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Un avion cargo bloqué en Argentine en raison des sanctions américaines contre l’Iran

Les 5 membres d'équipage iraniens sont retenus depuis une semaine en Argentine, qui examine de possibles liens avec les Gardiens de la révolution iraniens, selon les autorités

Illustration : Un Boeing 747 d'Emtrasur Cargo atterrit à Belgrade le 24 février 2022. (Capture d'écran/YouTube)
Illustration : Un Boeing 747 d'Emtrasur Cargo atterrit à Belgrade le 24 février 2022. (Capture d'écran/YouTube)

Cinq membres d’équipage iraniens d’un avion cargo vénézuélien restaient lundi retenus depuis une semaine en Argentine, qui examinait de possibles liens avec les Gardiens de la révolution iraniens, selon les autorités.

Un juge fédéral argentin a ordonné lundi la rétention « pour une durée de 72 heures » des passeports des membres d’équipage iraniens, actuellement logés dans un hôtel.

Arrivé en Argentine le 6 juin en provenance du Mexique, le Boeing 747, qui transportait des pièces automobiles, appartient à Emtrasur, filiale de la compagnie aérienne publique vénézuelienne Conviasa, objet de sanctions du Trésor américain.

L’appareil, jadis propriété de la compagnie iranienne Mahan Air, est immobilisé depuis mercredi à l’aéroport Ezeiza de Buenos Aires, après avoir tenté en vain de se rendre en Uruguay.

Après l’atterrissage en Argentine, « des informations ont été reçues d’organisations étrangères qui ont mis en garde sur l’appartenance d’une partie de l’équipage à des sociétés liées aux Gardiens de la révolution iraniens », a expliqué lundi le ministre argentin de la Sécurité Anibal Fernandez.

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran (IRGC) défilent lors du défilé militaire annuel marquant l’anniversaire du déclenchement de la guerre dévastatrice de 1980-1988 avec l’Irak de Saddam Hussein, dans la capitale Téhéran, le 22 septembre 2018. (Crédit : Stringer/AFP)

Les Gardiens de la Révolution sont l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, et figurent, plus spécifiquement leur unité d’élite chargée des opération extérieures, la Force Qods, sur la liste noire d' »organisations terroristes étrangères » des Etats-Unis.

En outre, les contrôles de routine en Argentine ont détecté « des choses qui n’étaient pas logiques. Ils avaient déclaré un équipage plus petit que celui qui a voyagé et cela a conduit à une enquête (…) qui se poursuit », a ajouté le ministre Fernandez sur Radio Perfil.

Ce week-end, des sources des services d’immigration argentins avaient indiqué que les passeports saisis pouvaient être récupérés et que l’équipage pouvait à tout moment quitter le pays via un vol régulier.

Mais entretemps, la Délégation des associations israélites argentines (DAIA) a saisi la justice, revendiquant un « intérêt à enquête » au nom de la communauté israélite du pays.

La justice a accédé à la requête, décidant de retenir les passeports pour 72 heures de plus. Elle a aussi validé l’immobilisation initiale de l’appareil au nom d’un « soupçon raisonnable que la raison invoquée pour entrer (en Argentine) pourrait ne pas être la vraie ».

L’Argentine considère toujours sensible la présence à bord d’avions sur son sol de voyageurs iraniens, en raison d’alertes rouges d’Interpol à l’encontre d’Iraniens accusés d’être liés à l’attentat à la bombe de 1994 contre l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) de Buenos Aires, qui avait fait 85 morts et 300 blessés.

Le ministre Fernandez a toutefois précisé qu’aucune alerte d’Interpol ne visait les membres d’équipage iraniens en question.

Mais la liste de l’équipage comprend notamment un certain Gholamreza Ghasemi, « un parent du ministre iranien de l’Intérieur, et son nom coïncide avec celui d’un membre des Gardiens de la Révolution et administrateur d’une société liée à Qods », a souligné M. Fernandez sur la chaîne TN. Une analyse est en cours, conjointement avec l’Immigration et la police aéroportuaire, a-t-il ajouté.

Des membres d’équipage vénézueliens du même appareil ont pour leur part récupéré leur passeport.

A Téhéran, le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé lundi que l’imbroglio autour de l’avion faisait partie d’une « opération de propagande » contre Téhéran, dans un contexte de tension entre l’Iran et les pays occidentaux au sujet du nucléaire.

« Ces dernières semaines sont pleines de propagande, d’opérations psychologiques, de guerre des mots pour provoquer un sentiment d’insécurité (en Iran) et cette affaire s’inscrit dans ce cadre », a déclaré en conférence de presse hebdomadaire le porte-parole du ministère Saïd Khatibzadeh.

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