Un chef jihadiste met en garde les rebelles contre des pourparlers avec Damas
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Un chef jihadiste met en garde les rebelles contre des pourparlers avec Damas

Cet avertissement du chef du groupe, Mohammad al-Joulani, intervient alors que le régime prépare une offensive pour la reconquête de cet ultime grand fief insurgé de Syrie

Des colonnes de fumée s'élèvent au-dessus des zones tenues par les rebelles de la ville de Daraa pendant les frappes aériennes signalées par les forces du régime syrien le 5 juillet 2018. (AFP/Mohamad Abazeed)
Des colonnes de fumée s'élèvent au-dessus des zones tenues par les rebelles de la ville de Daraa pendant les frappes aériennes signalées par les forces du régime syrien le 5 juillet 2018. (AFP/Mohamad Abazeed)

Le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham a mis en garde mercredi les formations rebelles dans la province syrienne d’Idleb qu’il domine et qui est désormais dans le viseur du régime, contre tout accord de « réconciliation » avec Damas comme ceux conclus dans d’autres bastions insurgés.

Cet avertissement du chef du groupe, Mohammad al-Joulani, intervient alors que le régime prépare une offensive pour la reconquête de cet ultime grand fief insurgé de Syrie.

Située dans le nord-ouest de la Syrie, la région est frontalière de la Turquie et dominée à 60 % par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, formé de membres de l’ex-branche d’Al-Qaïda). Elle compte également une multitude de groupes rebelles.

« Les armes de la révolution et du jihad constituent une ligne rouge (…), elles ne peuvent faire l’objet de marchandages et ne feront jamais l’objet de négociations », a lancé M. Joulani dans une vidéo publiée sur un des comptes du groupe sur Télégram.

« A partir du moment où l’on songe à soumettre ses armes aux négociations, on les perd de facto (…) Le fait d’envisager de capituler face à l’ennemi et de rendre ces armes est en soi un acte de trahison », a-t-il poursuivi.

Le chef de HTS a promis à cet égard qu’Idleb ne ferait pas l’objet d’un accord de « réconciliation » similaire à ceux conclus dans d’autres bastions rebelles reconquis par le régime, et plus récemment dans les provinces méridionales de Deraa et de Qouneitra.

Les forces gouvernementales syriennes brandissent le drapeau national après avoir repris aux rebelles la ville de Quneitra, le 19 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Youssef KARWASHAN)

« Ne pas compter » sur la Turquie

Ces accords qui s’apparentent à une capitulation de facto consistent notamment à désarmer les rebelles et à déployer les forces du régime dans les secteurs reconquis.

La province d’Idleb, dominée par HTS, accueille également une multitude de factions rebelles, dont les principales sont regroupées au sein d’une coalition formée début août et baptisée « Front de Libération nationale », soutenu par Ankara.

Les deux camps ont interpellé dernièrement des dizaines de personnes soupçonnées de négociations avec des représentants de Damas en vue d’accords avec le régime.

« Le régime et ses alliés ont essayé de suivre la même méthode de ‘réconciliation’ qui a entraîné la chute des régions du Sud (…) mais dans le Nord nous avons arrêté les principaux impliqués et mis en échec leur plan », a souligné le chef de HTS.

Mais à Idleb, le régime ne peut agir sans tenir compte de la Turquie, qui y a installé des postes d’observation et déployé des forces, soulignent des experts.

« Les habitants d’Idleb ne doivent pas compter » sur la Turquie pour régler le sort de la région, estime Mohammad al-Joulani, alors que Moscou, alliée de Bachar al-Assad, incite Ankara à mettre fin à la présence de HTS comme condition pour éviter une offensive majeure.

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