Un dignitaire catholique accuse Trump de gâter l’esprit de Noël à Jérusalem
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Un dignitaire catholique accuse Trump de gâter l’esprit de Noël à Jérusalem

L'archevêque Pierbattista Pizzaballa a déclaré que les églises chrétiennes traditionnelles trouveraient problématique que Mike Pence visite officiellement les lieux saints de Jérusalem en janvier

L'archevêque Pierbattista Pizzaballa, L'archevêque Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarcat latin durant une conférence de presse dans les locaux du Patriarcat, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 décembre 2017. (Crédit : AFP / GALI TIBBON)
L'archevêque Pierbattista Pizzaballa, L'archevêque Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarcat latin durant une conférence de presse dans les locaux du Patriarcat, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 décembre 2017. (Crédit : AFP / GALI TIBBON)

Le plus haut dignitaire catholique à Jérusalem a reproché mercredi à Donald Trump d’avoir porté atteinte à l’esprit de Noël en reconnaissant la ville comme capitale d’Israël, et d’avoir conduit des centaines de chrétiens à annuler leur visite.

L’archevêque Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarcat latin, a aussi déclaré que les églises chrétiennes traditionnelles trouveraient problématique une éventuelle demande officielle de la part du vice-président américain Mike Pence de visiter les lieux saints de Jérusalem lors de sa venue prévue en janvier.

Il a conseillé à M. Pence « d’écouter davantage » les autres communautés que les évangélistes chrétiens dont il fait partie et qui passent pour avoir fortement influencé la décision du président américain.

L’annonce le 6 décembre par M. Trump de sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, « a créé des tensions autour de Jérusalem et détourné l’attention de Noël », à un moment de l’année où de nombreux pèlerins se rendent traditionnellement dans la ville Sainte, a dit Mgr Pizzaballa devant la presse.

Elle a aussi causé des crispations à Bethléem, autre haut lieu de la chrétienté en Cisjordanie, « cela a fait peur a beaucoup de gens, et nous avons eu moins de monde que prévu », a-t-il dit.

L’archevêque a parlé de « dizaines d’annulations » de voyages de groupes, représentant des centaines de personnes.

L’Eglise a toutefois maintenu toutes les fêtes prévues, pour « exprimer (sa) détermination à poursuivre les célébrations », a-t-il dit.

La déclaration de M. Trump, rompant avec des décennies de diplomatie américaine et internationale sur le statut de Jérusalem, l’une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien.

Le vice-président américain Mike Pence lors de la conférence du groupe Christians United for Israel à Wahsington, le 7 juillet 2017 (Crédit : CUFI via JTA)

Mgr Pizzaballa, plus haut dignitaire catholique romain au Proche-Orient, a redit l’opposition de l’Eglise à toute initiative « unilatérale » qui modifie le statu quo régissant les relations entre les communautés religieuses de Jérusalem.

M. Pence était initialement attendu cette semaine à Jérusalem. Le sort des chrétiens du Proche-Orient devait initialement être au coeur de son déplacement mais ce message a progressivement été relégué au second plan, au point qu’il ne devait rencontrer aucun représentant des Eglises chrétiennes traditionnelles.

La Maison Blanche a annoncé lundi le report de cette visite à la mi-janvier pour, a-t-elle dit, permettre à M. Pence d’être présent pour un vote crucial au Sénat.

Mgr Pizzaballa a indiqué que les officiels américains n’avaient pas demandé à ce que M. Pence visite les lieux saints à Jérusalem, comme le Saint-Sépulcre. S’ils le faisaient en janvier, « cela nous poserait un problème ».

En tant que pèlerin, « nous ne pouvons dire non à personne, même au plus grand pécheur au monde, mais s’il s’agissait d’une demande de visite officielle, « nous ne pouvons pas négliger les conséquences ou les aspects politiques », a-t-il ajouté sans préciser son propos.

« Je lui suggère d’écouter davantage les autres, personne n’a de monopole sur Jésus, pas même les évangélistes », a-t-il dit.

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