Un ex-assistant de Netanyahu, qui vit en Serbie, va être interrogé par Lahav 433
Les enquêteurs se rendront à Belgrade après avoir initialement cherché à interroger Yisrael Einhorn en Israël dans le cadre des affaires du Qatargate et des fuites de documents
Selon des informations parues dimanche dans la presse israélienne, des enquêteurs de l’unité anti-corruption Lahav 433 de la police israélienne, chargée des crimes majeurs, se rendront en Serbie cette semaine pour interroger un ancien conseiller électoral du Premier ministre, Benjamin Netanyahu.
Yisrael Einhorn sera interrogé sur son rôle dans l’affaire dite du
« Qatargate » ainsi que dans celle des documents divulgués qui ont entaché le bureau du Premier ministre ces derniers mois.
Einhorn vit à Belgrade depuis un an, où il travaille comme conseiller du président serbe Aleksandar Vučić, et n’est pas retourné en Israël depuis l’ouverture d’une enquête l’an dernier sur une fuite d’informations confidentielles.
Einhorn, ainsi qu’un proche collaborateur du Premier ministre, Jonatan Urich, et l’ancien porte-parole Eli Feldstein, sont les principaux suspects dans l’affaire des fuites de documents classifiés, qui concerne le vol de documents classifiés de l’armée israélienne et la fuite de l’un d’entre eux au quotidien allemand Bild.
Les trois hommes sont également soupçonnés dans l’enquête en cours sur le « Qatargate ». Les enquêteurs ont cherché à l’interroger au sujet de ses activités de relations publiques pour le Qatar via son agence Perception, qu’il dirigeait avec Urich.
Les deux hommes auraient mené une campagne en faveur du Qatar afin de présenter ce pays du Golfe sous un jour favorable, avant la Coupe du monde de football de 2022, qui s’est tenue à Doha, selon des informations parues à l’époque dans les médias israéliens, ce qui correspond au début de l’enquête.
Selon un reportage de la chaîne publique Kan, Einhorn avait précédemment tenté de négocier un accord avec le bureau de la procureure générale qui lui aurait permis de retourner en Israël pour témoigner sans être arrêté, mais les négociations ont échoué.
Il aurait ensuite demandé à être interrogé en Serbie, mais cette demande aurait initialement été rejetée par le parquet, qui préférait attendre qu’il rentre en Israël de son plein gré pour l’arrêter, ou bien engager une procédure d’extradition.
Cependant, après un revirement présumé de la position de la procureure générale, les enquêteurs devraient désormais l’interroger en Serbie.
Dimanche également, le bureau de la procureure générale a refusé de faire appel d’une décision visant à assouplir les conditions d’assignation à résidence de Feldstein, qui a été inculpé dans l’affaire des documents classifiés avec l’officier (Rés.) Ari Rosenfeld.
Le juge Ala Masarwa, du tribunal de Tel Aviv, a statué la semaine dernière que les conditions de l’assignation à résidence de Feldstein pouvaient être assouplies, mais a reporté l’application de cette décision afin de laisser au bureau de la procureure générale le temps de faire appel devant la Cour suprême si elle le souhaitait.
Outre Feldstein et Rosenfeld, la procureure générale Gali Baharav-Miara a annoncé la semaine dernière que des accusations seraient portées contre Urich dans l’attente d’une audience, dans le cadre de l’affaire des documents. Selon l’acte d’accusation, il est soupçonné d’avoir divulgué des documents classifiés dans le but de nuire à la sécurité de l’État et d’avoir détruit des preuves.
Les avocats d’Urich ont rejeté ces accusations, que Netanyahu a qualifiées de « vaines et infondées ».
Aucune mise en examen n’a encore été annoncée contre les suspects dans l’enquête sur le « Qatargate ».








