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Un avocat est la 98e victime de la violence communautaire arabe en 2021

Ghanim Jabareen a été abattu à la sortie d'une mosquée vendredi ; Yoav Segalovitz assure que les détentions administratives ne sont pas à l'ordre du jour

Ghanim Jabareen, décédé le 10 octobre 2021 après avoir été abattu quelques jours plus tôt à Umm al-Fahm (Crédit : autorisation )
Ghanim Jabareen, décédé le 10 octobre 2021 après avoir été abattu quelques jours plus tôt à Umm al-Fahm (Crédit : autorisation )

Un homme de 43 ans qui avait été abattu vendredi dans la ville d’Oum al-Fahm, dans le nord du pays, a succombé à ses blessures dans un hôpital lundi.

Ghanim Jabareen est la 98e victime d’homicide apparent dans la société arabe en 2021, selon un décompte de l’organisation à but non lucratif Abraham Initiatives. L’organisation précise que 81 des personnes tuées cette année ont été victimes de la violence armée.

Jabareen, père de trois enfants, a été abattu alors qu’il quittait une mosquée de la ville vendredi soir. Il était avocat. On ignore si son travail était lié à son assassinat. La police a ouvert une enquête.

Un proche a déclaré qu’il ignoraient pourquoi il était visé.

« Nous ne savons toujours pas qui l’a frappé et ce qu’ils voulaient de lui. C’était un homme honnête et apprécié. Nous ne nous sommes pas du tout sentis menacés – s’il avait eu connaissance d’une menace, il n’aurait pas quitté sa maison pour se rendre à la mosquée », a déclaré un proche anonyme au site d’information Ynet.

Le site a déclaré que Jabreen était la sixième personne à être assassinée cette année à Umm al-Fahm.

La mort de Jabareen est la deuxième dans la société arabe en 48 heures : Issam Salti, 24 ans, a été abattu samedi soir à son domicile dans le village d’Ilut, dans le nord du pays, apparemment à la suite de tirs perdus. Salti, un jeune marié, a été tué par une balle tirée lors d’une bagarre entre deux familles du village. On présume qu’il n’était pas impliqué dans la dispute.

La police a déclaré que cinq personnes ont été arrêtées, soupçonnées d’être impliquées dans la fusillade.

Issam Salti, tué par une balle apparemment perdue le 9 octobre 2021 (Crédit : autorisation)

Les crimes violents ont atteint des niveaux record dans les communautés arabes ces dernières années.

Les autorités ont promis de consacrer davantage de ressources à la lutte contre la criminalité dans les localités arabes, alors qu’une série de fusillades récentes a déclenché la campagne en ligne #Arab_Lives_Matter pour protester contre l’inaction présumée de la police.

Pour tenter de lutter contre la violence et la criminalité dans la communauté arabe d’Israël, le commissaire de la police israélienne, Kobi Shabtai, fait personnellement pression pour autoriser l’utilisation de mesures controversées et de grande envergure, employées uniquement par le service de sécurité Shin Bet, selon des rapports publiés dimanche.

Les chaînes de télévision israéliennes ont déclaré que Shabtai veut que la police soit autorisée à utiliser les détentions administratives – une mesure controversée couramment employée contre les suspects de terrorisme palestinien en Cisjordanie, ainsi que contre certains résidents d’implantations extrémistes, dans laquelle les suspects peuvent être détenus pendant de longues périodes sans que des charges formelles soient retenues contre eux – contre les criminels arabes israéliens présumés. Israël n’a jamais eu recours à cette mesure pour lutter contre la criminalité.

Toutefois, le vice-ministre de la Sécurité intérieure, Yoav Segalovitz, chargé de la lutte contre la violence dans la communauté arabe, a déclaré lundi que l’utilisation de la détention administrative ou l’empêchement des rencontres entre les suspects et leurs avocats n’était « pas à l’ordre du jour ».

Le député Yoav Segalovitz le 19 février 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Tant les responsables gouvernementaux que les experts de la société civile affirment que la violence dans la communauté arabe est le fruit de décennies de négligence de l’État.

Plus de la moitié des Arabes israéliens vivent sous le seuil de pauvreté. Leurs villes ont souvent des infrastructures défaillantes, des services publics médiocres et peu de perspectives d’emploi, ce qui pousse certains jeunes à collaborer avec le crime organisé.

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