Un potentiel vaccin israélien prochainement en phase de tests
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Un potentiel vaccin israélien prochainement en phase de tests

Dans un premier temps, une centaine de jeunes adultes recevront le vaccin mis au point par le très secret Institut de recherche biologique du ministère de la Défense

Illustration : Une infirmière donne une injection à un volontaire dans le cadre d'une étude d'un éventuel vaccin COVID-19, développé par le National Institutes of Health and Moderna Inc., à Binghamton, New York, le 27 juillet 2020. (Hans Pennink / AP)
Illustration : Une infirmière donne une injection à un volontaire dans le cadre d'une étude d'un éventuel vaccin COVID-19, développé par le National Institutes of Health and Moderna Inc., à Binghamton, New York, le 27 juillet 2020. (Hans Pennink / AP)

Un vaccin COVID-19 en cours de développement par le laboratoire de recherche national israélien devrait commencer à être testé sur l’homme la semaine prochaine.

Dans un premier temps, une centaine de jeunes adultes recevront le vaccin mis au point par le très secret Institut de recherche biologique du ministère de la Défense, a rapporté jeudi la Douzième chaîne.

Environ deux mois plus tard, si les premiers tests sont jugés positifs, 1 000 personnes supplémentaires, d’âges différents, recevront l’injection.

Dans la troisième et dernière phase des tests, qui dépend du résultat des deux premières phases et d’autres éléments, le test sera effectué sur des dizaines de milliers de personnes.

Jeudi, le directeur de l’institut Shmuel Shapira a présenté cérémonieusement au maire de Ness Tsiona un premier lot du vaccin expérimental.

L’institut de recherche est basé dans cette ville du centre du pays. Le flacon de vaccin offert au maire n’est apparemment pas destiné à être administré lors des tests, car il a été présenté dans une boîte avec une petite plaque remerciant le maire pour sa « véritable coopération ».

En août, après une visite à l’Institut, le ministre de la Défense Benny Gantz avait annoncé que le laboratoire commencerait à tester le vaccin à la mi-octobre.

En août également, Shapira avait affirmé au Comité scientifique et technologique de la Knesset que le vaccin serait prêt pour les tests sur l’homme en octobre, mais ne serait pas prêt pour les tests de phase trois avant l’année prochaine.

En juin, l’Institut avait annoncé qu’il avait testé un vaccin contre le coronavirus sur des rongeurs.

Dans un article publié sur le site internet de bioRxiv, qui rassemble des articles en attente de passage devant un comité de lecture, l’institut avait déclaré qu’il espérait être en mesure de fournir un vaccin d’ici un an, voire plus tôt.

Dans le résumé de l’article, les chercheurs déclaraient que leur vaccin, testé sur des hamsters, « entraîne une induction rapide et puissante d’anticorps neutralisants contre le SRAS-CoV-2 », le virus qui cause le COVID-19.

En parallèle, aux États-Unis, le PDG de la société de biotechnologie Moderna a déclaré mercredi que la société ne serait pas en mesure de déposer une demande d’autorisation d’utilisation d’urgence pour son vaccin contre le coronavirus avant le 25 novembre, soit après l’élection présidentielle.

La nouvelle porte un coup dur aux espoirs du président américain Donald Trump d’obtenir un vaccin avant les élections, ce qui aurait pu donner à sa campagne un coup de pouce nécessaire.

Stephane Bancel a déclaré au Financial Times : « Ce n’est qu’à partir du 25 novembre que nous aurons suffisamment de données sur les risques pour pouvoir déposer un dossier EUA (emergency use authorization, ou autorisation d’utilisation d’urgence), envoyé à la FDA (Food and Drug administration, ou Agence pour la nourriture et les médicaments) – en supposant que les données sur les risques soient positives, c’est-à-dire qu’un vaccin est considéré comme sans danger. »

Trump, testé positif ce vendredi et dont la gestion de la crise du COVID-19 a fait chuter la popularité, a souvent laissé entendre qu’un vaccin pourrait être prêt avant le vote du 3 novembre.

Ces annonces ont provoqué des inquiétudes parmi les experts, qui ont craint que son administration interfère, pour des raisons politiques, avec le processus scientifique réglementaire.

Un autre potentiel vaccin est en cours de développement par Pfizer, dont le PDG Albert Bourla a estimé que son entreprise saurait d’ici octobre si son injection fonctionne.

Cette affirmation a laissé sceptiques la plupart des experts, qui estiment que les essais en cours ne fourniront pas de données statistiques suffisantes pour prouver l’innocuité et l’efficacité du vaccin d’ici là.

Dans une déclaration au Washington Post mardi, Bourla a nié avoir tenté par cette annonce de gagner les faveurs du président.

« En ce qui me concerne, le jour des élections n’a pas d’importance. La fin octobre ne veut rien dire. Voilà comment nous fonctionnons. Si nous pouvons l’amener plus tôt, nous le ferons », a-t-il affirmé.

Jeudi, il a déclaré à ses employés qu’il regrettait que leur travail ait été politisé lors du débat présidentiel de cette semaine, et a tenté de rassurer le personnel américain sur le fait que la compagnie ne céderait pas aux pressions pour agir plus rapidement.

Bourla a déclaré que la société « obéissait à la vitesse de la science » et non pas à un quelconque calendrier politique, selon une lettre du personnel obtenue par l’Associated Press.

« La seule pression que nous ressentons – et elle pèse lourd – ce sont les milliards de personnes, les millions d’entreprises et les centaines de fonctionnaires qui dépendent de nous », a-t-il écrit.

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