Un nouveau rapport de l’ONU sur l’antisémitisme dénonce un phénomène « toxique »
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Un nouveau rapport de l’ONU sur l’antisémitisme dénonce un phénomène « toxique »

Israël salue ce document "sans précédent", affirmant qu'il cite le BDS comme une cause majeure de la haine des Juifs — ce que le rapport ne mentionne pourtant pas

L'ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, Danny Danon s'adressant à l'Assemblée générale. (Crédit : Photo de l'ONU / Manuel Elias)
L'ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, Danny Danon s'adressant à l'Assemblée générale. (Crédit : Photo de l'ONU / Manuel Elias)

Un nouveau rapport de l’ONU sur la lutte contre l’antisémitisme avertit d’une hausse du phénomène dans le monde, notamment parmi les suprémacistes blancs et les islamistes, qu’il dénonce comme « toxique » pour les sociétés dans lesquelles il prolifère. Il appelle les gouvernements à agir contre la haine via l’éducation.

L’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, a applaudi le rapport, en particulier ce qu’il a présenté comme son « assurance » que le mouvement BDS « encourage l’antisémitisme » — bien que le document ne l’évoque pas du tout.

Le rapport du Rapporteur spécial pour la Liberté de religion ou de croyance, Ahmed Shaheed, indique que les incidents antisémites sont en hausse dans plusieurs pays, créant « un climat de peur chez un nombre substantiel de Juifs, nuisant à leur droit d’exprimer leur religion ».

Il prévient que « l’antisémitisme, si non traité par les gouvernements, pose des risques non seulement aux Juifs, mais aux membres d’autres minorités également », car il est « toxique pour la démocratie… et menace toutes les sociétés dans lesquelles il n’est pas combattu ».

Le document onusien indique également que la question avait fait l’objet d’une « attention limitée en termes de droits humains » et souligne que « dans de nombreux pays, le harcèlement antisémite n’est que très peu signalé ».

Il exhorte les nations à « identifier, documenter et interdire » les crimes antisémites, d’accroître l’attention des gouvernements aux communautés juives et de mettre en place des programmes éducatifs et de sensibilisations afin de mettre un terme à la propagation des idées haineuses.

Ahmed Shaheed à Londres, le 15 avril 2013. (Wikimedia/OGL/UK Foreign and Commonwealth Office)

En ce qui concerne les causes de la montée de l’antisémitisme, le rapporteur a évoqué le recours en hausse de tropes antisémites par les suprémacistes blancs, les néo-nazis et les islamistes radicaux ; il a également pris note de « l’antisémitisme de gauche » dans différents pays, « où des individus clamant porter des idées anti-racistes et anti-impérialistes emploient des tropes antisémites lorsqu’ils expriment leur colère contre des politiques ou pratiques en vigueur dans l’État d’Israël ».

Le rapport ajoute avoir pris « note des allégations selon lesquelles les objectifs, les activités et les effets du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) sont fondamentalement antisémites », mais que celles-ci ont néanmoins « été rejetées par le mouvement BDS ».

Semblant mal interpréter ce passage, la mission israélienne aux Nations unies a indiqué que le rapport « souligne » que le mouvement est l’une des principales causes de la montée de l’antisémitisme et est « fondamentalement antisémite ».

L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations Unies Danny Danon assiste à une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU le 15 mai 2018 au siège de l’ONU à New York. AFP PHOTO / HECTOR RETAMAL)

L’envoyé israélien, Danny Danon, a ainsi déclaré dans un communiqué : « Nous nous félicitons de la publication de ce rapport sans précédent réalisé au nom des nations du monde contre le phénomène d’antisémitisme. Ce rapport est un autre exemple du changement [d’attitude] de l’ONU à l’égard d’Israël et le fait d’avoir déterminé que le mouvement BDS encourage la haine des Juifs est une prise de position importante de la part de l’agence ».

Et d’ajouter : « L’antisémitisme n’a pas sa place dans notre société et doit être dénoncé partout ».

Fin août, le comité onusien contre le racisme a critiqué les autorités palestiniennes, les appelant à lutter contre « les discours et crimes de haine racistes », notamment l’incitation à la violence contre les Israéliens et les Juifs.

Dans un rapport, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU s’est dit inquiet des « discours de haine dans certains médias, notamment ceux contrôlés par le [groupe terroriste palestinien du] Hamas, sur les réseaux sociaux et dans les discours des officiels, les écoles et les manuels scolaires, lesquels alimentent la haine et incitent à la violence, en particulier les discours de haine contre les Israéliens, qui nourrissent parfois l’antisémitisme ».

Ce document marquait la première fois que le comité critiquait les responsables palestiniens, d’après UN Watch, une organisation basée à Genève.

Début septembre, lors d’un examen de « l’État de Palestine », certains délégués du comité ont mentionné des exemples de contenus anti-Israël et anti-juifs dans des manuels et médias d’État palestiniens.

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