Un ministre des Affaires étrangères d’Israël en Égypte – une première en 13 ans
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Un ministre des Affaires étrangères d’Israël en Égypte – une première en 13 ans

De plus, le chef des renseignements égyptien sera en Israël pour discuter du cessez-le-feu à Gaza ; Jérusalem réclame un échange de prisonniers avec le Hamas

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, le 10 juin 2020. (Ministère des Affaires étrangères/Autorisation)
Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, le 10 juin 2020. (Ministère des Affaires étrangères/Autorisation)

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi partira dimanche au Caire pour s’y entretenir avec son homologue égyptien Sameh Shoukry, ont indiqué les médias israéliens.

C’est la première fois en presque treize années qu’un ministre israélien des Affaires étrangères se rend en Égypte. La ministre Tzipi Livni avait effectué un tel voyage, pour la dernière fois, au mois de décembre 2008.

Ces négociations porteront sur le renforcement des liens bilatéraux, ainsi que sur les efforts visant à renforcer le cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste du Hamas suite à onze jours d’intenses combats, au début du mois, à la bande de Gaza et à ses alentours.

Israël et l’Égypte entretiennent une relation plutôt froide depuis la signature d’un traité de paix entre les deux pays, en 1979. Les liens n’ont jamais été chaleureux et, en 2011, des manifestants égyptiens avaient pris d’assaut l’un des murs extérieurs de l’ambassade israélienne, dans le quartier Giza de la capitale, entraînant l’évacuation de tout le personnel diplomatique. Israël avait ensuite rouvert sa mission à une nouvelle adresse, dans le quartier verdoyant de Maadi, au Caire.

Le chef du renseignement égyptien Abbas Kamel assiste à une réunion des ministres égyptien et soudanais des Affaires étrangères et des chefs du renseignement au palais Tahrir, au Caire, en Égypte, le 8 février 2018. (Khaled Elfiqi/Pool photo via AP)

L’ex-ambassadeur israélien David Govrin (actuellement chargé d’affaires au Maroc) et son équipe avaient été dans l’obligation de travailler pendant huit mois depuis l’État juif, en 2015 et 2016, à cause de menaces sécuritaires dont la nature n’a jamais été précisée.

Les activités diplomatiques avaient été encore une fois entravées lorsque la crise politique a entraîné l’absence d’un ambassadeur à plein temps pendant plus d’un an – jusqu’à l’arrivée au poste d’Amira Oron, au mois de septembre dernier.

A LIRE : Amira Oron, Madame Israël de retour dans son Égypte bien-aimée, se confie au TOI

Dimanche également, le chef des services de renseignements égyptiens Abbas Kamel devrait arriver en Israël pour y rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le conseiller à la sécurité Meir Ben-Shabbat, ainsi que d’autres hauts-responsables sécuritaires.

Kamel se rendra aussi à Ramallah pour des réunions avec le président de l’Autorité palestinienne, avant de partir pour Gaza pour parler de la stabilisation du cessez-le-feu, selon des informations.

Le nouveau chargé d’affaires d’Israël au Maroc David Govrin (Autorisation)

Samedi, le journal Al-Araby Al-Jadeed, basé à Londres, a rapporté que l’Égypte avait informé le Hamas que pour Israël, toute négociation à long-terme devrait inclure le sujet d’un échange de prisonniers entre les deux parties.

Le Hamas a insisté, jusqu’à présent, sur la nécessité de séparer le sujet d’un éventuel échange de prisonniers et celui d’une potentielle trêve à long-terme ou de la reconstruction de Gaza.

Deux civils israéliens et les dépouilles de deux soldats de Tsahal se trouvent actuellement entre les mains du Hamas à Gaza. Avera Mengistu et Hisham a-Sayed étaient entrés dans la bande de leur propre gré et, selon leurs familles, ils souffrent d’une pathologie psychiatrique. Le groupe terroriste détient aussi les dépouilles d’Oron Shaul et de Hadar Goldin, deux militaires qui ont été tués pendant la guerre de 2014 à Gaza.

Dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir du haut à gauche : Avera Mengistu, Hisham al-Sayed, Hadar Goldin et Oron Shaul. (Flash 90/Times of Israel)

Netanyahu et le gouvernement israélien ont été très critiqués pour ne pas avoir demandé d’échange de prisonniers dans le cadre de l’accord initial conclu pour mettre un terme au récent conflit.

Néanmoins, des sources ont confié à Al-Araby Al-Jadeed que Le Caire avait informé le Hamas de cette requête d’échange de prisonniers qui sera préalable, pour l’État juif, à toute autre négociation.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a indiqué la semaine dernière qu’Israël ne permettrait pas la pleine reconstruction de Gaza ou l’entrée d’aides non-humanitaires si le groupe terroriste ne libérait pas les deux prisonniers et ne restituait pas les deux corps.

Les responsables du Hamas ont expliqué en réponse au journal libanais Al-Akhbar qu’ils ne céderaient à aucun chantage.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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