Un donateur d’Israël retenu 2h à l’aéroport après sa visite à Bilin
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Un donateur d’Israël retenu 2h à l’aéroport après sa visite à Bilin

David Bernstein, venu en Israël pour recevoir un prix, affirme avoir été interrogé après avoir assisté à des manifestations palestiniennes contre la barrière de sécurité

David Bernstein (à droite) et Yoni Mendel au 10e anniversaire des manifestations contre la barrière de sécurité du village palestinien de Bilin, en Février 2015. (Crédit : autorisation)
David Bernstein (à droite) et Yoni Mendel au 10e anniversaire des manifestations contre la barrière de sécurité du village palestinien de Bilin, en Février 2015. (Crédit : autorisation)

Un touriste philanthrope britannique qui était venu à Tel Aviv lundi afin de recevoir un prix pour la générosité de sa famille envers Jérusalem a déclaré avoir été détenu à l’aéroport Ben Gurion pendant deux heures, et interrogé sur une visite à une manifestation dans le village de Bilin, en Cisjordanie, en février.

David Bernstein qui recevra le prix de la Fondation de Jérusalem et est également membre du New Israel Fund britannique a déclaré que c’était « grâce à l’industrie israélienne de logiciels » que les services de sécurité avaient réussi à l’identifier à son arrivée.

« Cela devait être de la reconnaissance faciale », a-t-il dit au Times of Israël. « Ce que je pense, c’est qu’ils ont dû photographier tout le monde à cette manifestation et ça a dû coller avec des photos sur Facebook ou autres. »

Le ministère des Affaires étrangères israélien et l’Autorité de la population, en charge des frontières, ont annoncé qu’ils ne trouvaient pas de traces de cet incident. Le service de sécurité du Shin Beth a déclaré se pencher sur la question.

Bernstein, 61 ans, visiteur régulier en Israël, a affirmé avoir été arrêté au contrôle des passeports après avoir atterri du vol LY316 en provenance de Londres aux environs de 22h45.

Son passeport a été pris et il a été envoyé vers une salle à l’extérieur, à droite de l’entrée du hall des arrivées, a-t-il expliqué. Il a attendu 50 minutes environ en présence de six autres personnes.

« Une jeune femme m’a emmené dans une pièce où une autre femme était assise derrière un bureau, face à un écran d’ordinateur. Elles m’ont interrogé pendant 30 ou 40 minutes, a-t-il raconté.

« Elles ont demandé si j’étais déjà allé en Israël avant, quelle était la raison de ce voyage, qui je connaissais en Israël, où j’avais été dans le pays… »

« Je leur ai dit que mon père Sidney [Baron Bernstein] était un ami de Teddy Kollek [l’ancien maire décédé de Jérusalem], et que nous nous servions d’une petite fondation familiale qu’il avait créée pour soutenir des projets en Israël. »

« Je leur ai dit que je m’étais rendu en Israël en février pour le conseil annuel du New Israel Fund international. Elles m’ont demandé où j’étais allé, et j’ai donc consulté mon agenda et leur ai dit ‘Jérusalem et Tel Aviv’ ‘ Nulle part ailleurs ? » ont-elles demandé. ‘Etes-vous allé en Cisjordanie ?’ J’ai dit Ramallah. ‘Etes-vous allé ailleurs ?’ a demandé l’un d’entre elles. ‘Vous êtes allé autre part, je le sais’. »

« Je me suis alors souvenu de ce qu’elle cherchait. Le vendredi, je suis allée à Bilin pour le 11e anniversaire de leurs manifestations hebdomadaires. J’y étais avec un ami israélien et ils ont demandé son numéro de téléphone, que je leur ai donné. Ils voulaient savoir qui d’autre encore était là-bas. »

Militants palestiniens et étrangers pendant une manifestation contre la barrière de sécurité dans le village de Bilin, en Cisjordanie, près de Ramallah, en 2010. Illustration. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Militants palestiniens et étrangers pendant une manifestation contre la barrière de sécurité dans le village de Bilin, en Cisjordanie, près de Ramallah, en 2010. Illustration. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Bilin est un village palestinien situé à l’ouest de Ramallah qui a été séparé en deux par la barrière de sécurité israélienne. Les habitants du village ont attiré l’attention et le soutien de la communauté internationale en organisant des manifestations devant la barrière tous les vendredis depuis janvier 2005.

« Je leur ai dit que j’étais allé à Bilin, à Sussiya [un village de Cisjordanie qui devrait être détruit], au sud des hauteurs de Hébron et que je soutenais par des dons Breaking the Silence et B’Tselem [deux associations de défense des droits de l’Homme actives en Cisjordanie]. Je leur ai dit que ces associations faisaient partie de la vibrante démocratie d’Israël. »

« Elles ont tout écrit puis m’ont demandé d’attendre, et après 20 minutes, elles m’ont rendu mon passeport et j’étais libéré. »

Bernstein a déclaré que la seule fois où il avait été interrogé auparavant, c’était à propos d’un visa libanais de 2010 sur son passeport et que les deux femmes qui l’ont interrogé « n’ont fait que leur travail ».

Le Dr Yoni Mendel, chercheur spécialiste des relations judéo-arabes à l’institut arabophone Van Leer de Jérusalem, et qui a emmené Bernstein à Bilin, a déclaré qu’il n’avait pas été contacté par les services de sécurité.

« David est une personne qui aime sincèrement Israël, a-t-il déclaré, et s’il va à Bilin, c’est par amour pour Israël. »

« Bilin est une histoire de véritable injustice. Un matin, les gens se sont réveillés pour se rendre compte que leur terre agricole ne leur appartenait plus. Des personnalités viennent aux manifestations, souvent des députés. »

En arrêtant des gens comme Bernstein, les agences de sécurité ont essayé de « faire peur aux gens, [de faire passer le message] que ce n’est pas permis de montrer un soutien à l’indépendance des Palestiniens, a ajouté Mendel. Ils voient n’importe quelle campagne de soutien pour l’indépendance palestinienne comme anti-Israël, ce qui n’est absolument pas vrai. »

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