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Un militant clé pour l’enquête sur l’explosion au port de Beyrouth se désiste…

Ibrahim Hoteit appelle le juge Tarek Bitar - au cœur d'une campagne de dénigrement orchestrée depuis des semaines par le mouvement terroriste chiite du Hezbollah - à se récuser

Ibrahim Hoteit, 51 ans, à gauche, et son épouse, Hanan, mènent une manifestation pour les proches des victimes de l'explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020 à Beyrouth, au Liban, le samedi 10 juillet 2021. Hoteit, dont le frère a été tué dans l'explosion, est devenu le visage des appels à la justice des familles des victimes. (Crédit : AP/Hassan Ammar)
Ibrahim Hoteit, 51 ans, à gauche, et son épouse, Hanan, mènent une manifestation pour les proches des victimes de l'explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020 à Beyrouth, au Liban, le samedi 10 juillet 2021. Hoteit, dont le frère a été tué dans l'explosion, est devenu le visage des appels à la justice des familles des victimes. (Crédit : AP/Hassan Ammar)

Le porte-parole d’un collectif des proches des victimes de l’explosion meurtrière au port de Beyrouth l’an passé a annoncé samedi son retrait du groupe après avoir diffusé une vidéo appelant à récuser le juge qui enquête sur ce drame, certains évoquant une possible intimidation.

Dans une vidéo virale qui a circulé vendredi soir sur les réseaux sociaux, Ibrahim Hoteit, dont le frère a été tué dans l’explosion, appelle le juge Tarek Bitar – au cœur d’une campagne de dénigrement orchestrée depuis des semaines par le mouvement terroriste chiite du Hezbollah – à se récuser.

Le puissant Hezbollah et ses alliés accusent le magistrat de « politiser » l’enquête.

M. Bitar a inculpé de hauts responsables parmi lesquels deux députés du parti chiite Amal, allié du Hezbollah.

Dans la vidéo, M. Hoteit apparaît lisant un communiqué et jetant des regards furtifs hors du champ de la caméra. Cette vidéo a été diffusée au lendemain d’incidents armés sanglants qui ont fait sept morts dans la capitale libanaise, parmi lesquels six membres du Hezbollah et d’Amal, lors d’une manifestation exigeant le départ de M. Bitar.

Interrogé par l’AFP, Ibrahim Hoteit a nié toute « pression » ou « intimidation » à l’origine de cette vidéo, affirmant l’avoir enregistrée « à titre personnel ».

« La seule pression que j’ai subie sont les incidents de jeudi et la crainte d’un glissement vers une guerre civile. J’ai donc décidé de renoncer à mon rôle de porte-parole », a-t-il affirmé.

Des enseignants libanais surpris par les bruits des affrontements armés qui se déroulent à proximité, alors qu’ils fuient leur école sous la protection de soldats libanais après que des affrontements aient éclaté le long d’une ancienne ligne de front de la guerre civile de 1975-90 entre les zones musulmanes chiites et chrétiennes dans le quartier d’Ain el-Remaneh, à Beyrouth, au Liban, ce jeudi 14 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Mais la diffusion de la vidéo a suscité samedi de l’étonnement et des doutes parmi d’autres proches de victimes de l’explosion du 4 août 2020 qui a fait plus de 210 morts, faisant naître des soupçons d’intimidation.

Dans un communiqué, les familles des victimes de l’explosion ont évoqué une vidéo « étonnante (…) qui ne nous représente pas du tout », réitérant leur appui au juge Bitar et déplorant les ingérences politiques dans l’enquête.

« Ibrahim a sans doute été soumis à des pressions », a affirmé à l’AFP William Noun, frère d’un des pompiers tués dans le drame.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont déploré des « menaces » qui auraient été exercées par le tandem Hezbollah-Amal sur M. Hoteit.

L’enquête menée par le juge Bitar est au coeur de vives tensions et divisions au Liban depuis plusieurs semaines. Cette polarisation a dégénéré en violences meurtrières jeudi renvoyant vers les années sombres de la guerre civile (1975-1990).

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