Un ex-officier condamné pour avoir inventé un complot contre Ashkenazi
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Un ex-officier condamné pour avoir inventé un complot contre Ashkenazi

Boaz Harpaz a écopé de 220 heures de service communautaire ; selon les procureurs, la perte de son emploi et les neuf années de procédure judiciaire justifient cette clémence

Boaz Harpaz arrive pour une audience à la cour des magistrats de Tel Aviv, le 15 mars 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Boaz Harpaz arrive pour une audience à la cour des magistrats de Tel Aviv, le 15 mars 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Un ancien officier impliqué dans un scandale de faux et usage de faux lié à des querelles internes entre des généraux de l’armée israélienne il y a neuf ans a été officiellement condamné mercredi. La cour des magistrats de Tel Aviv a accepté l’arrangement judiciaire sous les termes duquel l’homme devra effectuer 220 heures de service communautaire.

Boaz Harpaz, ancien proche de l’ex-chef d’Etat-major Gabi Ashkenazi, avait fait l’objet d’une enquête pour faux et usage de faux, fraude et entrave à la justice en 2010. Il n’avait été inculpé qu’en 2016, les enquêteurs et les responsables du contrôle de l’Etat n’ayant cessé de mettre à jour de nouveaux soupçons et d’identifier de nouveaux suspects dans le dossier.

Boaz Harpaz avait été finalement condamné au mois de novembre 2018 par le biais d’un arrangement judiciaire dans lequel il admettait s’être livré à de la contrefaçon et des fraudes – pour éviter une peine d’emprisonnement.

Lors de l’audience de mercredi, la cour des magistrats de Tel Aviv, qui avait prôné l’arrangement, lui a donné son approbation finale.

Dans le cadre de l’arrangement, Harpaz a reconnu avoir fait un faux document qui prétendait être un plan stratégique développé par le chef du commandement du sud de l’époque, Yoav Galant (aujourd’hui député du Likud) dans le but de diffamer le chef d’Etat-major Gabi Ashkenazi (député actuel du parti Kakhol lavan) dans le cadre d’une campagne présumée de Galant visant à remplacer Ashkenazi au poste de chef de l’armée. Il a également admis avoir fait fuiter le document dans la presse.

Gabi Ashkenazi, l’un des leaders de l’alliance Kakhol lavan, lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 18 mars 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les deux hommes se méprisaient à l’époque, et Gabi Ashkenazi avait tenté de trouver le moyen d’empêcher Yoav Gallant de devenir chef d’Etat-major.

Le ministre de la Défense d’alors, Ehud Barak, avait évoqué une tentative de « putsch » de la part de G.Ashkenazi, mais ce dernier avait été lavé de tout soupçon par les enquêteurs, et le dossier le concernant avait été clos en 2016 en raison d’un manque de preuves.

L’aide-de-camp d’Ashkenazi, le colonel Erez Weiner, et le porte-parole de Tsahal de l’époque, Avi Benayahu, avaient également été impliqués dans l’affaire. Erez Weiner avait dû présenter sa démission en 2013 en conséquence.

Deux semaines après la divulgation du faux document en 2010, la police était parvenue à identifier son auteur, portant préjudice à Boaz Harpaz comme à Ashkenazi et précipitant Gallant en tête de liste pour prendre la direction de l’Etat-major.

Le ministre de l’Immigration, Yoav Gallant, lors d’un événement à Tel Aviv pour les soldats isolés servant dans l’armée israélienne, le 24 janvier 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Sa candidature avait été finalement écartée après un rapport du procureur de l’Etat portant sur de fausses informations présumées divulguées par le général au sujet de travaux de construction entrepris autour de son domicile, dans le village d’Amikam, au nord du pays. Des travaux qui n’avaient pas été approuvés.

L’arrangement judiciaire stipule également que dans un an, l’équipe chargée de la défense de Boaz Harpaz sera autorisée à déposer une demande de grâce qui permettra de blanchir son casier judiciaire. Ce point a été le plus discordant au cours de la négociation de l’accord, L’intéressé travaillant dans le secteur de la Défense et ne pouvant reprendre une activité professionnelle que si une grâce lui est accordée.

Dans un communiqué lié à la signature de l’arrangement judiciaire, au mois de novembre, les procureurs avaient estimé que l’accord s’effectuait « dans un cadre hautement inhabituel… qui prend en compte des circonstances uniques et, en particulier, un retard de plus de quatre ans [entre 2011 et 2016] dans l’émission de l’acte d’inculpation pour des raisons indépendantes de la volonté de l’accusé. Nous avons également conscience de ce que l’accusé a subi, toutes ces années, les dommages infligés par l’enquête et ces longs retards, qui équivalent aux dommages qu’il aurait subis s’il avait été condamné ».

S’exprimant en amont de la condamnation définitive de mercredi, les procureurs ont répété que l’ancien officier, selon eux, avait déjà suffisamment souffert, notamment après avoir subi un déshonneur public et au regard du coup porté à sa capacité à travailler par le dossier, qui avait mené les responsables du ministère, dans le passé, à révoquer sa licence d’exportation d’armes, entre autres sanctions.

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