Un élu du Labour s’excuse d’avoir soutenu un musicien accusé d’antisémitisme
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Un élu du Labour s’excuse d’avoir soutenu un musicien accusé d’antisémitisme

Chris Williamson a clamé qu'il avait supprimé le tweet en soutien à Gilad Atzmon, né en Israël et interdit de concert à Londres

Chris Williamson (Crédit : capture d'écran YouTube)
Chris Williamson (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le député travailliste britannique Chris Williamson a présenté vendredi ses excuses pour un tweet écrit en soutien à Gilad Atzmon, un musicien que son propre parti, accusé d’antisémitisme, avait qualifié dans le passé de « vil antisémite », a fait savoir la BBC.

Atzmon devait jouer dans une salle de concert de Londres samedi soir mais les autorités locales ont interdit son spectacle, disant qu’il « pourrait nuire » aux relations entre les communautés religieuses.

Atzmon est né en Israël et il a servi au sein de l’armée avant d’émigrer au Royaume-Uni et de renoncer à sa citoyenneté israélienne.

Parmi ses déclarations passées, « l’idéologie juive mène notre planète à la catastrophe » et « je ne vais pas dire s’il est bien ou mal de brûler une synagogue mais je considère cela comme un acte rationnel », a fait savoir le Jewish News.

Le musicien avait également affirmé qu’il fallait « prendre au sérieux » l’idée que les « Juifs tentent de diriger le monde ».

Le négationniste Paul Eisen, à droite, parle au musicien israélien Gilad Atzmon, que l’ADL comme l’organisation Southern Poverty Law Center ont toutes les deux qualifié d’antisémite.

Williamson, un allié proche du leader du parti Jeremy Corbyn – lui même connaissant la controverse face à des accusations d’antisémitisme – avait tweeté une pétition appelant à ce qu’Atzmon puisse faire son concert.

Le politicien a été alors immédiatement critiqué pour son soutien au musicien et l’organisation Board of Deputies of British Jews a appelé le parti du Labour à renvoyer son député. Ce dernier a alors retiré sa publication avant de présenter des excuses.

« Au début de la journée, j’ai fait un tweet concernant une pétition sur l’interdiction par l’Islington Council d’un concert des Blockheads, avec les musiciens qu’ils avaient sélectionné. Le conseil a interdit au musicien de jazz Gilad Atzmon de jouer avec le groupe », a écrit Williamson .

« Depuis, j’ai appris qu’Atzmon, ancien soldat israélien, ne s’arrête pas au monde du jazz. J’ai appris que sur différents blogs et lors de discours, il avait adopté un langage antisémite », a-t-il ajouté.

« Je n’avais pas connaissance de cela avant d’avoir tweeté la pétition. Dès que je l’ai su, j’ai supprimé la publication. J’ai toujours condamné toutes les formes de racisme, et notamment l’antisémitisme, et je me dissocie fortement des points de vue antisémites d’Atzmon.

« Je présente donc mes excuses pour avoir relayé cette pétition et pour tout mal et toute offense dont elle a pu être à l’origine », a continué Williamson.

Williamson, l’un des partisans les plus fervents du chef du Labour, clame depuis longtemps que l’antisémitisme dans le parti est un complot de droite – le qualifiant de « positivement sinistre » – visant à discréditer Corbyn.

Le dirigeant du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, durant un discours lors de la conférence du parti travailliste à Liverpool, en Angleterre, le 23 septembre 2018, jour de l’ouverture officielle de la conférence annuelle du parti travailliste. (AFP PHOTO / Paul ELLIS)

L’ancien député du premier rang, qui avait déclaré que les accusations étaient des « ruses malsaines et basses » utilisées à des « fins politiques », était apparu au mois de mars lors d’un événement aux côtés de Jackie Walker, suspendue du parti en raison de suspicions d’antisémitisme. Williamson avait appelé le parti à reprendre dans ses rangs Walker et l’ancien maire de Londres Ken Livingstone, suspendu de la même façon et qui a depuis quitté la formation.

Au début de l’année, Williamson avait été critiqué pour avoir exprimé son soutien à un blogueur conspirationniste qui avait affirmé que les sionistes gouvernaient la France, qui avait partagé des plate-formes avec des négationnistes de la Shoah et soutenait fermement les campagnes de bombardement du président syrien Bashar Assad dans les zones civiles.

Cette nouvelle controverse suit d’innombrables révélations récentes qui impliquent le Labour, sous le feu des critiques pour ce qui est, pour de nombreuses personnes, l’échec à éradiquer l’antisémitisme dans ses rangs, et également pour le soutien apporté par Corbyn au groupe terroriste palestinien du Hamas.

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