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Un prisonnier palestinien met fin à sa grève de la faim après 141 jours

Les médecins avaient averti que l'état de Hisham Abu Hawash, qui est placé sous le régime de la détention administrative, se détériorait ; il sera libéré au mois de février

Des soutiens et des proches du prisonnier palestinien en grève de la faim Hisham Abu Hawash rassemblés pour obtenir sa libération dans son village de Dura, à l'ouest de Hébron, en Cisjordanie, le 2 janvier 2022. (Crédit :  HAZEM BADER / AFP)
Des soutiens et des proches du prisonnier palestinien en grève de la faim Hisham Abu Hawash rassemblés pour obtenir sa libération dans son village de Dura, à l'ouest de Hébron, en Cisjordanie, le 2 janvier 2022. (Crédit : HAZEM BADER / AFP)

Le prisonnier palestinien Hicham Abu Hawash a mis fin mardi soir à 141 jours de grève de la faim pour protester contre sa détention en Israël à l’issue d’un accord favorisant sa libération fin février, ont fait savoir ses avocats.

« Il a accepté de finir sa grève de la faim. Il a bu du thé il y a une dizaine de minutes et tout va bien », a déclaré tard mardi soir son avocat Jawad Boulos, qui lui a rendu visite à l’hôpital où il est pris en charge, en Israël.

Hisham Abu Hawash, un homme âgé de 40 ans et originaire de Dura, un village situé à proximité de Hébron, était incarcéré en Israël sous le régime de la détention administrative depuis le mois d’octobre 2020.

Selon l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, Abu Hawash est membre de l’organisation du Jihad islamique et il est impliqué dans des activités terroristes – bien qu’aucune mise en examen officielle n’ait jamais eu lieu.

Selon l’accord qui aurait été conclu, la détention administrative d’Abu Hawash expirera le 26 février et ne sera pas renouvelée. Le Shin Bet n’a pas fait de commentaire au moment de l’écriture de cet article.

Le détenu administratif palestinien Hisham Abu Hawash avec ses deux fils à l’hôpital Asaf Harofeh le 26 décembre 2021. (Crédit : capture d’écran/ YouTube)

La grève de la faim-marathon d’Abu Hawash a captivé les Palestiniens et a entraîné des pressions sur Israël de la part de la communauté internationale. Les sites d’information arabophones ont régulièrement consacré des articles à son état de santé et de petits rassemblements épars en son nom ont été organisés dans les villes palestiniennes.

Abu Hawash est actuellement incarcéré par le biais d’une ordonnance de détention administrative. Les responsables israéliens de la Défense affirment que placer en détention sans procès des terroristes présumés est parfois le seul moyen d’éviter des attentats. Les groupes de défense des droits de l’Homme estiment, pour leur part, que l’État juif abuse de cette pratique, l’utilisant également contre des individus qui ne présentent aucune menace imminente.

Abu Hawash est le dernier Palestinien à avoir utilisé une grève de la faim pour attirer l’attention sur cette pratique et pour obtenir sa libération.

Le week-end dernier, les équipes médicales qui lui avaient rendu visite l’avaient trouvé dans un « état critique », et le le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’était dit « préoccupé par les conséquences irréversibles pour sa santé et sa possible mort tragique » – ce qui avait renforcé les pressions exercées sur l’État juif, qui craignait que son décès n’entraîne d’importantes agitations.

« L’état de santé d’Abu Hawash est difficile et instable », avait de son côté commenté un porte-parole de l’hôpital Shamir, samedi soir.

Selon le groupe Médecins pour les droits de l’Homme, Abu Hawash pesait 86 kilos avant sa grève prolongée. Le 29 décembre, lorsque la docteure Lina Qassem avait rendu visite au prisonnier pour le compte de l’organisation, il ne pesait que 45 kilos.

« Il court un danger immédiat, mortel », avait alors écrit Qassem.

Plus une grève de la faim se prolonge, plus elle est porteuse de risques pour le jeûneur. Des détenus qui protestaient contre les conditions de leur incarcération ou contre leur détention ont pu occasionnellement mourir d’une grève de la faim. Et pour ceux qui survivent, les dégâts médicaux à long-terme peuvent être graves.

Alors que l’état de santé d’Abu Hawash se détériorait, l’Union européenne (UE) et le Royaume-Uni avaient appelé Israël à le mettre en examen ou à le libérer.

Des Palestiniens lors d’un rassemblement en solidarité avec un prisonnier placé en détention administrative, Hisham Abu Hawash, dans sa ville natale de Dura, à proximité de Hébron, le 7 décembre 2021. (Crédit : WAFA)

« Les détenus ont le droit d’être informés sur les accusations qui sous-tendent toute incarcération, ils doivent pouvoir bénéficier d’un procès équitable, organisé dans un délai raisonnable, ou être libérés », avait commenté l’envoyé de l’UE auprès des Palestiniens dans une déclaration, dimanche.

Le groupe terroriste du Jihad islamique, pour sa part, avait menacé à plusieurs reprises l’État juif d’une reprise des violences si Abu Hawash mourait.

« Il subit un assassinat, une élimination », avait déclaré le Jihad islamique dans un communiqué émis samedi après-midi. « Et nous riposterons à cela, conformément à notre engagement à répondre à tout assassinat criminel commis par l’ennemi. »

Les groupes terroristes palestiniens de la bande de Gaza ont, dans le passé, régulièrement menacé de représailles en réponse à la dégradation de l’état de santé de détenus palestiniens en grève de la faim. La majorité de ces menaces ne se sont jamais concrétisées et dans la majorité des cas, les autorités israéliennes acceptent de ne pas renouveler la détention des prisonniers et ces derniers mettent un terme à leur jeûne.

Les membres de Saraya al-Quds, aile militaire du Jihad islamique à Gaza City, le 4 décembre 2021. (Crédit : Atia Mohammed/Flash90)

Ramallah avait aussi demandé la libération du détenu. Selon l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne (AP), le chef de l’AP Mahmoud Abbas et le chef des renseignements Majed Faraj avaient poussé Israël à conclure un accord.

Le groupe terroriste du Hamas a salué la libération d’Abu Hawash, évoquant « une victoire sur le geôlier sioniste ».

« L’héroïque prisonnier Hisham Abu Hawash prouve une fois encore la capacité des Palestiniens à résister, à défier et à vaincre l’occupant sioniste », a commenté le porte-parole du Hamas, Hazem Qasim.

En 2006, Abu Hawash avait été condamné par un tribunal militaire israélien à quatre ans et demi de prison pour avoir aidé des terroristes qui avaient commis des attentats contre des soldats israéliens pendant la Seconde intifada, dans le cadre d’un arrangement judiciaire. Il avait aussi avoué avoir planifié une fusillade, seul, qui n’avait jamais eu lieu, selon les documents de la Cour.

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