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Un responsable israélien confirme le projet de gestion de « poches humanitaires » par des Gazaouis

Débarrassé de ses terroristes, le quartier de Zeitoun, dans Gaza, est pressenti pour un projet pilote et Jérusalem cherche les "bonnes personnes". Un responsable du Hamas rejette l'idée

Des gens marchent dans une rue détruite par les bombardements israéliens dans la ville de Gaza, le 10 février 2024. (Crédit : AFP)
Des gens marchent dans une rue détruite par les bombardements israéliens dans la ville de Gaza, le 10 février 2024. (Crédit : AFP)

Israël recherche des Palestiniens non affiliés au Hamas pour gérer les affaires civiles de certains secteurs de la bande de Gaza à la façon de tests grandeur nature de ce que pourrait être l’administration de l’enclave dans l’après-guerre, a déclaré jeudi un haut responsable israélien, ajoutant que ces « poches humanitaires » se situeraient dans des quartiers de la bande de Gaza desquels le Hamas a été expulsé, sous réserve de l’atteinte de l’objectif de destruction de l’organisation terroriste islamiste sur ce minuscule territoire côtier qu’il gouverne depuis 16 ans.

« Nous cherchons les bonnes personnes pour prendre le relais », a expliqué le responsable à Reuters sous couvert d’anonymat. « Il est clair que cela prendra du temps, car personne ne va se manifester si le Hamas risque de mettre une balle dans la tête des candidats. »

Ce projet, a ajouté le responsable, « pourrait se matérialiser une fois le Hamas éradiqué, privé de son pouvoir de nuisance envers Israël ou les Gazaouis ».

Il a par ailleurs précisé que l’Autorité palestinienne, doté d’une autonomie limitée en Cisjordanie, ne serait pas associé à la gestion ces « poches humanitaires » en raison de son absence de condamnation de l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas se sont déchaînés dans le sud d’Israël, pour y tuer 1 200 personnes et faire 253 otages.

« Toute personne ayant participé ou n’ayant pas condamné les événements du 7 octobre est exclue », a affirmé le responsable.

Israël serait pour autant prêt à examiner la candidature, pour la gestion de ces « poches humanitaires », de personnes ayant eu des liens avec la faction dominante du Fatah, rival plus laïc du Hamas, a expliqué le responsable.

Des véhicules transportant de l’aide humanitaire circulent le long de la route Salaheddin dans le district de Zeitoun, à la périphérie sud de Gaza City, le 26 novembre 2023. (Crédit : Mahmoud Hams / AFP)

La Douzième chaîne de télévision israélienne a rapporté mercredi que le quartier de Zeitoun, dans le nord de Gaza City, était candidat à la mise en œuvre de ce projet, en vertu duquel commerçants et dirigeants de la société civile se chargeraient de la distribution de l’aide humanitaire.

L’armée israélienne assurerait la sécurité dans les environs de Zeitoun, a expliqué la Douzième chaîne, parlant des dernières incursions militaires dans le secteur comme d’opérations destinées à finir d’éradiquer une garnison du Hamas déjà durement touchée dès le début de la guerre.

Selon le reportage de la Douzième chaîne, les autorités militaires se sont déjà entretenues avec des dirigeants de la communauté palestinienne – dont le nom n’a pas été révélé – qui seront chargés de gouverner les habitants du secteur qui n’ont pas fui vers le sud.

Selon cette information, qui ne cite aucune source, Israël espère que la prise en charge, par les habitants eux-mêmes, de la distribution de l’aide sera une alternative civile au Hamas capable de prendre en charge les tâches administratives, sous réserve de sécuriser la zone « pour empêcher le Hamas d’interférer ».

Des réservistes de la 646e brigade parachutiste interviennent dans la bande de Gaza, dans une image publiée le 20 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Toujours selon la Douzième chaîne, dans le cadre de ce projet pilote, Israël procèdera à une refonte totale des programmes des écoles de Gaza, pour lutter contre ce qu’il dénonce comme des incitations à la haine contre Israël et les Juifs.

Les analystes se montrent très sceptiques envers ce projet, soulignant le risque que les dirigeants de la communauté palestinienne qui coopèreront ouvertement et unilatéralement avec Israël se voient rapidement délégitimés voire physiquement menacés.

Selon des membres des autorités, de nombreux membres des forces de l’ordre estiment que c’est à l’Autorité palestinienne que devrait revenir la responsabilité de cette gestion, mais l’armée israélienne a reçu instruction du cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu de ne pas établir de projets de gouvernance à Gaza impliquant l’Autorité palestinienne, ce qui explique ce projet pour Zeitoun.

Un haut responsable du Hamas, Sami Abu Zuhri, a déclaré qu’un tel plan équivaudrait à une réoccupation de Gaza, d’où Israël a retiré ses troupes et implantations en 2005. Israël a indiqué qu’il exercerait sine die un contrôle sécuritaire sur Gaza dans la période d’après-guerre, sans toutefois avancer le mot de réoccupation.

« Nous sommes convaincus que ce projet est inutile, qu’il est un signe de confusion et qu’il ne réussira pas », a déclaré Abu Zuhri à Reuters.

Un char de Tsahal opère au sud de Gaza City, le 20 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

Jeudi, ce fut au tour de Wassel Abu Yousef, haut responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) dont l’Autorité palestinienne fait partie, de disqualifier le projet israélien.

« Les tentatives israéliennes de changer les caractéristiques géographiques ou démographiques de Gaza sont vouées à l’échec », a-t-il déclaré à Reuters.

Les États-Unis appellent de leurs vœux une Autorité palestinienne « revitalisée » pour prendre la direction de Gaza dans l’après-guerre. Mais Israël est pour le moins réticent, au motif que l’Autorité palestinienne verse des aide aux terroristes emprisonnés.

Mercredi, le ministre Benny Gantz a fait référence au « programme pilote » de distribution d’aide à Gaza, s’engageant à ce qu’Israël garde le contrôle total des conditions de sécurité, sans contrôle civil, après la fin des combats déclenchés par l’attaque du 7 octobre.

« Quelle que soit la situation à l’avenir, Israël gardera sa suprématie et ses capacités opérationnelles dans toute la bande de Gaza », a-t-il assuré, rappelant qu’Israël « ne laisserait pas les meurtriers revenir là où l’armée israélienne est intervenue. »

« Nous examinons un certain nombre d’options pour que l’aide à Gaza soit acheminée par l’intermédiaire d’une coalition internationale de pays arabes modérés, avec le soutien des États-Unis. Nous faisons actuellement la promotion de programmes pilotes de transfert » par l’intermédiaire de tiers, a-t-il déclaré.

« Notre objectif et celui des pays donateurs sont les mêmes : aider les habitants et non les terroristes » et « nous faisons en sorte de renforcer l’axe modéré face à l’Iran, et d’établir une administration régionale capable d’aider les Palestiniens à construire un autre gouvernement à Gaza ».

Gantz a également abordé la question de l’après-guerre à Gaza dans des propos tenus ce dimanche, en avançant qu’il faudrait sans doute des années pour rétablir « une gouvernance à Gaza, hors du Hamas et d’Israël », et qu’une future administration civile du territoire côtier serait probablement composée de « Palestiniens eux-mêmes soutenus par une sorte de comité ou de coalition régionale ».

Jacob Magid a contribué à cet article.

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