Un juge britannique refuse le droit de visite d’un père devenu femme
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Un juge britannique refuse le droit de visite d’un père devenu femme

Le tribunal de Manchester à statué que le père des 5 enfants n'aura pas le droit d'établir de contact direct avec ses enfants, car cela entraînerait leur "exclusion de la communauté" ultra-orthodoxe

Le Manchester Civil Justice Center de Bridge Street (Crédit : Public domain Skip88, Wikimedia commons)
Le Manchester Civil Justice Center de Bridge Street (Crédit : Public domain Skip88, Wikimedia commons)

Un père de cinq enfants, qui a quitté la communauté ultra-orthodoxe de Manchester en 2015 pour devenir une femme, s’est vu interdire le contact avec ses enfants par un tribunal lundi.

La femme, dont le nom est gardé secret sur injonction de la cour, a demandé au tribunal des Affaires familiales de Manchester d’être « délicatement re-présentée » à sa famille.

Son ancienne épouse, la mère de ses enfants, a répliqué que ses enfants seraient ostracisés par leurs amis et la communauté s’ils entraient en contact avec leur parent.

Le juge a statué qu’une telle autorisation conduirait « à une marginalisation, voire une exclusion de la mère et des enfants par la communauté ultra-orthodoxe ». La famille est composée d’un garçon de 12 ans, une fille et un garçon de 8 ans, un garçon de 5 ans et une fille de 2 ans.

Le juge Peter Jackson a écrit que son verdict « n’est pas un viol du respect des droits des transgenres, et certainement pas une « victoire » pour la communauté, mais s’inscrit dans le respect des droits des enfants à ne pas assumer les conséquences préjudiciables d’une situation qu’ils n’ont pas choisie »

Avant de prendre sa décision, Jackson s’est entretenu avec le fils de 12 ans, et a pris connaissance des us et coutumes de la communauté juive via des membres de la communauté et a entendu des témoignages des tuteurs des enfants et du Anna Freud National Centre for Children and Families.

Illustration : des hommes ultra-orthodoxes dans les rues de Manchester (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Illustration : des hommes ultra-orthodoxes dans les rues de Manchester (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Dans sa requête, la demanderesse a souhaité que « ses enfants soient accompagnés dans la compréhension de son nouveau mode de vie et qu’ils aient le droit de jouir de contacts réguliers avec elle en dehors de la communauté ».

La mère a répliqué que « tout contact direct de tout genre durant leur enfance… entraînerait un ostracisme par la communauté au point qu’ils devront peut-être la quitter ».

Le Centre Anna Freud a déclaré au juge qu’après évaluation psychologique des enfants, c’est avec « une réticence manifeste qu’elle établit que les bénéfices de la reprise des contacts avec le père seront contrebalancés par les réactions préjudiciables de la communauté qui toucheraient la famille ».

La demanderesse a déclaré à la cour que « les enfants pensent qu’elle séjourne dans un hôpital psychiatrique ou qu’elle est décédée, tel qu’il leur a été expliqué ». La mère a démenti ces propos mais a affirmé que « sur le conseil de certains professionnels, elle a dit à ses plus jeunes enfants que leur père était malade et se trouvait à Londres ».

Dans sa décision, Jackson a écrit qu’il « a pris en compte le poids des conséquences sur le bien-être des enfants pour autoriser ou interdire la reprise des contacts directs avec leur père », il est arrivé à « la conclusion regrettable que la probabilité que les enfants et leur mère soient marginalisés, voire exclus de leur communauté ultra-orthodoxe est réelle, et que les conséquences risquent d’être tellement importantes que ce seul facteur, en dépit de ses nombreux désavantages, doit prévaloir sur les avantages qu’apporterait la reprise des contacts ».

« C’est avec regret que je conclus, conscient du tort que cela peut causer, que la demande de contact directe soumise par le père doit être refusée », a-t-il écrit.

Cependant, Jackson a déclaré que les enfants pouvaient prendre contact avec leur père de manière indirecte, par courrier.

« Je ne vois aucune raison pour que cela ne se produise pas quatre fois par an, peut-être à l’occasion de leurs anniversaires, de Pessah, de Soukkot et de Hanoukka », a-t-il écrit dans son jugement.

Le juge s’en est pris à la communauté et a écrit que « les enfants sont bons et s’adaptent, s’ils ont du soutien, et je suis sûr que ces enfants pourraient s’adapter aux changements chez leur père. La vérité, c’est que c’est pour les adultes qu’il est difficile de voir les enfants avec leur père ».

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