Un homme inculpé pour quadruple homicide
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Un homme inculpé pour quadruple homicide

Les juges ont rejeté les affirmations de Nadav Sela qui disait souffrir d'une maladie mentale et ne pas pouvoir être tenu pour responsable des meurtres

Nadav Sela, inculpé pour le meurtre de sa femme, ses deux enfants, et le fils d'un voisin à Migdal, dans le nord d'Israël, devant la cour des magistrats de Nazareth, le 26 février 2017. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)
Nadav Sela, inculpé pour le meurtre de sa femme, ses deux enfants, et le fils d'un voisin à Migdal, dans le nord d'Israël, devant la cour des magistrats de Nazareth, le 26 février 2017. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

Nadav Sela, 28 ans, a été condamné mercredi matin pour le meurtre de son épouse, de ses deux enfants et de celui de ses voisins et pour tentative de meurtre contre un autre enfant, après que les magistrats ont rejeté la possibilité d’une responsabilité diminuée.

« L’accusé a délibérément pris la vie de quatre personnes – nous n’acceptons pas l’affirmation d’un problème d’ordre psychiatrique », a statué un panel de juges de la cour de district de Nazareth.

L’homme a été condamné à quatre peines de prison à vie et à dix années supplémentaires pour tentative de meurtre.

Sela avait poignardé à mort sa femme, Dor Crasanti-Sela, 23 ans ; ses fils Yosef, moins de deux ans, et Binyamin, 8 mois ; et son voisin Nachman Atia, 11 ans, dans la maison familiale de la ville de Migdal, près de Tibériade, le 28 janvier 2017.

Le frère de Nachman, 10 ans, poignardé au visage, au cou et aux mains, était parvenu à survivre en faisant le mort puis en fuyant par la fenêtre d’une chambre, au rez-de-chaussée.

Sela a également été condamné par le tribunal à payer une indemnité de 256 000 shekels aux héritiers des personnes décédées, et 100 000 shekels à l’enfant qui a survécu à l’attaque.

Dor Crasanti-Sela a été tuée par son mari avec ses deux fils, Yosef et Binyamin, le 28 janvier 2017. (Crédit : Facebook)

« C’est une petite consolation mais maintenant, leurs âmes peuvent se reposer en paix », a commenté la mère de Crasanti-Sela, Ravit Sabag, auprès du site d’information Ynet. « Merci au tribunal. Merci d’avoir accepté ce que nous savions depuis le début – qu’il a commis cet acte avec intention et préméditation ».

Les avocats de Sela avaient clamé qu’il souffrait d’une maladie mentale causée par une blessure au cerveau indétectable résultant d’un accident de voiture quelques mois avant les meurtres.

Selon l’acte d’accusation, Sela avait pris place à un repas de Shabbat le 28 janvier 2017, avant de se rendre dans la cuisine et de poignarder son épouse. Les voisins du couple, Nachman et Natan, âgés de 10 et 11 ans, avaient assisté à la scène et avaient tenté de s’enfuir. Sela avait poignardé Natan, qui était tombé sur le sol et avait fait semblant d’être mort. Nachman avait supplié Sela de ne pas lui faire du mal et avait tenté de se défendre mais, trop faible, il avait été projeté dans les escaliers jusqu’au sous-sol.

Sela s’était ensuite attaqué à Yosef, âgé de 20 mois, lui donnant un coup de couteau avant d’aller à l’étage et de poignarder à mort dans son berceau Binyamin, âgé de 20 mois.

Pendant que Sela changeait de vêtements, Natan Atia, 10 ans, poignardé au visage, au cou et aux mains, avait réussi à sauter par la fenêtre et à s’enfuir pour aller chercher de l’aide. Lorsque la police avait procédé à l’arrestation de Sela, Il avait avoué et juste murmuré les mots « ce sont des Amalécites, ce sont des Amalécites ».

Dans la tradition juive biblique, la tribu nomade des Amalécites est devenue l’incarnation du mal. Sur les 613 commandements suivis par les Juifs orthodoxes, l’un ordonne la destruction des Amalécites, dont les femmes et les enfants.

Ofer Osta, chef de l’unité des homicides de la police du district nord, avait révélé qu’après avoir interrogé des dizaines de connaissances de la famille ainsi que des rabbins avec qui Sela avait étudié pour tenter de découvrir le motif de ses crimes, « nous avons trouvé une correspondance dans l’un de ses livres religieux qui disait quelque chose sur les Amalécites. Il y a un verset comme cela dans le livre qu’il lisait, mais il ne savait pas comment l’expliquer ou citer une autorité spirituelle ».

Toutefois, les procureurs du District du nord avaient estimé que Sela était sain d’esprit au moment des meurtres et qu’il les avait commis de manière rationnelle, attendant le départ de la maison de son beau-père, tuant en premier son épouse dans la mesure où elle était la plus à même de riposter et changeant ses vêtements et ses chaussures ensanglantés après les crimes.

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