Un responsable du Hamas menace Israël et prône la réconciliation palestinienne
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Un responsable du Hamas menace Israël et prône la réconciliation palestinienne

Lors d'un rassemblement réunissant des milliers de personnes à Gaza pour fêter les 32 ans du Hamas, Osama al-Mazini a juré de libérer les prisonniers palestiniens

Des femmes palestiniennes, dont l'une brandit une photo du chef du mouvement Hamas Ismail Haniyeh, participent à un rassemblement de masse marquant le 32e anniversaire de la fondation du Hamas, le 14 décembre 2019, dans la ville de Gaza. (AP/Khalil Hamra)
Des femmes palestiniennes, dont l'une brandit une photo du chef du mouvement Hamas Ismail Haniyeh, participent à un rassemblement de masse marquant le 32e anniversaire de la fondation du Hamas, le 14 décembre 2019, dans la ville de Gaza. (AP/Khalil Hamra)

Un haut-responsable du Hamas a proféré de nouvelles menaces à l’encontre d’Israël si l’Etat juif ne mettait pas fin au blocus, alors que des informations laissent entendre que des progrès auraient été réalisés entre le groupe terroriste palestinien et Israël concernant la conclusion d’un cessez-le-feu à long-terme.

« L’ennemi doit comprendre que nous serons amenés à tirer de nouvelles conclusions si le siège n’est pas levé », a commenté Osama al-Mazini lors d’un rassemblement auquel ont assisté des dizaines de milliers de personnes à Gaza City, marquant le 32e anniversaire de la fondation du Hamas.

Gaza fait face à des restrictions sécuritaires imposées à la fois par l’Etat juif et par l’Egypte depuis que le groupe terroriste du Hamas a pris le pouvoir en 2007. Les responsables des Nations unies ont appelé à ce que blocus soit levé en raison de ses répercussions économiques et humanitaires négatives. Or, Jérusalem insiste sur le caractère nécessaire de la mesure en vue d’empêcher le Hamas, qui cherche ouvertement la destruction d’Israël, d’acquérir des armes ou les matériaux nécessaires pour les fabriquer.

Alors que le chef de la branche politique du Hamas, Ismail Haniyeh, rencontre actuellement des officiels régionaux à l’étranger, c’est al-Mazini qui a pris la parole lors de ce rassemblement massif et évoqué de nombreux sujets, parmi lesquels les efforts de réconciliation palestiniens, les négociations en vue d’un échange de prisonniers avec l’Etat juif ainsi que les initiatives menées contre l’Etat juif.

Il a déclaré que le Hamas avait fait des douzaines de concessions au mouvement du Fatah du président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas en faveur de la réconciliation et réclamé l’organisation d’élections parlementaires palestiniennes.

Les politiciens palestiniens voudraient organiser ce vote en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est – même s’il est difficile de dire pour le moment si Israël accepterait la tenue d’un tel scrutin dans les quartiers arabes qui, selon l’Etat juif, font partie intégrante de sa « capitale indivisible ».

Il est probable qu’une décision israélienne d’interdire des élections à Jérusalem saperait le projet tout entier.

Le Hamas et le Fatah sont à couteaux tirés depuis 2007, année où le groupe terroriste s’est saisi de Gaza et a expulsé de l’enclave côtière les forces d’Abbas – qui contrôle le gouvernement palestinien reconnu à l’international et dont le siège est basé en Cisjordanie.

Aucune élection parlementaire n’a eu lieu depuis 2006, les deux parties s’attribuant mutuellement la responsabilité de cet échec.

De multiples tentatives de réconciliation ont échoué et, selon les analystes, un nouveau scrutin restera impossible sans une amélioration préalable des relations entre les deux factions.

Des Palestiniens scandent des slogans islamiques lors d’un rassemblement de masse marquant le 32è anniversaire de la fondation du Hamas à Gaza city, le 14 décembre 2019 (Crédit : AP/Khalil Hamra)

Al-Mazini a déclaré toutefois, samedi, que son mouvement était « prêt pour les élections ».

