Un député arabe demande à l’Argentine d’annuler son match amical contre Israël
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Un député arabe demande à l’Argentine d’annuler son match amical contre Israël

Yousef Jabarin déclare que cette rencontre à Jérusalem "envoie le message dangereux que le monde ignore les importantes violations en matière de droits de l'Homme" d'Israël

Le législateur de la Liste arabe unie Youssef Jabareen durant une réunion de la commission de la Knesset, le 13 décembre 2016 (Crédit  : Yonatan Sindel/Flash90)
Le législateur de la Liste arabe unie Youssef Jabareen durant une réunion de la commission de la Knesset, le 13 décembre 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député arabe israélien Yousef Jabarin a vivement recommandé vendredi à l’Argentine d’annuler le match de son équipe nationale contre Israël samedi prochain, citant les actions de l’Etat juif dans la bande de Gaza.

Maintenir le match, a-t-il déclaré dans un courrier envoyé à l’ambassadeur argentin au sein de l’Etat juif, « envoie un message dangereux au gouvernement israélien que le monde ignore ses violations importantes faites aux droits de l’Homme ».

Jabarin, de la Liste arabe unie, a déclaré que le joueur vedette de l’équipe, Lionel Messi, « ne peut pas tourner le dos aux victimes palestiniennes ».

Il a ajouté que « j’espère vraiment que les instances concernées en Argentine réévalueront ce match tel qu’il est programmé ».

Lionel Messi, en Argentine, quitte le terrain lors du match du Brésil Global Tour entre le Brésil et l’Argentine au Melbourne Cricket Ground le 9 juin 2017 à Melbourne, en Australie. (Quinn Rooney / Getty Images via JTA)

Cette rencontre amicale aura lieu le 9 juin au Teddy Stadium de Jérusalem, une semaine seulement avant le premier match de l’Argentine en Coupe du monde contre l’Islande à Moscou, le 16 juin.

Le mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions) a mené une campagne pour faire annuler le match, notamment en envoyant des courriers aux personnalités du sport argentin.

Une lettre écrite par le Comité de solidarité avec la Palestine argentin au secrétaire national des Sports du pays et à la fédération nationale du football avait estimé, le mois dernier, que l’annulation de la rencontre « représenterait les valeurs de solidarité du peuple argentin envers les autres populations victimes d’oppression, d’apartheid et de génocide ».

Il y avait eu des rumeurs au mois de mai – dans un contexte de flambées de violence de la bande de Gaza – que la rencontre puisse être compromise, après que les joueurs ont exprimé des craintes de se rendre au sein de l’Etat juif pour des raisons de sécurité. Les organisateurs avaient ultérieurement démenti ces informations, affirmant que l’affrontement entre les deux équipes était encore d’actualité.

Les 20 000 billets pour le match amical à Jérusalem se sont vendus en l’espace de vingt minutes, selon l’entreprise responsable de la vente.

« D’un point de vue sportif, dit-il, j’aurais préféré le jouer à Barcelone, mais c’est comme ça, on doit voyager la veille du match, jouer en Israël contre Israël, puis de là aller en Russie, c’est la programmation que nous a donné l’AFA (l’Association du football argentin), » a déclaré de son côté l’Argentin Jorge Sampoli, entraîneur de l’équipe.

Les manifestations violentes sur la frontière avec Gaza ont lieu tous les vendredis depuis le 30 mars, date à laquelle les Palestiniens avaient organisé leur tout premier mouvement de protestation dans le cadre de la « marche du retour ». Israël affirme que les émeutes sont orchestrées par le groupe terroriste du Hamas, qui gouverne Gaza, et qu’il les utilise pour couvrir des tentatives d’attentats terroristes, s’efforçant également d’ouvrir des brèches dans la frontière.

Selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza, plus de 120 Gazaouis ont été tués depuis le début des manifestations.

A l’apogée des violences, les 14 et 15 mai, plus de 60 Palestiniens – presque tous membres des groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique – sont morts lors d’affrontements avec l’armée israélienne.

Les tensions sur la frontière viennent suivre une semaine qui a été marquée par la pire escalade de violences entre l’Etat juif et le Hamas depuis la guerre de Gaza, en 2014. Au début de la semaine, les groupes terroristes palestiniens ont tiré plus de 100 roquettes et obus de mortiers vers les villes et les municipalités du sud d’Israël.

L’armée israélienne a riposté par des douzaines de frappes aériennes contre des cibles militaires du Hamas. Après presque 24 heures d’échange de tirs, un cessez-le-feu informel a commencé – même si les deux parties l’ont qualifié de fragile.

L’AFP a contribué à cet article.

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