Un mois de contestation au Liban
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Un mois de contestation au Liban

Les protestataires continuent de réclamer le départ de toute la classe politique

Un manifestant libanais se trouve devant des pneus et des débris en feu dans la zone de Jal el-Dib, dans la banlieue nord de la capitale libanaise de Beyrouth, le 13 novembre 2019.  (Photo par JOSEPH EID / AFP)
Un manifestant libanais se trouve devant des pneus et des débris en feu dans la zone de Jal el-Dib, dans la banlieue nord de la capitale libanaise de Beyrouth, le 13 novembre 2019. (Photo par JOSEPH EID / AFP)

Le Liban est secoué depuis un mois par un soulèvement inédit qui a entraîné la démission du Premier ministre Saad Hariri, mais continue à réclamer le départ de toute la classe politique, jugée corrompue et incapable de mettre fin au marasme économique.

Voici les principales étapes de la contestation :

Le 17 octobre, le gouvernement annonce une taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie internet comme WhatsApp.

Cet impôt de plus dans un pays à l’économie exsangue et à l’absence de services publics dignes de ce nom fait exploser la colère des Libanais, qui descendent dans la rue.

« Le peuple réclame la chute du régime », slogan phare du Printemps arabe, est scandé par les manifestants qui brûlent des pneus et coupent des routes.

Le gouvernement renonce aussitôt à la taxe, mais des milliers de personnes manifestent toute la nuit.

Le 18, écoles, universités, banques et institutions publiques ferment.

Des forces de l’ordre interviennent à coup de gaz lacrymogènes pour disperser la foule à Beyrouth. Des dizaines de personnes sont arrêtées.

Le lendemain, des dizaines de milliers de Libanais se rassemblent à Beyrouth, à Tripoli (nord), mais aussi à Tyr (sud), dans le Akkar (nord) et à Baalbeck (est). Plusieurs axes routiers sont bloqués par des barricades.

Un manifestant libanais opposé au gouvernement fait le signe V de la victoire devant des pneus en feu utilisés pour bloquer un axe principal d’entrée à Tripoli, la capitale du nord Liban, le 13 novembre 2019. (Photo par Ibrahim CHALHOUB / AFP)

Le chef du Parti des Forces libanaises, Samir Geagea, annonce la démission de ses quatre ministres.

Mais le slogan « Tous veut dire tous » est aussitôt crié par les manifestants, en allusion à l’ensemble de la classe politique quasi inchangée depuis des décennies.

Le 20, la mobilisation culmine avec des centaines de milliers de manifestants à travers le pays.

Le 23, à Nabatiyé (sud), une quinzaine de manifestants sont blessés lors de heurts avec la police soutenue, selon des témoins, par des militants du puissant mouvement terroriste chiite du Hezbollah et de son allié Amal.

Des manifestants s’opposent à la police anti-émeute sur la route conduisant au Palais présidentiel à Baabda, en banlieue est de Beyrouth, le 13 novembre 2019, après presque un mois de manifestations sans précédent contre la corruption dans le pays. (Photo par ANWAR AMRO / AFP)

Le 25, des dizaines de militants du Hezbollah, excédés par les slogans visant leur leader Hassan Nasrallah, attaquent des manifestants à Beyrouth.

Le 27, des dizaines de milliers de Libanais forment une chaîne humaine le long de la côte, sur 170 km du nord au sud.

Le 29, des heurts éclatent à Beyrouth où des dizaines d’assaillants détruisent les tentes des manifestants.

Saad Hariri et son gouvernement démissionnent, déclenchant des scènes de liesse. Il est chargé d’expédier les affaires courantes jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.

Le 31, des écoles et universités recommencent les cours, mais des centaines de contestataires reprennent leurs sit-in sur certaines grandes artères pour réclamer un renouvellement complet de la classe politique.

Le 3 novembre, plusieurs milliers de personnes envahissent les rues de Beyrouth et d’autres grandes villes, quelques heures après un vaste rassemblement des partisans du président Michel Aoun.

Le 6, des centaines d’élèves et d’étudiants manifestent dans tout le pays.

Le 9, des stations-service à court d’essence ferment. Les Libanais se ruent dans les magasins, par crainte de ruptures de stocks.

Le 12, le président Aoun propose un gouvernement de technocrates et de représentants des partis au pouvoir, alors que les contestataires réclament un cabinet d’indépendants et de technocrates. « Si, au sein de l’Etat, il n’y a personne qui leur (les manifestants) convient, qu’ils émigrent », leur lance-t-il.

Le président libanais Michel Aoun à Beyrouth, le 1er août 2019. (Crédit : AP Photo/Hassan Ammar)

Les manifestants en colère mettent le feu à des bennes à ordures et des pneus, bloquant plusieurs artères.

Un homme est tué par balle dans le secteur de Khaldé, au sud de Beyrouth, deuxième décès lié au mouvement après la mort d’un jeune au début de la contestation.

Le lendemain, des milliers de Libanais bloquent des routes et manifestent près du palais présidentiel, où ils sont bloqués par l’armée.

Le 15, les manifestants accueillent avec colère des informations sur une possible désignation comme nouveau Premier ministre de Mohamad Safadi, ex-ministre des Finances, le qualifiant de « corrompu ».

Le 16, un « bus de la révolution », décoré des noms des différents foyers de contestation du pays, sillonne le Liban du nord au sud.

Un manifestant libanais opposé au gouvernement chante des slogans et fait des gestes depuis la porte d’un bus de « révolution » entouré par des soldats de l’armée libanaise après que le bus a rencontré des contre-manifestants dans la ville du sud de Sidon, le 16 novembre 2019. (Photo par Mahmoud ZAYYAT / AFP)

L’ambassade américaine au Liban indique soutenir le « peuple libanais dans ses manifestations pacifiques et ses démonstrations d’unité nationale ».

Mohamad Safadi renonce à devenir le prochain chef du gouvernement.

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