Un drapeau « Mort aux Sionistes » retrouvé chez les jeunes ados juifs arrêtés
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Un drapeau « Mort aux Sionistes » retrouvé chez les jeunes ados juifs arrêtés

Le coordinateur de la sécurité aurait aussi fait disparaître des vidéos de surveillance montrant les suspects quitter l'implantation avant l'attaque

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Une photo rendue publique le 6 janvier 2019 par le Shin Bet montrant un drapeau israélien brûlé par des adolescents juifs soupçonnés d'avoir tué une Palestinienne en Cisjordanie (Crédit : Shin Bet)
Une photo rendue publique le 6 janvier 2019 par le Shin Bet montrant un drapeau israélien brûlé par des adolescents juifs soupçonnés d'avoir tué une Palestinienne en Cisjordanie (Crédit : Shin Bet)

Dans un contexte de critiques croissantes du Shin Bet, l’agence de sécurité a, dimanche soir, rendu publiques des preuves « indiquant les caractères anti-sionistes extrêmes » des adolescents qui ont été arrêtés, soupçonnés d’être impliqués dans le jet de pierres meurtrier du mois d’octobre ayant entraîné la mort d’une Palestinienne de 47 ans, mère de huit enfants.

Parmi ces preuves, une vidéo découverte pendant l’enquête qui montre un drapeau israélien en flammes. Les agents du Shin Bet ont par ailleurs retrouvé un autre drapeau israélien dans la chambre de l’un des suspects, arborant une croix gammée dessinée sur l’étoile de David avec les mots « Mort aux Sionistes ».

L’avocat Itamar Ben Gvir, qui représente l’un des suspects, a estimé qu’il n’y avait aucune preuve que la vidéo et le drapeau vandalisé appartenaient aux adolescents appréhendés. Il a également accusé le Shin Bet d’avoir diffusé « cyniquement » ces preuves, sachant que l’affaire « est en train de s’effondrer ».

« Lorsque le Shin Bet se trouve sous pression, toutes les méthodes deviennent tout à coup casher. Ainsi, dans les prochains jours, nous allons entendre que les suspects étaient des anti-sionistes et autres… En réalité, ce sont de bons enfants qui aiment profondément l’Etat d’Israël », a commenté Ben Gvir.

Un drapeau israélien avec une croix gammée et un message disant « Mort aux sionistes » qui aurait été fait par l’un des adolescents juifs soupçonnés d’avoir tué une Palestinienne en Cisjordanie, selon le Shin Bet (Crédit : Shin Bet)

Le Shin Bet a diffusé les preuves quelques heures après la tenue d’une conférence de presse organisée par les avocats des cinq suspects, qui ont accusé les services de sécurité d’avoir torturé leurs clients pendant leur interrogatoire. Ils ont par ailleurs soutenu que les adolescents avaient un alibi prouvant qu’ils ne se trouvaient pas au carrefour Tapuah, l’endroit où avait eu lieu l’attaque meurtrière, au moment où Rabi avait été tuée.

Le Shin Bet a également évoqué les « fausses » accusations lancées par les « parties intéressées » concernant sa gestion de l’enquête.

L’agence a déclaré que les suspects n’avaient pas été « enlevés » mais arrêtés par les agents, équipés des mandats nécessaires. Les parents en avaient été également notifiés au préalable.

Reconnaissant avoir interdit aux suspects de rencontrer un avocat, le Shin Bet a souligné qu’il s’agissait d’une démarche « décidée de temps en temps et à l’encontre de suspects autant arabes que Juifs… dans des dossiers terroristes graves » et que la cour de district de Lod avait accepté cette mesure malgré les appels déposés par les avocats.

Le Shin Bet a indiqué avoir pris soin d’installer les suspects à l’écart des détenus adultes, précisant que les interrogatoires avaient été menés « conformément aux directives des autorités médicales ».

Les suspects ont été examinés pendant l’ensemble des interrogatoires et ils n’ont « soumis aucune plainte aux autorités médicales des services israéliens des prisons », ou aux juges qui ont présidé leurs audiences de maintien en détention, a poursuivi l’agence de sécurité.

Des objets religieux ont également été fournis aux suspects, notamment des châles de prière pour le Shabbat, a noté le Shin Bet.

Une voiture appartenant à une famille Palestinienne impliquée dans un accident meurtrier à cause de jets de pierres qui auraient été lancées par des habitants d’implantation au carrefour de Tapuah en Cisjordanie, le 12 octobre 2018 (Crédit : Zachariah Sadeh/Rabbis for Human Rights); Aisha Muhammad Talal Rabi (Autorisation)

Les avocats des suspects — Itamar Ben Gvir, Adi Keidar et Hay Haber de l’organisation d’aide juridique Honenu – ont organisé une conférence de presse, dimanche, aux abords des salles d’audience de la cour des magistrats de Rishon Lezion, durant laquelle ils ont affirmé que leurs clients n’avaient rien à voir avec le meurtre de Rabi et que le Shin Bet avait émis « cyniquement » son communiqué quelques minutes avant qu’un juge ne statue sur la prolongation du maintien en détention des suspects.

Confirmant les craintes exprimées la semaine dernière lors des manifestations organisées par les habitants d’implantation, les avocats ont ajouté que les jeunes avaient subi des « tortures » en prison.

« Du matin au soir, mon client a été menotté à une chaise, dormant sur un matelas placé à même le sol dans une petite cellule », a dit Keidar. « Le garçon que j’ai rencontré était fatigué, brisé et épuisé ».

Ben Gvir a déclaré que les enquêteurs avaient « insulté, craché et même harcelé sexuellement » son client. Il a clamé que les agents du Shin Bet avaient même fait intervenir des policiers se faisant passer pour des détenus qui avaient exercé des pressions sur le suspect pour lui extorquer des aveux. Il y a eu des initiatives similaires qui ont été rapportées dans d’autres dossiers relatifs au terrorisme juif, notamment pendant l’enquête consacrée à un attentat terroriste commis en 2015 dans le village palestinien de Duma, où trois membres d’une même famille avaient été brûlés vifs, dont un bébé.

Un juge a prolongé dimanche la détention des cinq suspects jusqu’à jeudi. Deux des adolescents appréhendés samedi soir ne rencontreront pas d’avocats avant mardi prochain.

Les cinq adolescents sont des élèves de la yeshiva Pri Haaretz, située à Rehelim, dans le nord de la Cisjordanie. Trois d’entre eux ont été arrêtés dimanche dernier et deux autres ont été appréhendés six jours plus tard.

La chaîne publique Kan a fait savoir dimanche soir que le coordinateur de la sécurité de Rehelim avait été interrogé par le Shin Bet, soupçonné d’avoir fait disparaître une séquence enregistrée par les caméras de surveillance qui aurait montré les suspects quittant l’implantation avant l’attaque.

Le responsable de Rehelim aurait été ensuite remis en liberté.

La chaîne d’information a également fait savoir qu’une équipe d’agents du Shin Bet était arrivée à l’implantation le lendemain de l’attaque, annonçant au rabbin de Pri Haaretz qu’elle enquêtait sur l’incident du jet de pierre meurtrier. Les agents avaient toutefois affirmé au rabbin qu’ils ne contreviendraient pas aux règles du Shabbat pour mener leur enquête et qu’ils reviendraient interroger les élèves après le coucher du soleil.

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