Un groupe religieux appelle à ne pas voter pour l’Union des partis de droite
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Un groupe religieux appelle à ne pas voter pour l’Union des partis de droite

Des tracts de Lekhatchila seront distribués dans les synagogues, avertissant que les votes pour une liste incluant l'extrémiste Otzma Yehudit seront source de “honte”

Michael Ben-Ari (à droite) et Itamar Ben Gvir, membres du parti Otzma Yehudit, s'adressent aux médias après une audience de la Cour suprême sur la question de savoir s'ils doivent être disqualifiés pour les prochaines élections, le 14 mars 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Michael Ben-Ari (à droite) et Itamar Ben Gvir, membres du parti Otzma Yehudit, s'adressent aux médias après une audience de la Cour suprême sur la question de savoir s'ils doivent être disqualifiés pour les prochaines élections, le 14 mars 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Une organisation affiliée au camp national sioniste religieux en Israël a lancé vendredi une campagne visant à convaincre les électeurs de ne pas soutenir l’Union des partis de droite parce qu’elle comprend le parti d’extrême-droite Otzma Yehudit sur sa liste pour les élections d’avril.

La campagne devait être annoncée dans des dépliants distribués dans les synagogues vendredi et pendant le jour du Shabbat, selon le site d’information Ynet.

Les organisateurs de la campagne, un groupe nommé Lekhatchila, soutiennent « qu’il est honteux de donner des voix de trop à un parti qui vous mettra dans l’embarras pendant les quatre prochaines années ».

La campagne comporte des avertissements selon lesquels un vote en faveur de l’Union des partis de droite pourrait amener des collègues laïcs à demander à leurs amis religieux au travail s’ils ont des opinions similaires à celles d’Otzma Yehudit, ainsi qu’un scénario dans lequel un enfant demande à son père : « Si les membres de la Knesset ont le droit d’exprimer leurs opinions, pourquoi pas moi ? »

Lekhatchila n’a apporté son soutien à aucun des autres partis ou formations en lice pour les élections.

Un organisateur de la campagne dont le nom n’a pas été mentionné a confié à Ynet que les dépliants avaient pour but de prendre position contre quelque chose « contraire à nos véritables valeurs ».

« Ceux qui croient en la sainteté de la terre [d’Israël] et souhaitent sauvegarder ses frontières sans compromis, mais aussi avec proximité et respect, doivent y réfléchir à deux fois avant de donner leur voix à ce qui est parfaitement contraire à nos véritables valeurs, » a-t-il affirmé.

Les dirigeants d’Otzma Yehudit se considèrent comme de fiers disciples du rabbin disparu Meir Kahane, qui prônait entre autres l’expulsion violente des Arabes d’Israël et de Cisjordanie et avait proposé une loi interdisant les relations sexuelles inter-ethniques. Le parti Kach de Kahane a été déclaré illégal par les autorités israéliennes.

Otzma Yehudit dit aujourd’hui qu’elle soutient l’encouragement à l’émigration des non-juifs d’Israël et l’expulsion des Palestiniens et des Arabes israéliens qui refusent de se montrer loyaux envers Israël et rejettent un statut inférieur au sein d’un État juif élargi, dont la souveraineté s’étend sur toute la Cisjordanie.

Jeudi, à la Cour suprême, le juge Uzi Fogelman a déclaré que le racisme du dirigeant d’Otzma Yehudit, Michael Ben-Ari, était « évident », lors d’une audience sur sa candidature et celle d’Itamar Ben Gvir.

HaBayit HaYehudi, considéré comme un parti de droite plus modéré, s’est associé à Otzma Yehudit le mois dernier. Les deux partis forment maintenant l’Union des partis de droite, aux côtés de l’Union nationale.

Le parti commun est dirigé par Rafi Peretz de HaBayit HaYehudi, avec Bezalel Smotrich de l’Union nationale en deuxième position.

Cette alliance a suscité un tollé considérable pour tout le monde, si ce n’est qu’elle garantit l’entrée de deux disciples autoproclamés du rabbin extrémiste Meir Kahane dans la prochaine Knesset. Cependant, la plupart des critiques des députés de l’opposition et des organisations juives à l’étranger ont été adressées au Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a orchestré la fusion afin de s’assurer que son partenaire de longue date dans la coalition HaBayit HaYehudi dépasse le seuil électoral.

Avant son approbation par les membres du parti, la fusion avait même suscité des critiques au sein des partis sionistes religieux de la part de ceux qui estimaient qu’Otzma Yehudit était un partenaire trop extrémiste pour s’y associer.

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