Un ex-ministre et d’autres politiques inculpés dans une importante affaire de corruption
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Un ex-ministre et d’autres politiques inculpés dans une importante affaire de corruption

Stas Misezhnikov est soupçonné d’avoir demandé des pots-de-vin et d’usage de cocaïne pendant qu’il était ministre du Tourisme ; 15 autres, souvent liés à Yisrael Beytenu, sont aussi inculpés

Stas Misezhnikov, ancien ministre du Tourisme du parti Yisrael Beytenu, accusé de corruption. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Stas Misezhnikov, ancien ministre du Tourisme du parti Yisrael Beytenu, accusé de corruption. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Un ancien ministre du Tourisme et plus d’une dizaine d’autres responsables politiques vont être inculpés de nombreux chefs d’accusation, notamment pour corruption et fraude, a annoncé lundi le ministère de la Justice.

Le procureur général Avichai Mandelblit et le procureur de l’Etat Shai Nitzan ont annoncé que Stas Misezhnikov, qui a été ministre du Tourisme pour le parti Yisrael Beytenu entre 2009 et 2013, est soupçonné de corruption, fraude, et abus de confiance, ainsi que d’obstruction à la justice et de possession d’une substance contrôlée.

Les inculpations, qui concernent aussi un ancien vice-ministre, arrivent après une enquête de deux ans sur des soupçons de malversations centrée sur le parti politique Yisrael Beytenu.

Le chef du parti, Avigdor Liberman, qui est ministre de la Défense, n’est soupçonné d’aucun crime dans l’affaire, connue comme le dossier 242.

Parmi les chefs d’accusation attendus, Misezhnikov est soupçonné d’avoir donné un million de shekels (238 000 euros) à un festival étudiant à Eilat puis d’avoir demandé aux organisations d’employer sa partenaire en échange. Les organisateurs ont accepté et l’ont payée des dizaines de milliers de shekels.

Selon un article de Haaretz, Misezhnikov aurait aussi envoyé des conseillers acheter de la cocaïne, qu’il a utilisée pendant des évènements officiels en Israël et à l’étranger.

Quelque 16 responsables devraient être inculpés dans cette affaire, dont Faina Kirshenbaum, qui s’est retirée du poste de vice-ministre de l’Intérieur début 2015, peu après la publication des suspicions qui se portaient sur elle, et qui est suspectée de corruption, abus de confiance, fraude et blanchiment d’argent, ainsi que d’autres délits financiers.

L'ancienne vice-ministre Faina Kirshenbaum à la Knesset (Crédit : Hadas Parush/Flash 90)
L’ancienne vice-ministre Faina Kirshenbaum à la Knesset (Crédit : Hadas Parush/Flash 90)

« C’est l’une des plus grandes enquêtes de corruption publique en Israël, à la fois du point de vue de la complexité et de la sophistication de la méthode, et de l’étendue des activités et du nombre de personnes impliquées », a déclaré le ministère de la Justice dans un communiqué.

Dov Litvinoff, chef du conseil régional de Tamar, est suspecté de corruption et d’abus de confiance. Le responsable du siège de Yisrael Beytenu David Godovsky sera inculpé de corruption, blanchiment d’argent, conspiration en vue de commettre un crime, extorsion et fraude fiscale.

Rami Cohen, ancien directeur de ministère de l’Agriculture, est suspecté de corruption, fraude, fabrication et falsification de documents, et d’obstruction à la justice.

Son épouse, Batya Cohen, est soupçonnée des mêmes crimes.

Plusieurs autres suspects, dont d’anciens importants politiciens locaux et responsables du parti, ont également été accusés d’avoir accepté ou versé des pots-de-vin.

Il y avait « un grand nombre d’affaires de corruption différentes, qui ont été découvertes dans le cadre de l’enquête, et il y avait entre elles un fil conducteur qui montrait une méthode systématique organisée pour commettre des crimes », a déclaré le ministère.

L’affaire est l’un des plus grands scandales de corruption de l’histoire du pays.

La police, qui avait perquisitionné les suspects et le parti en décembre 2014, avait ensuite annoncé que l’enquête avait révélé un système labyrinthique dans lequel des politiciens détournaient les fonds publics et services vers des institutions locales et d’autres groupes, ainsi que vers leurs membres, en échange de pots-de-vin.

Les enquêteurs ont déclaré que d’importantes sommes d’argent avaient été dirigées de manière inappropriée vers des ONG et d’autres groupes. En échange, ces groupes auraient fait des nominations népotiques, et ont rendu certains services aux responsables publics sous la forme de bénéfices et de pots-de-vin.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman visite les villages bédouins du Néguev, dans le sud d'Israël, le 29 août 2016. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman visite les villages bédouins du Néguev, dans le sud d’Israël, le 29 août 2016. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Les arrestations ont eu lieu des mois avant l’élection qui a vu Yisrael Beytenu n’obtenir que six sièges, contre les 31 qu’il avait dans son alliance avec le Likud, poussant Liberman à parler de chasse aux sorcières politique.

En octobre 2015, la police avait annoncé qu’elle recommandait l’inculpation de 36 responsables publics, en poste ou qui l’avaient été, dont plusieurs anciens députés du parti Yisrael Beytenu.

Les conclusions de l’enquête ont été remises au bureau des procureurs de l’Etat, pour qu’il décide quels suspects inculper pour des accusations de corruption systémique.

Il n’a pas été précisé pourquoi les chefs d’inculpation n’ont pas été annoncés contre les 20 autres suspects.

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