Un député d’Yisrael Beytenu critique le projet de loi sur les défections
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Un député d’Yisrael Beytenu critique le projet de loi sur les défections

Questionnant l'avenir du projet de loi, Eli Avidar déclare que la proposition visant apparemment à diviser le parti de Netanyahu perpétuerait une "culture politique pourrie"

Eli Avidar, député de Yisrael Beytenu, à la Knesset, le 29 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Eli Avidar, député de Yisrael Beytenu, à la Knesset, le 29 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Eli Avidar, député du parti Yisrael Beytenu, s’est prononcé mardi contre un projet de loi visant apparemment à faire éclater le Likud, le parti de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, et sa résistance pourrait compromettre les chances d’adoption de la proposition.

Le projet de loi permettrait aux législateurs de se séparer plus facilement de leur parti que ne le permet la loi actuelle, qui impose des sanctions si un groupe dissident ne comprend pas au moins un tiers des membres de sa faction à la Knesset.

Le Likud compte 30 législateurs à la Knesset actuelle, ce qui signifie que 11 députés devraient rompre les rangs ensemble pour éviter les sanctions, qui comprennent la perte du financement des campagnes futures. La proposition modifierait la loi de manière à ce qu’un groupe d’à peine quatre députés puisse quitter une faction.

Le projet de loi a reçu un soutien initial la semaine dernière de la part du Comité ministériel de la législation et doit maintenant être soumis au premier des trois votes du plénum qu’il doit passer pour devenir une loi.

Avidar a déclaré mardi qu’il avait indiqué aux dirigeants de la coalition qu’ils devraient retirer le projet de loi avant sa première lecture et qu’il voterait contre s’ils ne le faisaient pas. Il a dénoncé le projet de loi comme perpétuant une « culture politique pourrie » que le nouveau gouvernement devrait, selon lui, chercher à changer.

« Cette loi peut également être appelée la ‘loi du déserteur’ et elle fait monter d’un cran la barre de la corruption politique en Israël. Quatre députés qui veulent voter avec la coalition pour des raisons idéologiques peuvent le faire depuis les bancs de l’opposition », a écrit Avidar sur Twitter.

Il a noté les efforts déployés par M. Netanyahu et les alliés politiques de l’ex-Premier ministre pour faire basculer les députés des factions qui soutiennent le gouvernement avant qu’il ne prête serment le mois dernier, en leur promettant des postes de premier plan ou en les menaçant d’attiser le sentiment populaire contre eux.

« Il est inconcevable pour nous d’agir de la même manière que le gouvernement que nous sommes venus changer », a déclaré Avidar. « Le public nous a élus pour effectuer des changements et des réformes et non pour continuer à faire exactement les mêmes choses. »

Le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu à la Knesset, le 6 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Si Avidar vote contre le projet de loi, au moins un député de l’opposition devra s’abstenir ou soutenir le projet de loi pour qu’il avance, en supposant que le reste de la coalition vote pour. Les partis qui soutiennent le gouvernement disposent ensemble de 61 sièges à la Knesset, qui en compte 120.

Le jour de la prestation de serment du nouveau gouvernement, le mois dernier, Avidar a déclaré qu’il ne voterait plus selon les lignes du parti, en représailles au refus du chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, de lui accorder les postes ministériels de son choix.

Toutefois, M. Avidar a précisé par la suite qu’il était attaché au gouvernement et a été félicité par M. Liberman pour avoir pris part aux manifestations anti-Netanyahu au cours de l’année écoulée.

Le ministre des Finances Avigdor Liberman lors de la conférence pour l’Économie et la société organisée à l’Institut israélien de la Démocratie à Jérusalem, le 29 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’annonce d’Avidar qu’il s’opposerait au projet de loi est intervenue quelques heures après que la coalition ait été mis à mal en raison de l’échec de la Knesset à approuver une extension de la loi controversée sur le regroupement familial palestinien, après qu’un député rebelle du parti du Premier ministre Naftali Bennett, Yamina, ait émis le vote décisif contre cette loi.

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