Un élu letton critiqué pour avoir dit que le russe est la langue du sionisme
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Un élu letton critiqué pour avoir dit que le russe est la langue du sionisme

Alexander Kirshtejns a été accusé d'antisémitisme après avoir, en faisant campagne pour la suppression de l'apprentissage du russe, assimilé cette langue à l'hébreu et au yiddish

Le vice-président du parlement letton  Alexander Kirshtejns en 2013. (Capture d'écran : YouTube)
Le vice-président du parlement letton Alexander Kirshtejns en 2013. (Capture d'écran : YouTube)

Un important politicien letton a qualifié le russe de « langue du sionisme international ».

Alexander Kirshtejns, vice-président du Parlement letton – ou Saeima – du bloc de l’Association nationale, a tenu ces propos jeudi, a fait savoir le service BaltNews. Kirshtejns a expliqué que le russe était à cet égard équivalent au yiddish et à l’hébreu.

Kirshtejns, un nationaliste qui fait campagne pour la suppression des panneaux routiers et des monuments pour les russophones, a fait cette déclaration durant un débat sur l’opposition à un plan gouvernemental qui prévoit de faire appliquer le Letton dans les écoles et les institutions du pays.

Approximativement un quart de la population de 2 millions de personnes est russe, selon des estimations.

Pour prouver son propos sur le sionisme, il a cité des noms de famille à résonance juive d’individus qui, selon lui, sont investis dans des manifestations contre ce plan de bannissement de l’enseignement edun russe dans les écoles du pays : Zhdanok, Gilman and Pliner.

Valery Engel, un Juif russe ayant la double nationalité israélienne et qui contrôle et documente les expressions de l’antisémitisme en Lettonie a écrit jeudi sur Facebook un post consacré aux propos de Kirshtejns, disant qu’ils rappelaient l’antisémitisme de l’époque communiste.

« La symbiose des anciens communistes avec le radicalisme national populiste est dorénavant courant et ce n’est pas une surprise », a-t-il dit.

Le sentiment nationaliste anti-russe a augmenté au cours des dernières années en Lettonie, un pays qui possède une frontière avec la Russie et où un grand nombre d’habitants ont des souvenirs amers de la domination russe d’avant 1991.

Les politiques expansionnistes de la Russie sous la présidence de Vladimir Poutine ont accru la popularité du nationalisme au sein de la population ainsi que la nostalgie des criminels de guerre qui s’étaient alignés avec l’Allemagne nazie contre la Russie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Des vétérans de la légion lettone, une force qui était commandée par les Waffen SS allemands nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale, et leurs sympathisants portent des fleurs pendant leur marche vers le monument de la Liberté en Lettonie, à Riga, le 16 mars 2016. (Crédit : AFP/Ilmars Znotins)

La capitale de la Lettonie, Riga, est le seul lieu en Europe où défilent une fois par an des vétérans des SS, qui se présentent en uniforme, avec leurs insignes et en grande tenue – parfois aux côtés de politiciens nationalistes.

En Lettonie, les bénévoles SS et d’autres ont participé à la quasi-annihilation des 70 000 Juifs qui vivaient dans le pays avant l’Holocauste.

La Lettonie accueille 10 000 Juifs, selon le Congrès juif européen.

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