Un recours déposé contre l’appel au boycott d’Israël de Bondy
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Un recours déposé contre l’appel au boycott d’Israël de Bondy

L'OJE a adressé un courrier aux tribunaux pour rappeler l'illégalité du vœu adopté par la municipalité en juin 2016 appelant au boycott des produits israéliens

La zone commerciale de Bondy. Illustration. (Crédit : CC BY 2.5/Wikipédia)
La zone commerciale de Bondy. Illustration. (Crédit : CC BY 2.5/Wikipédia)

L’Organisation juive européenne (OJE) une association militante basée en France, a demandé devant la justice l’annulation d’un vœu voté le 23 juin 2016 par le conseil municipal de Bondy.

Ce vœu, proposé par Jacques Jakubowicz, élu en charge de la coopération internationale, appelait à boycotter les produits et les services en provenance des « colonies israéliennes ».

Ce vœu avait été adopté à l’unanimité, moins les cinq voix des élus du groupe Les républicains, sur 45.

Selon le vœu adopté, « les marchandises produites dans les colonies israéliennes en Palestine, reconnues par le droit international comme illégales, sont proposées sur le marché français comme venant d’Israël. C’est évidemment faux, la Palestine n’est pas Israël, et les colonies installées en violation des règles internationales par la puissance occupante, n’ont aucun droit de se prévaloir comme étant partie intégrante de l’État israélien », rapporte Actualité Juive.

La maire PS de Bondy, Sylvine Thomassin, a défendu l’adoption de ce vœu en expliquant qu’ « il ne s’agit que de faire une distinction entre les produits fabriqués en Israël et ceux qui le sont en territoires occupés. Rien de plus que ce que demande l’ONU depuis des années », rapportait Le Parisien.

Au moment de l’adoption du vœu, des voix s’étaient élevées pour rappeler l’illégalité d’une telle démarche.

Laurence Marchand-Taillade, présidente du Laboratoire de la laïcité du Val-d’Oise, a dénoncé l’adoption d’un tel vœu.

« C’est illégal. Et pourtant c’est de plus en plus fréquent dans les mairies de la petite couronne parisienne. Elles n’hésitent pas à se mettre hors la loi pour draguer de potentiels électeurs musulmans. Mais qu’elles cessent enfin ! », s’est révoltée cette dernière.

« C’est également un geste de mépris renvoyé à la population d’origine maghrébine, le plus souvent de confession musulmane, qui serait en quelque sorte achetable et a priori monolithiquement engagé vers la Palestine », avait-elle ajouté à la suite du vote du conseil municipal.

De son côté, le BNVCA avait condamné le vote de la ville de Bondy, la qualifiant de « décision discriminatoire ».

Dans un communiqué, le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme (BNVCA) a souligné son indignation . « La décision du conseil municipal de Bondy de boycotter les produits en provenance d’Israël bien que vague dans sa formulation sournoise, ‘colonies israéliennes’, cette résolution constitue une violation grossière de la loi pénale qui interdit le boycott en ses articles 225-1 et 225 -2 avec cette circonstance aggravante que ce délit est commis par le premier magistrat de la commune et son conseil municipal. »

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