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Un élu du Likud refuse de mettre fin à l’interdiction des députés racistes

David Bitan reproche à son parti de "ne penser qu'à former un gouvernement", ajoutant que trop de concessions avaient été faites pour satisfaire les alliés de Benjamin Netanyahu

Le député du Likud, David Bitan, lors d'un vote en session plénière de la Knesset, à Jérusalem, le 20 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député du Likud, David Bitan, lors d'un vote en session plénière de la Knesset, à Jérusalem, le 20 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député du Likud, David Bitan, a déclaré samedi qu’il refusait de mettre fin à l’interdiction pour les législateurs, ouvertement racistes, de siéger à la Knesset. Bitan a, par ailleurs, critiqué le Premier ministre désigné, Benjamin Netanyahu, pour avoir fait trop de concessions à ses alliés d’extrême-droite et ultra-orthodoxes lors des négociations de coalition.

Le parti d’extrême-droite Otzma Yehudit avait déclaré jeudi que Netanyahu avait accédé à sa demande d’adopter une loi qui mettrait fin à l’interdiction faite aux personnes qui incitent au racisme de siéger à la Knesset. Selon le parti extrémiste, une loi viendrait supprimer la clause de la Loi fondamentale – quasi-constitutionnelle – d’Israël disposant que ceux qui incitent au racisme sont inéligibles au Parlement.

« Nous avons lutté pendant des années contre l’antisémitisme et le racisme dans le monde, alors quel genre de message envoyons-nous si nous acceptons d’abandonner cette interdiction », a déclaré Bitan dans l’émission « Rencontre avec la presse » de la Douzième chaîne.

« Bien sûr que je m’y opposerai. Tout le monde doit s’y opposer. Ils ne pensent pas à l’avenir, mais seulement à former un gouvernement », a déploré Bitan.

Le chef du Likud, le Premier ministre désigné, Benjamin Netanyahu, entouré de députés après un vote pour le nouveau président de la Knesset au Parlement israélien, à Jérusalem, le 13 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il n’est pas allé jusqu’à dire qu’il voterait contre un tel projet de loi, expliquant qu’il serait absent lors du vote.

En outre, le député s’est plaint que son parti avait cédé trop de portefeuilles importants à ses partenaires de coalition, précisant que des rôles importants, encore aux mains du Likud, avaient été vidés de leur substance.

Le Likud a accepté, dans le cadre des pourparlers de coalition, de diviser les autorités de divers ministères clés pour permettre aux autres partis de la coalition d’avoir plus de pouvoir, notamment en élargissant les rôles du ministère de l’Intérieur pour le Shas et du ministère de la Sécurité intérieure pour Otzma Yehudit ; en cédant certains aspects du ministère de l’Éducation au Shas et au parti anti-LGBT, Noam ; et en retirant l’autorité du ministère de la Défense sur l’Administration civile et la construction en Cisjordanie, en cédant cette question au parti HaTzionout HaDatit.

Bitan, qui fait l’objet de multiples inculpations pour corruption et qui ne peut pas être ministre, a déclaré qu’il accepterait de présider la commission des Affaires économiques de la Knesset.

« Je ne pense pas qu’il y ait autre chose à prendre », a-t-il affirmé.

Le député a également répondu aux craintes que le nouveau gouvernement mette en avant un programme politique potentiellement anti-libéral.

« Je ne crois pas que tout passera. » « Nous avons vu cette histoire à de nombreuses reprises. Certaines parties se sont concrétisées et d’autres non. Il y a aussi des développements dans le monde et en Israël qui jouent sur le résultat final. Il y aura également une pression internationale », a-t-il prédit.

Parmi les clauses et les plans des accords, qui se dessinent entre le Likud et ses partenaires, figurent l’instauration de la peine de mort pour les terroristes, l’avancement de l’annexion de la Cisjordanie, l’autorisation d’une éventuelle discrimination anti-LGBT et la possibilité d’organiser des événements publics séparés pour les hommes et les femmes.

L’ex-ministre de la Défense Moshe Yaalon lors d’un rassemblement de campagne à Tel Aviv pour son nouvel allié politique Benny Gantz, le 29 janvier 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Samedi, un millier de personnes ont protesté contre le nouveau gouvernement et ses politiques attendues dans la ville côtière de Haïfa, au nord du pays.

Le Mouvement pour un gouvernement de qualité et d’autres groupes ont appelé les Israéliens à manifester contre « la législation dangereuse avancée par le gouvernement criminel désigné ».

L’ancien ministre de la Défense et ex-député du Likud, Moshe Yaalon, qui était présent au rassemblement, a qualifié le gouvernement entrant de « machine à poison bien huilée, avec des éléments criminels, et nuisible à la démocratie ». « La question ici ne porte pas sur droite ou gauche, mais sur honnêteté ou corruption, » a-t-il rappelé.

Netanyahu a annoncé mercredi soir qu’il pouvait former une coalition avec les partis Otzma Yehudit, HaTzionout HaDatit, Noam, et ses partenaires ultra-orthodoxes de longue date, le Shas et Yahadout HaTorah, qui ont remporté 64 sièges sur 120 au total lors des élections législatives de novembre.

Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, et le chef d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, arrivant pour la cérémonie de prestation de serment de la nouvelle Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2022. (Crédit : Abir Sultan/Pool Photo via AP)

Toutefois, des accords de coalition complets doivent encore être signés par les différents partis, plusieurs questions restant encore en suspens.

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