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Un Israélien, né en Arabie saoudite, implore le roi de lui permettre de revenir

"Je veux visiter l'endroit où je suis né. Je viens de la terre de Najran", a déclaré David Shuker qui a grandi dans une petite communauté juive de Najran qui a été dissoute en 1948

David Shuker. (Crédit : La Treizième chaîne)
David Shuker. (Crédit : La Treizième chaîne)

Un Israélien, né dans la ville saoudienne de Najran, a lancé plusieurs appels aux dirigeants du royaume pour qu’ils lui permettent de se rendre sur son lieu de naissance avant de mourir.

David Shuker, âgé de 78 ans, a lancé plusieurs appels de ce type dans les médias, le plus récent étant lors d’une interview accordée à la Treizième chaîne, vendredi.

« Je demande au prince héritier Mohammed ben Salmane et à son père le roi Salmane de me permettre de me rendre dans la ville où je suis né, Najran, tant que j’en suis encore capable… pour voir la sépulture de mes grands-parents », a déclaré Shuker, ancien maire de la ville de Bnei Ayish, près d’Ashdod.

« Je veux visiter l’endroit où je suis né et où j’ai grandi. Je dépose cette requête dans un but humanitaire. Je viens de la terre de Najran. Je suis né sur cette terre. »

Israël et l’Arabie saoudite n’entretiennent pas officiellement de relations diplomatiques ; les citoyens israéliens ne peuvent toujours pas se rendre dans le pays.

Dans un article publié dans le Wall Street Journal en août, Shuker s’est présenté comme « le dernier survivant » de la communauté juive de Najran.

Shuker est né à Najran, dans le sud-ouest saoudien, en 1944. Autrefois considérée comme faisant partie du Yémen, la ville a été reprise par l’Arabie saoudite lorsque le royaume a été formé en 1934. Elle est connue pour avoir eu une petite communauté juive, mais la persécution croissante, au moment de la création d’Israël, a poussé la plupart d’entre eux à fuir au Yémen et de là, en Israël.

Le jeune David Shuker. (Autorisation)

« Les Juifs vivaient à Najran bien avant la domination saoudienne. Il existe des preuves que les Juifs y vivaient déjà il y a 2 000 ans », a déclaré David Shuker à la Treizième chaîne.

« Les enfants de Najran mûrissaient vite. Un enfant de quatre ans à Najran était comme un enfant de sept ans aujourd’hui. Si vous ne vous battiez pas, vous ne surviviez pas. »

La taille de la population juive actuelle en Arabie saoudite n’est pas officiellement connue, mais les estimations vont de quelques centaines à quelques milliers de Juifs vivant dans le royaume, tous expatriés. Aujourd’hui encore, malgré l’ouverture importante de l’Arabie saoudite à l’Occident, il n’y a pas de pratique ouverte du judaïsme dans le pays et le prosélytisme de toute autre religion que l’islam est illégal et peut entraîner de lourdes peines.

Il existe peu de témoignages sur l’existence d’une communauté autochtone dans le pays après l’avènement de l’islam en 632 de l’ère commune, et les quelques Juifs qui s’y trouvaient ont fui vers Israël aux côtés des Juifs du Yémen, entre 1949 et 1950.

Shuker se souvient que quelque 60 familles juives vivaient à Najran, et dans les villages environnants, lorsqu’il était enfant. « Nous étions ouvertement Juifs. Les relations entre les communautés juive et musulmane étaient très étroites. Ils nous aidaient même à observer le Shabbat. Mais les dirigeants nous traitaient comme des citoyens de seconde zone… Les Juifs n’étaient pas les égaux des musulmans. »

Le palais historique de Saadan à Najran, en Arabie saoudite, le 22 avril 2015. (Crédit : AP Photo/Hasan Jamali)

Une fois que la guerre d’indépendance d’Israël a commencé, les attitudes envers les Juifs ont tourné au vinaigre. « En 1948, sur instruction du roi, nous avons quitté Najran et atteint la frontière yéménite », raconte Shuker. De là, sa famille s’est rendue en Israël en 1951.

Vendredi, Shuker a salué les changements positifs intervenus dans le royaume ces dernières années.

« Le prince héritier a pris des mesures drastiques en faveur du progrès. Il a libéré l’Arabie saoudite, qui était aussi fermée que l’Iran. Il a mené une grande révolution. »

Shuker a exprimé l’espoir que, dans la continuité de ces progrès, la famille royale tienne compte de son appel et lui permette de visiter son lieu d’origine une dernière fois.

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