguine du patient sur une base hebdomadaire et en fournissant des évaluations des risques rapidement, dans les 15 minutes, comparativement aux tests de laboratoire qui peuvent prendre des jours ou des semaines.

Un deuxième avantage est celui, dans les situations d’urgence, de fournir aux professionnels de la santé des informations précieuses et opportunes qu’ils peuvent utiliser non seulement pour accélérer le processus de diagnostic mais aussi pour déterminer la meilleure décision à prendre.

« D’un coup, chaque minute compte. Un test quantitatif rapide signifie un diagnostic rapide qui est nécessaire pour un traitement précis et rapide. Cela peut sauver des fonctions cérébrales et même des vies », a déclaré Ora Horovitz, vice-président principal du développement des affaires chez BGN Technologies.

La collaboration entre l’université et Biosensorix est née dans le cadre du programme NRF CREATE Singapour-Israël, fondé en 2015 pour financer des propositions de recherche basées sur la coopération entre chercheurs israéliens et singapouriens.

Près d’un million de dollars de financement a été fourni par le gouvernement de Singapour pour le projet.

« Nous avons reçu un coup de pouce de Singapour qui a favorisé le développement de la propriété intellectuelle », a déclaré Marks. « Singapour a une excellente infrastructure et est très intéressé par le développement de start-ups, et nous avons profité de ces opportunités. »

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