Un laboratoire israélien avance dans la compréhension du mécanisme de l’autisme
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Un laboratoire israélien avance dans la compréhension du mécanisme de l’autisme

Des chercheurs observent une diminution des symptômes chez les souris lorsque la mutation d'un gène spécifique est ciblée ; le traitement pour l'homme reste loin

Des souris. Illustration. (Crédit : Pixabay)
Des souris. Illustration. (Crédit : Pixabay)

Des scientifiques de Jérusalem ont déclaré avoir réduit les symptômes de l’autisme chez les souris en leur donnant des médicaments destiné à l’humain et d’autres substances chimiques, dans le cadre de recherches qui, espèrent-ils, ouvriront la voie à un traitement de l’autisme.

Les généticiens de l’Université hébraïque étudient le POGZ, un des nombreux gènes humains qui, s’il subit une mutation, serait à l’origine de l’autisme. Ils ont produit des souris porteuses de cette mutation, qui, selon eux, reflètent les traits comportementaux des personnes autistes porteuses de la mutation.

« En laboratoire, nous traitons déjà les souris avec des substances chimiques qui modifient l’activité du cerveau pour compenser la mutation et rétablir une activité normale », a déclaré Sagiv Shifman, professeur associé au département de génétique de l’université hébraïque de Jérusalem, au Times of Israël.

Diverses substances chimiques sont utilisées pour observer la réaction du cerveau à un ensemble de stimuli. Il s’agit notamment de médicaments utilisés chez l’homme, qu’il a refusé de nommer, administrés en quantités infimes. Shifman a déclaré qu’une réduction des symptômes analogues à ceux de l’autisme a été observée chez les souris ayant reçu ces traitements.

L’étude sur les souris n’a pas été publiée ni examinée par des pairs et devrait se poursuivre pendant des années avant que les chercheurs ne commencent à étudier les applications possibles des traitements qui pourraient être administrés aux humains.

Mais Shifman a déclaré que son étude constitue une étape importante vers la possibilité de traiter les personnes atteintes de troubles du spectre autistique causés par des mutations du POGZ et peut-être aussi par d’autres mutations génétiques.

En novembre, la revue à comité de lecture Nature Communications a publié une étude réalisée par Shifman, son collaborateur, le professeur Yosef Yarom, et une équipe de recherche qui semble avoir mis en évidence la manière dont la mutation POGZ affecte le cerveau des souris.

La professeure Illana Gozes, experte en autisme de l’université de Tel-Aviv qui n’est pas liée aux recherches de Shifman, a déclaré que l’étude publiée « ouvre la voie au développement de thérapies potentielles ciblées sur le POGZ ».

Pendant des années, les chercheurs ont suivi de près des souris porteuses de la mutation pour voir exactement en quoi leur cerveau différait des autres souris.

Sagiv Shifman, rofesseur associé au département de génétique de l’université hébraïque de Jérusalem. (Crédit : université hébraïque)

Comme les souris présentaient un comportement hyper-social, des difficultés d’apprentissage, un retard de croissance et une apparence physique inhabituelle, les chercheurs ont observé des changements dans le cerveau, en particulier dans le cervelet. Cette région du cerveau est responsable des fonctions motrices et on pense qu’elle contribue également au développement de nombreuses fonctions sociales et cognitives.

« Nous avons observé des changements moléculaires et nous avons constaté des changements dans la physiologie de cette région du cerveau. C’est très important car des recherches antérieures montrent que cette région du cerveau est probablement importante pour divers gènes qui causent l’autisme, et pas seulement pour un seul », a déclaré Shifman.

En obtenant une image détaillée des processus neurologiques en cours, l’équipe de Shifman a pu commencer à émettre des théories sur les substances chimiques susceptibles de contrer ces processus et à concevoir des expériences à mener sur les souris.

S’il s’avère que le cervelet est une cible pour le traitement de l’autisme, a-t-il dit, ce serait une cause particulière d’espoir, car il change plus après la naissance que la plupart des autres régions du cerveau. Cela pourrait permettre aux thérapies de façonner son développement dès la petite enfance.

« C’est une partie du cerveau qui change après la naissance, ce qui signifie qu’elle se prête potentiellement mieux à la thérapie, et il pourrait être possible de traiter l’autisme dès les premières années. Cette recherche pourrait donc être très importante ».

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