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Un syndicat d’enseignants menace de faire grève contre la réforme du baccalauréat

Pour le syndicat des enseignants du secondaire, le projet visant à supprimer les épreuves d’histoire, littérature, éducation civique et études bibliques nivèle par le bas

Ran Erez, président de l'Association des Professeurs du Secondaire, lors d’une conférence de presse à Tel Aviv le 23 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Ran Erez, président de l'Association des Professeurs du Secondaire, lors d’une conférence de presse à Tel Aviv le 23 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Ce lundi, les enseignants du secondaire ont menacé de se mettre en grève contre la réforme annoncée par la ministre de l’Éducation, Yifat Shasha-Biton, des épreuves du diplôme de fin d’études secondaires.

« Aucun ministre n’a fait autant de mal au système éducatif que Shasha-Biton », a déclaré le président du Syndicat des enseignants du secondaire, Ran Erez, lors d’une conférence de presse annonçant le litige avec le ministère, menaçant de fermetures des écoles, bien avant la fin de l’année scolaire.

« Nous allons bientôt agir », a-t-il déclaré. « Nous envisageons de ne pas attribuer de notes aux élèves à la fin de l’année. En outre, il pourrait y avoir des perturbations lors des cérémonies de remise des diplômes, des voyages et autres. Si nécessaire, nous prolongerons notre action pendant deux mois », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de la réforme prévue par Shasha-Biton, annoncée le mois dernier, certaines épreuves cèderont la place à de nouvelles méthodes d’étude, de travail et d’évaluation. À ce titre, les épreuves écrites d’histoire, littérature, éducation civique et études bibliques seront annulées et remplacées par des projets de classe et des travaux pluridisciplinaires notés en interne par chaque établissement, en plus d’une évaluation externe.

Dans chacune de ces matières, les enseignants sélectionneront des projets parmi lesquels les élèves de Seconde et Première pourront choisir. Les épreuves du diplôme de fin d’études secondaires – le bagrout – seront remaniées et les élèves prépareront des projets individuels et des présentations orales.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton à Jérusalem, le 14 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les projets des élèves de Terminale devront être évalués par un examinateur externe, avec une note finale globale composée de la note de l’école et de celle de l’évaluation externe, à parts égales.

L’évaluation externe se fondera sur un travail écrit et une présentation orale du projet.

Les épreuves de mathématiques, anglais, langue et sciences se dérouleront comme par le passé, avec des tests écrits sujets à évaluation externe.

Erez a déclaré lundi que la réforme porterait tort aux élèves et aurait pour conséquence de « niveler par le bas ».

« Il faut approfondir les acquis. Nous ne combattons pas la réforme pour des raisons budgétaires, mais parce qu’elle porte tort aux élèves et réduisent certaines matières à la portion congrue », a-t-il expliqué.

Ces examens peuvent avoir des conséquences importantes sur l’avenir des élèves. Les notes obtenues sont examinées avec une grande attention en cas de candidature dans des unités militaires d’élite ou des institutions académiques. Le certificat de fin d’études est décerné aux élèves qui réussissent les examens avec un taux de réussite minimal de 56 % dans chacune des matières.

Les élèves du Yehud Comprehensive High School passent leurs examens à Yehud le 8 juillet 2020. (Crédit : Yossi Zeliger / Flash90)

La réforme du bagrout est la dernière d’une série de changements de grande ampleur menés par Shasha-Biton depuis sa nomination au poste de ministre de l’Éducation, en juin 2021.

Le Conseil national des étudiants et de la jeunesse a critiqué les déclarations du syndicat, accusant Erez de causer du tort aux élèves.

« Ran Erez pense une fois de plus que ses menaces de grève au plus fort de la période d’inscription et des cérémonies de remise des diplômes vont porter atteinte au ministère de l’Éducation et aux réformes qu’il promeut. Mais en fait, c’est aux élèves qu’il porte tort par son attitude sans discernement », a déclaré le président du conseil, Omer Shahar.

L’annonce du syndicat des enseignants, lundi, fait écho à un autre conflit entre le ministère et le syndicat israélien des enseignants au sujet d’un nouvel accord salarial avec l’État.

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