Un journaliste iranien déserte une délégation officielle
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Un journaliste iranien déserte une délégation officielle

Amir-Tohid Fazel a réclamé un permis de séjour à la Suède

Le drapeau iranien (Crédit : Vincent Calvo/CC BY SA 3.0)
Le drapeau iranien (Crédit : Vincent Calvo/CC BY SA 3.0)

Un journaliste iranien, couvrant une tournée diplomatique du ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif dans les pays nordiques, a déserté en Suède la délégation avant d’adresser une demande de permis de séjour, ont annoncé mardi les autorités suédoises.

L’Office suédois des migrations confirme à l’AFP avoir reçu une demande de « permis de séjour (…) le 21 août 2019 » de la part d’Amir-Tohid Fazel, journaliste politique pour l’agence de presse iranienne ultraconservatrice Moj, sans donner davantage de détails.

A l’origine de cette demande, la publication par le journaliste d’une liste de responsables iraniens présumés avoir la double nationalité avec des « pays que le gouvernement iranien considère comme des États hostiles » – alors que l’Iran ne reconnaît pas la double nationalité et refuse aux binationaux la protection consulaire accordée aux ressortissants étrangers.

« Le gouvernement iranien a officiellement annoncé qu’il porterait plainte », a déclaré Amir-Tohid Fazel à la télévision publique suédoise SVT.

Le journaliste voyageait avec la délégation du ministre des Affaires étrangères dans le cadre de sa tournée internationale passant notamment par la Finlande, la Suède et la Norvège.

Le 20 août, « alors que j’étais en Suède, un de mes collègues à Téhéran m’a contacté via internet et m’a dit que quatre policiers en civil étaient venues à l’agence de presse avec un mandat d’arrêt » à son encontre, raconte-t-il à SVT.

Le lendemain, le journaliste parvient à quitter la délégation encore présente en Suède, « même si c’était très difficile à cause des 48 gardes du corps qui étaient là pour assurer la sécurité du Dr. Zarif et garder un oeil sur les journalistes », poursuit-il, évitant tout commentaire quant à sa position sur l’échiquier politique iranien.

« Le quotidien (ultraconservateur) Keyhan me relie au camp réformiste (…), le quotidien officiel du gouvernement iranien, Iran, me considère comme faisant partie des fondamentalistes », résume-t-il.

Le chef de la diplomatie iranienne a commencé une tournée diplomatique mondiale le 17 août au Koweït avant de se rendre dans les pays nordiques, puis en France où il a rencontré le président Emmanuel Macron dans le cadre d’une visite officielle puis en marge du sommet du G7.

L’Iran occupe la 170e place (sur 180 pays) au classement mondial 2019 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF).

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