Un journal saoudien publie un édito rédigé par des Israéliens
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Un journal saoudien publie un édito rédigé par des Israéliens

Le texte écrit par deux universitaires de Jérusalem, écrit sur la base de recherches conjointes avec un groupe de réflexion émirati, concerne les milices étrangères d’Erdogan

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des journalistes saoudiens devant un grand écran dans un centre de presse, montrant l'émir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, au centre, lors de la 41e réunion du Conseil de coopération du Golfe (CCG), à Al Ula, en Arabie saoudite, le 5 janvier 2021. (AP Photo / Amr Nabil)
Des journalistes saoudiens devant un grand écran dans un centre de presse, montrant l'émir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, au centre, lors de la 41e réunion du Conseil de coopération du Golfe (CCG), à Al Ula, en Arabie saoudite, le 5 janvier 2021. (AP Photo / Amr Nabil)

Nouveau signe de la nouvelle ère diplomatique à travers le Moyen-Orient : le journal anglais le plus lu d’Arabie saoudite a publié jeudi pour la première fois de son histoire un éditorial rédigé par des Israéliens.

Cette analyse pour le média Arab News est le produit d’une recherche conjointe entre des groupes de réflexion israéliens et émiratis.

Rédigé par le Dr. Hay Eytan Cohen Yanarocak et le Dr. Jonathan Spyer, le texte examine la mise en place par le président turc Recep Tayyip Erdogan d’un réseau de milices privées composé de combattants issus de la guerre civile syrienne.

Les deux auteurs sont des chercheurs reconnus à l’Institut de Jérusalem pour la stratégie et la sécurité, qui s’est récemment associé avec le centre de recherche TRENDS aux Émirats arabes unis à la suite des accords d’Abraham entre les deux pays.

Jonathan Spyer. (Autorisation)

Israël a établi des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis et le Bahreïn en septembre dernier, puis avec le Soudan et le Maroc.

« Erdogan a discrètement mis en place un réseau de milices privées entièrement composé de combattants importés de Syrie, un geste tout à fait effronté et cynique », écrivent les auteurs. « Leur rôle est de faire avancer son grand plan de rétablissement de l’influence turque sur une région s’étendant à peu près sur l’ensemble de l’ancien Empire ottoman – des territoires palestiniens à la Syrie et au Caucase jusqu’au Cachemire, selon certains rapports. »

Ces mandataires « fournissent au président turc un vaste bassin de main-d’œuvre étrangère par procuration. Disponible, organisé, formé, facilement déployable et facilement jetable, cet outil de projection de puissance peut être utilisé avec un degré de déni plausible ».

En les utilisant, affirment-ils, « Erdogan cherche à minimiser la critique publique nationale au sujet de ses campagnes militaires extraterritoriales. S’il pouvait justifier la mobilisation des forces armées turques dans les pays voisins comme la Syrie et l’Irak – pour des raisons de sécurité intérieure – il lui est plus difficile de convaincre le public turc d’envoyer des soldats dans un théâtre lointain comme la Libye. »

Les auteurs affirment que l’Occident doit faire pression sur Erdogan pour mettre fin à ces pratiques « néfastes ».

« Cela doit prendre fin. Les milices, les groupes terroristes et l’extrémisme islamiste sont des éléments que le Moyen-Orient doit dépasser s’il veut parvenir à la stabilité et à la reconstruction », affirment-ils.

Israël et l’Arabie saoudite sont devenus de plus en plus proches ces dernières années, bien que les liens restent non officiels. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait voyagé dans le pays en novembre pour une réunion secrète avec le prince héritier Mohammad ben Salmane.

Jared Kushner, conseiller principal de l’ancien gouvernement Trump, a déclaré en août que des relations normalisées entre Israël et l’Arabie saoudite étaient inévitables, à la suite de l’accord négocié par les États-Unis entre Israël et les Émirats arabes unis.

L’Arabie saoudite, comme Israël et les Émirats arabes unis, voit l’Iran comme un ennemi commun et a établi des liens étroits avec Washington, bien que la nouvelle administration Biden devrait adopter une approche beaucoup plus froide à l’égard de Riyad.

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