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Un chef de service apporte du pain à l’hôpital pour dénoncer la loi sur le hametz

Le responsable du service de neurologie de l'hôpital Soroka a posté une photo le montrant apportant du pain non-casher pour Pessah sur son lieu de travail, exigeant la fin d'une "folie"

Gal Ifergane, directeur du service de neurologie, pose aux abords de l'hôpital Soroka de Beer Sheva avec les pains qu'il a amenés en défiance contre la loi sur le hametz, qui interdit l'entrée de produits alimentaires levés dans les établissements hospitaliers. (Crédit : Gal Ifergane, via Facebook)
Gal Ifergane, directeur du service de neurologie, pose aux abords de l'hôpital Soroka de Beer Sheva avec les pains qu'il a amenés en défiance contre la loi sur le hametz, qui interdit l'entrée de produits alimentaires levés dans les établissements hospitaliers. (Crédit : Gal Ifergane, via Facebook)

Un chef de service de l’hôpital Soroka de Beer Sheva a apporté du pain au levain à l’hôpital, dimanche, pour protester contre l’interdiction de l’introduction de produits alimentaires non-casher dans les établissements hospitaliers pendant la fête de Pessah.

Gal Ifergane, directeur du département de neurologie à l’hôpital, a indiqué qu’il avait pris cette initiative pour faire part de son mécontentement face à cette « folie » gouvernementale qui autorise désormais les hôpitaux à bannir l’entrée dans leurs enceintes de tous les produits levés, connus sous le nom de « hametz ».

Beaucoup de Juifs évitent le « hametz » pendant Pessah. La question de l’introduction de ces produits est devenue particulièrement sensible dans le fossé séparant Juifs laïcs et religieux en Israël, un fossé qui ne cesse de s’élargir.

« Jamais je n’avais mangé de hametz à Pessah. Cette année, pour la toute première fois de ma vie, j’ai acheté du hametz à Pessah et je l’ai ouvertement apporté à l’hôpital », a écrit Ifergane sur Facebook.

« Personne ne m’a arrêté. Parce que ce pays est sain d’esprit. Seul le gouvernement est délirant », a-t-il écrit. « Un citoyen libre, une nation libre. Cette folie doit cesser ».

La problématique du « hametz » avait atteint son paroxysme, la semaine dernière, quand un gardien de l’hôpital Laniado de Netanya avait confisqué les biscuits d’une femme enceinte, plusieurs jours avant le début de la fête alors que certains établissements hospitaliers se préparaient à faire appliquer la loi adoptée par le gouvernement, la semaine précédente.

L’hôpital Soroka à Beer Sheva (Crédit : Soroka)

La législation interdit le hametz (les produits alimentaires levés) dans les hôpitaux pendant toute la semaine de Pessah – une semaine durant laquelle beaucoup de Juifs évitent de consommer ces produits – et elle laisse aux directeurs des centres hospitaliers la possibilité « d’utiliser leur propre jugement sur la manière d’avertir les visiteurs et les personnels » de cette interdiction, soit en publiant leur politique sur leur site Internet ou à l’aide d’une signalisation installée à l’entrée des bâtiments. Toutefois, la législation n’autorise pas explicitement la fouille des malades ou des visiteurs.

Le chef du Likud, Benjamin Netanyahu, à droite, serrant la main du chef du parti Yahadout HaTorah, Yitzchak Goldknopf, lors du plénum de la Knesset, le 21 novembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plusieurs grands hôpitaux du pays ont indiqué qu’ils mettraient des panneaux signalant l’interdiction mais qu’ils ne fouilleraient pas les sacs et autres effets personnels pour la faire respecter. D’autres ont dit qu’ils créeraient des espaces réservés ou des consignes pour tous ceux qui souhaitent conserver des produits alimentaires levés en les récupérant à la sortie.

La nouvelle loi sur le hametz avait été parrainée par le parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, indigné par un arrêt de la Haute Cour de justice de 2020 qui interdisait aux hôpitaux de fouiller les sacs pour vérifier la présence de hametz, en réponse à des requêtes décrivant ces fouilles comme invasives et intrusives d’un point de vue religieux. La Cour avait étendu sa décision aux bases militaires l’année dernière.

La lutte sur le hametz dans les hôpitaux dépasse largement la fête et elle est devenue un symbole pour les Juifs religieux et laïcs dans leur combat sur la place que doit occuper, selon eux, la religion au sein de l’État hébreu. Ses opposants déclarent que l’interdiction viole leur liberté en exerçant une coercition religieuse et ses partisans estiment qu’elle permet aux patients religieux d’avoir un environnement casher pendant la fête, un environnement qui, le cas échéant, pourrait être contaminé par les produits au levain.

En avril 2022, le conflit sur le hametz et son lien avec les valeurs religieuses de l’État avaient entraîné la défection d’un membre de la précédente coalition, qui ne bénéficiait alors que d’une étroite majorité. Cela avait été le coup d’envoi qui devait, à terme, entraîner l’effondrement du gouvernement en place.

La semaine dernière, une organisation qui se consacre à la défense de la liberté religieuse a déposé une requête devant la Haute-cour, dénonçant la nouvelle législation.

Dans sa réponse, le ministère de la Santé a indiqué que le nouveau texte de loi ne permettait pas aux gardiens de la sécurité, dans les hôpitaux, de confisquer les produits au levain pendant Pessah.

Vendredi, le ministre des Finances Bezalel Smotrich s’en est pris à des activistes qui avaient apporté de la pizza dans un hôpital d’Ashkelon.

Smotrich avait réagi à un post, sur Twitter, d’un donneur qui avait apporté des pizzas à l’hôpital en portant un tee-shirt où l’on pouvait lire « Bonne fête de l’indépendance », une référence à l’histoire de Pessah – la fuite d’Égypte des Juifs qui y étaient retenus en esclaves.

Smotrich avait estimé que l’homme avait déformé la signification de la fête, le comparant au « fils maudit » de la Haggadah de Pessah et citant une phrase au sujet de ce dernier : « S’ils avaient été en Égypte, ils n’auraient pas été sauvés ».

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