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Un pacte israélo-américain de défense aérienne avec les Arabes serait « nocif » – Iran

Avant la visite de Biden en Israël et en Arabie saoudite, Téhéran a déclaré que "l'entrée d'étrangers" serait la "principale cause de tension et de rupture régionale"

Illustration : Des affiches du général iranien Qassem Soleimani, tué en Irak lors d'une attaque de drone américaine le 3 janvier 2020, sont vues devant des missiles Qiam, en arrière-plan à gauche, Zolfaghar, en haut à droite, et Dezful exposés lors d'une exposition sur les capacités des missiles organisée par les Gardiens de la révolution paramilitaires à la grande mosquée Imam Khomeini, à Téhéran, en Iran, le 7 janvier 2022. (Crédit: AP Photo/Vahid Salemi)
Illustration : Des affiches du général iranien Qassem Soleimani, tué en Irak lors d'une attaque de drone américaine le 3 janvier 2020, sont vues devant des missiles Qiam, en arrière-plan à gauche, Zolfaghar, en haut à droite, et Dezful exposés lors d'une exposition sur les capacités des missiles organisée par les Gardiens de la révolution paramilitaires à la grande mosquée Imam Khomeini, à Téhéran, en Iran, le 7 janvier 2022. (Crédit: AP Photo/Vahid Salemi)

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré samedi qu’un pacte de défense aérienne entre Israël et les alliés régionaux arabes – formé sous la direction des États-Unis pour contrer la menace des drones et des missiles de l’Iran – ne ferait qu’accroître les tensions régionales.

« L’entrée d’étrangers dans la région (…) ne créera pas la sécurité et la stabilité mais sera, au contraire, la principale cause de tension et de déchirement régional », a déclaré le porte-parole du ministère, Nasser Kanaani, selon Reuters.

Le pacte, appelé « MEAD – Middle East Air Defense », vise à connecter les systèmes de défense aérienne pour lutter contre l’utilisation croissante par l’Iran de drones et de missiles au Moyen-Orient.

La déclaration de l’Iran intervient avant la visite prévue du président américain Joe Biden en Israël et en Arabie saoudite plus tard dans la semaine.

Le mois dernier, lors d’une réunion avec les législateurs de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le ministre de la Défense, Benny Gantz, a déclaré que le pacte était déjà « actif » et qu’il espérait qu’il se développerait avec la visite de Joe Biden.

« Je suis à la tête, depuis un an, avec mes collègues du Pentagone et de l’administration [Biden], d’un vaste programme visant à renforcer la coopération entre Israël et les pays de la région, sous la direction américaine et du CENTCOM, qui, je l’espère, progressera à l’issue de la visite du président [américain] [Joe] Biden au Moyen-Orient. », a-t-il dit.

« Ce programme, déjà actif, a permis de déjouer des attaques iraniennes en Israël et dans d’autres pays du Moyen-Orient », a confié Gantz.

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d’une commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 20 juin 2022. (Crédit : Noam Moskowitz / Porte-parole de la Knesset)

L’idée d’un système de défense aérienne conjoint entre Israël et ses voisins arabes n’est pas nouvelle. Elle a été évoquée lors du sommet du Néguev réunissant les ministres des Affaires étrangères d’Israël, des États-Unis, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Maroc et de l’Égypte en mars dernier et aurait fait l’objet de pourparlers entre les États-Unis et l’Arabie saoudite. Washington espère ainsi que Ryad s’engage à normaliser ses relations avec Israël.

Le premier voyage très attendu de Biden au Moyen-Orient, du 13 au 16 juillet prochain, comprendra des étapes en Israël, en Cisjordanie et en Arabie saoudite.

Selon les informations disponibles, l’idée d’une alliance défensive aéroportée est née dans la foulée des accords de normalisation entre Israël et les pays arabes, dont les Émirats arabes unis et Bahreïn, géographiquement plus proches de l’Iran.

Des responsables militaires israéliens ont indiqué avoir constaté une augmentation des attaques de drones iraniens ces dernières années, qualifiées de « terrorisme des drones ». L’armée israélienne a confirmé avoir intercepté au moins quatre drones iraniens à destination d’Israël ou de Cisjordanie et la bande de Gaza, ces dernières années. Deux autres drones partis d’Iran et à destination d’Israël ont été interceptés par des avions américains au-dessus de l’Irak en février.

L’armée israélienne estime que l’Iran cherche à doter ses alliés dans la région – Syrie, Liban, Irak et Yémen – de centaines, voire de milliers de drones, en plus d’une formation militaire.

Le chef de l’État-major général des forces armées iraniennes, Mohammad Hossein Bagheri, à gauche, et le commandant de l’armée Abdolrahim Mousavi visitent une base souterraine de drones appartenant à l’armée israélienne dans le cœur des montagnes Zagros au sein de la république islamique, le 28 mai 2022. (Crédit : Armée iranienne via AP)

Le CENTCOM – le Commandement central des États-Unis – a officiellement pris en charge les relations de l’armée américaine avec Israël en septembre 2021.

Jusque-là, Israël avait été maintenu dans la zone de responsabilité de l’EUCOM afin d’éviter d’éventuelles tensions entre le CENTCOM et les nations arabes et musulmanes relevant de sa compétence, dont beaucoup n’entretenaient pas de liens formels avec Israël et ne souhaitaient pas être considérés comme alliés.

Ces dernières années, les alliés arabes du CENTCOM ont développé des relations diplomatiques avec Israël, certains de manière informelle, de sorte que les problèmes se sont grandement atténués.

La zone de responsabilité du Commandement central des États-Unis s’étend du Moyen-Orient à l’Asie centrale, en passant par la région perse ou du Golfe, l’Afghanistan et le Pakistan.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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