Un rabbin américain appelle Netanyahu à voyager à Ryad pour faire la paix
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Un rabbin américain appelle Netanyahu à voyager à Ryad pour faire la paix

Après avoir rencontré des dirigeants des états du Golfe, le rabbin défenseur des relations inter-confessionnelles Marc Schneier pense que le Premier ministre devrait agir ainsi

Le rabbin Marc Schneier avec le roi Hamad au palais de la Couronne de Bahreïn, en décembre 2011. (Crédit : Walter Ruby/Foundation for Ethnic Understanding)
Le rabbin Marc Schneier avec le roi Hamad au palais de la Couronne de Bahreïn, en décembre 2011. (Crédit : Walter Ruby/Foundation for Ethnic Understanding)

JTA – Le rabbin Marc Schneir de New York a rencontré il y a deux semaines le roi de Bahreïn Hamad bin Isa Al Khalifa dans la capitale du pays, Manama. La veille, le Conseil de coopération du Golfe (CCG), une institution composée de six états dont Bahreïn, a adopté une résolution parrainée par Bahreïn déclarant que le Hezbollah, le groupe terroriste libanais engagé à la destruction d’Israël, était une organisation terroriste.

Schneir dirige la clinquante synagogue Hampton et gère la Fondation pour la compréhension ethnique, qui promeut les relations judéo-musulmanes.

Il a rencontré Hamad et d’autres dirigeants arabes à de multiples reprises.

La semaine dernière, il a rencontré JTA pour évoquer la résolution du CCG, les relations entre Israël et le Golfe, et ce que c’est que de rencontrer des régimes répressifs. La conversation a été condensée et éditée pour plus de clarté.

JTA : Pourquoi Hamad a-t-il poussé pour déclarer le Hezbollah organisation terroriste ?

Schneir : Il ne voit pas le conflit au Moyen Orient comme un conflit chiite-sunnite. Il ne voit pas le conflit au Moyen orient comme Arabe – Israélien ou arabe contre juif.

Il le voit comme modérés contre extrémistes. C’est la voix de la modération contre la voix de l’extrémisme et du fanatisme et du terrorisme, et je pense que c’est ainsi que beaucoup d’états du Golfe le voient.

Il regarde beaucoup Israël comme étant cette force protectrice au Moyen Orient. Mon inquiétude est pour la sécurité de l’Etat d’Israël, et avoir des pays arabes attaquer ouvertement l’un des ennemis les plus déloyaux d’Israël, c’est quelque chose.

Vous avez à présent atteint un point où, [pour] les membres du CCG, il y a un sujet plus important qui transcende le conflit israélo-palestinien.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir (au centre à droite) accueille son homologue de Bahreïn Khalid Bin Ahmad al-Khalifa (au centre à gauche) et le secrétaire général du conseil de coopération du Golfe Abdullatif bin Rashid Al-Zayani de Bahreïn (tout à droite) à leur arrivée pour un conseil de coopération du Golfe dans la capitale de l'Arabie saoudite, Ryad, le 9 janvier 2016. (Crédit : AFP/Ahmed Farwan)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir (au centre à droite) accueille son homologue de Bahreïn Khalid Bin Ahmad al-Khalifa (au centre à gauche) et le secrétaire général du conseil de coopération du Golfe Abdullatif bin Rashid Al-Zayani de Bahreïn (tout à droite) à leur arrivée pour un conseil de coopération du Golfe dans la capitale de l’Arabie saoudite, Ryad, le 9 janvier 2016. (Crédit : AFP/Ahmed Farwan)

Vous sentez-vous à l’aise en rencontrant le roi d’un pays qui a un si piètre bilan en matière de droits de l’Homme ?

C’est une question de voir ces régimes dans leur contexte. Vous ne pouvez pas comparer l’Arabie saoudite de 2016 à l’Arabie saoudite de 1996 […].

Même Bahreïn a une communauté juive. Le roi a proposé plusieurs fois de construire une nouvelle synagogue. Quand je vais à Bahreïn, je me sens très à l’aise en tant que juif, en tant que rabbin. C’est un pays, c’est un royaume, qui est engagé envers la diversité religieuse.

Pensez-vous que les états du Golfe sont prêts à entretenir de vraies relations avec Israël ? Comment Israël devrait-il les atteindre ?

Le directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold et l'ancien conseiller du gouvernement saoudien Anwar Eshki à Washington, le 4 juin 2015 (Crédit : Groupe Debby Communications)
Le directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold et l’ancien conseiller du gouvernement saoudien Anwar Eshki à Washington, le 4 juin 2015 (Crédit : Groupe Debby Communications)

Je pense que le Premier ministre [israélien Benjamin Netanyahu] devrait prendre une page du livre de [l’ancien président égyptien Anwar] Sadat et aller à Ryad, faire ce genre d’ouvertures. Les Saoudiens ont présenté un plan de paix. Israël y a-t-il répondu ? La réponse est non.

[L’initiative de paix arabe de 2002 propose des relations complètes entre Israël et le monde arabe en échange d’un retrait des territoires qu’Israël a annexés en 1967 et une résolution consensuelle sur le sujet des réfugiés palestiniens. Les officiels israéliens ont rejeté l’initiative plusieurs fois, mais Israël n’a jamais donné de réponses officielles.]

Netanyahu et d’autres ont parlé d’opposition partagée à l’Iran, rassemblant Israël et les pays arabes. Pensez-vous que cela est possible ?

Je ne vois pas l’Iran comme un obstacle. Je le vois comme une opportunité pour forger de nouvelles relations, des relations ouvertes avec les membres du CCG.

Le monde juif est tellement préoccupé par comment l’Europe va étiqueter [les produits fabriqués dans les implantations]. Et ici, dans votre propre jardin, [se trouvent] six des plus prestigieux et importants pays arabes. Nous sommes bénis de vivre à une époque où quand Israël a besoin des pays du Golfe, les pays de Golfe ont besoin d’Israël.

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