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Un Israélien utilise des champignons pour créer un matériau de construction durable

L'étudiant de l'université Ben Gurion a fabriqué un prototype de matériau isolant à empreinte carbone négative à partir de filaments de champignons et de paille de colza

Filaments fongiques. (Crédit : Jerzy Opioła/CC BY-SA 4.0/Wikimedia Commons)
Filaments fongiques. (Crédit : Jerzy Opioła/CC BY-SA 4.0/Wikimedia Commons)

Un doctorant de l’université Ben Gurion dans le Neguev, au sud d’Israël, utilise des champignons pour fabriquer une isolation durable pour l’industrie de la construction.

Achiya Livne a présenté ses mycoplasmes lors de la 50e conférence de la Israel Society of Ecology and Environmental Sciences à Tel Aviv mercredi.

Les bâtiments représentent environ 40 % de la consommation d’énergie et des émissions de dioxyde de carbone dans le monde industrialisé, a expliqué M. Livne à la conférence.

Plus de 33 milliards de tonnes de béton sont produites chaque année dans le monde, le ciment – un ingrédient clé – étant responsable d’environ huit à neuf pour cent des émissions de carbone liées au réchauffement de la planète.

Livne a entrepris de trouver un matériau de construction capable d’absorber, plutôt que d’émettre, du CO₂, et s’est tourné vers le mycélium – des filaments fongiques qui peuvent être facilement cultivées et qui sont remarquablement solides.

Les champignons que nous voyons en surface sont les organes de fructification.

Sous terre, on trouve de vastes réseaux de mycélium, qui décomposent la matière organique du sol.

Matériau d’isolation pour l’industrie du bâtiment fabriqué à partir de fils de champignons et de paille de colza par Achiya Livne, étudiant en doctorat à l’université Ben Gurion du Neguev. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

Le mycélium forme des connexions physiques entre les plantes dans un système complexe connu sous le nom de « Wood Wide Web ».

Selon l’ouvrage du biologiste anglais Merlin Sheldrake intitulé Entangled Life : How Fungi Make Our Worlds, Change Our Minds & Shape Our Futures [La vie enchevêtrée : comment les champignons créent nos mondes, changent nos esprits et façonnent nos avenirs], ces fils peuvent multiplier par 100 la portée des racines d’une plante vers l’eau et les nutriments.

Livne a créé un prototype qui utilise le mycélium pour lier les déchets agricoles – dans ce cas, la paille de colza, bien que les résidus d’élagage de vigne ou de palmier dattier puissent également être utilisés.

Achiya Livne, doctorant de l’université Ben Gurion, avec l’un de ses mycoblocs, lors de la conférence annuelle de la Israel Society of Ecology and Environmental Sciences, à Tel Aviv, le 7 juillet 2022 (Sue Surkes/Times of Israel).

Le mycélium se développe en se nourrissant de matière organique. Après quelques semaines, il est suffisamment développé pour être chauffé, après quoi il meurt.  Le résultat est un bloc résistant au feu, plus solide que le polystyrène et dont l’empreinte carbone est négative.

Le CO₂ émis lorsque les champignons sont vivants et respirent est inférieur au CO₂ absorbé par les déchets agricoles lorsqu’ils étaient encore vivants. Les plantes prélèvent le dioxyde de carbone de l’air pour l’utiliser dans la photosynthèse.

Livne essaie maintenant de trouver un moyen de réduire ou d’éliminer la nécessité de chauffer le mycélium.

Les filaments fongiques, appelés hyphes, sont utilisés dans un nombre croissant de produits dans le monde entier, qu’il s’agisse de matériaux de construction, de textiles, de substituts de viande, de cuir ou de plastique.

Aux États-Unis, une société appelée Ecovative Design fabrique des matériaux d’emballage et d’autres produits à partir d’hyphes fongiques.

Une autre société, Mogu, basée en Italie, utilise le mycélium pour fabriquer des panneaux acoustiques.

Selon M. Sheldrake, le matériau provenant des champignons portobello pourrait un jour remplacer le graphite dans les piles au lithium, et il est déjà possible pour les médecins d’utiliser le mycélium d’autres espèces comme substitut efficace de la peau.

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