Un hôpital propose une compétition de données pour avancer sur le coronavirus
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Corona Data Challenge

Un hôpital propose une compétition de données pour avancer sur le coronavirus

Jeudi, un panel de 15 juges d'Israël, d'Amérique et du Canada va écouter les discours des finalistes et désigner le vainqueur de cette compétition

Image d'un docteur avec des icônes digitales (chaiyapruek2520, iStock by Getty Images)
Image d'un docteur avec des icônes digitales (chaiyapruek2520, iStock by Getty Images)

Le plus grand hôpital d’Israël a connecté des innovateurs militaires, des start-up et des entreprises du secteur de la défense à un « cloud » avec des données de patients. Il les a invités à participer à une compétition du type Shark Tank afin de progresser dans le traitement du coronavirus.

La course est lancée pour construire le meilleur outil d’intelligence artificielle afin d’analyser les données des derniers patients du coronavirus pour sauver les vies de futurs patients.

Jeudi, un panel de 15 juges d’Israël, d’Amérique et du Canada va écouter les présentations des finalistes et décider quelle équipe israélienne a remporté le Corona Data Challenge de l’hôpital Sheba.

« Cela concerne uniquement l’intelligence artificielle, la manière de prévoir à l’avance ce qui va arriver aux patients, pour que les docteurs puissent mieux les soigner, a déclaré Eyal Zimlichman, responsable au Sheba, au Times of Israël.

Les scientifiques spécialistes des données de Tsahal, Israel Aerospace Industries, d’Elbit Systems, de Facebook, et de dizaines d’autres entreprises et organisations attendent de découvrir s’ils ont été sélectionnés parmi les cinq équipes qui pourront défendre leur projet lors de la finale en ligne.

Des employés de l’hôpital Tel HaShomer attendent des Israéliens qui étaient en quarantaine pour cause de coronavirus sur le bateau de croisière Diamond Princess, au Japon, le 20 février 2020. (Avshalom Sassoni/Flash90)

« Nous nous sommes rendu compte au début de la crise que les données allaient jouer un rôle important, et beaucoup d’organisations, notamment l’armée et les industries de la défense, ont commencé à nous demander des données, a déclaré Zimlichman. Dans l’une des seules initiatives en son genre dans le monde, nous avons bâti un système pour télécharger les données de chaque patient, de manière anonyme, vers le cloud, toutes les 24 heures »

Le cloud contient toutes les informations médicales enregistrées sur plus de 500 patients pendant l’ensemble de leur hospitalisation – cela va de chaque prise de sang à chaque scan. Environ 30 groupes de spécialistes des données ont accès aux données.

La Prof. Galia Rahav, chef de l’unité des maladies infectieuses à l’hôpital Sheba, observe les données des patients du COVID-19. (Crédit : Hôpital Sheba)

Maintenant, l’équipe désignée par les juges comme ayant créé l’outil d’intelligence artificielle le plus intelligent sera sélectionnée pour le développer et le mettre en application à l’hôpital Sheba, aux frais de l’hôpital. L’outil informatique sera également testé à l’hôpital du mont Sinai de New York, l’un des plus grands hôpitaux aux Etats-Unis.

Eyal Zimlichman, officier médical en chef à l’hôpital Sheba à Ramat Gan (Crédit : hôpital Sheba)

Les compétiteurs sont des spécialistes d’analyse de données de très haut niveau, mais ils manquent d’expertise médicale. Les docteurs de l’établissement Sheba ont donc proposé des séminaires hebdomadaires en ligne pour leur expliquer le contexte médical entourant ces données.

Les équipes se sont focalisées sur les manières de prévoir les meilleurs traitements pour différents patients. Certains ont abordé des questions comme la meilleure méthode mise sous respirateur, alors que la plupart a travaillé avec des outils d’intelligence artificielle pour explorer le sujet qui continue à rendre les docteurs perplexes, à savoir, comment prédire quels patients risquent de se dégrader rapidement.

Zimlichman a déclaré : « La question la plus courante est d’essayer de prédire quels patients vont voir leur état de santé se détériorer vers un cas grave de COVID-19, parce que nous n’avons pas la moindre idée pour comprendre pourquoi certains patients développent des formes graves et d’autres non ».

« S’il y a des algorithmes pour prédire un risque élevé, nous saurions où les patients devraient être traités, quels traitements devraient être préparés à différents moments. Il s’agit de prédire l’évolution d’une infection et de savoir à l’avance si un patient risque de voir son état de santé se dégrader ».

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