Al-Mazini avait été impliqué dans l’accord Shalit, – des négociations qui avaient vu l’Etat juif libérer 1 027 détenus sécuritaires en échange du soldat israélien Gilad Shalit, resté dans les geôles de Gaza pendant près de cinq ans après avoir été capturé.

Il a expliqué que le Hamas était déterminé à obtenir la libération de prisonniers sécuritaires palestiniens mais il a également appelé l’aile armée du groupe terroriste à « redoubler de force et à augmenter le nombre d’initiatives conjointes avec les factions de la résistance ».

Vendredi, plusieurs milliers de Palestiniens ont manifesté à la barrière sécuritaire avec Gaza. Des centaines d’émeutiers ont affronté les forces israéliennes.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a indiqué que cinq Palestiniens avaient été blessés lors de ces affrontements. Des cocktails Molotov et autres projectiles ont été lancés en direction des militaires israéliens.

S’exprimant lors d’un rassemblement distinct marquant l’anniversaire du Hamas, Fathi Hammad, membre du bureau politique du groupe terroriste islamiste, a évoqué les détenus israéliens du Hamas, suite à des informations récentes portant sur des négociations en vue d’un échange de prisonniers entre l’Etat juif et le groupe terroriste.

De gauche à droite: Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Flash90 / The Times of Israël)

« Les soldats israéliens ne reverront pas la lumière avant que nos prisonniers revoient la lumière », aurait-il dit, selon la Douzième chaîne.

Le Hamas détiendrait en captivité deux citoyens israéliens — Avraham Abera Mengistu et Hisham al-Sayed — qui seraient entrés de leur plein gré dans la bande de Gaza en 2014 et 2015.

Il aurait également en sa possession les dépouilles de Hadar Goldin et d’Oron Shaul, des militaires israéliens tués pendant la guerre de 2014 dans la bande.

« Sur la question des prisonniers, le manque d’implication de l’ennemi sur le sujet n’aide guère », a dit Hammad. Il a averti que l’aile armée du Hamas dévoilerait bientôt « un nouveau chapitre dans la bataille » contre l’Etat juif, sans donner de détails.

Les manifestations de vendredi sont entrées dans le cadre du mouvement de protestation de la soi-disante marche du Retour qui a commencé au mois de mars 2018 et qui a repris après trois semaines d’interruption suite à des affrontements d’envergure entre l’armée israélienne et le Jihad islamique palestinien, le deuxième groupe terroriste le plus important de Gaza.

Avant le mouvement de protestation de la semaine dernière, le chef d’Etat-major Aviv Kohavi avait indiqué que l’Etat juif avait une « opportunité unique » de conclure un accord à long-terme avec les groupes terroristes de la bande de Gaza.

Rencontrant les maires des communautés adjacentes de l’enclave côtière, Kohavi avait expliqué qu’Israël pensait être en mesure de négocier une trêve à long-terme, souvent évoquée, avec le Hamas.

Un petit Palestinien porte un uniforme militaire et tient un jouet sous forme d’arme devant une photo de feu Sheik Ahmed Yassin, fondateur du groupe islamique du Hamas, au cours d’un rassemblement fêtant le 32ème anniversaire de la création du Hamas à Gaza city, le 14 décembre 2019 (Crédit : AP/Khalil Hamra)

Le chef de l’armée avait attribué cette occasion au succès remporté par Tsahal au cours de sa récente bataille de deux jours contre le Jihad islamique, une opération qui avait été appelée « Ceinture noire ». Contrairement à des affrontements antérieurs, les Brigades Ezzedine al-Qassam , l’aile armée du Hamas, étaient restées en marge du conflit.

Cela fait plus d’un an que le Hamas négocie des séries de cessez-le-feu officieux avec Israël.

Ces accords ont essentiellement porté sur la levée par Israël des restrictions imposées aux mouvements des biens et des personnes depuis et vers Gaza. En échange, le Hamas et les autres groupes terroristes de l’enclave côtière s’étaient engagés à maintenir un calme relatif dans la région frontalière.

Mais ces accords informels ont échoué à mettre un terme aux violences près de la barrière. Israël et les groupes terroristes de Gaza ont récemment connu plusieurs courtes flambées de violences.

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