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Un tribunal US statue que le musée de Madrid peut garder un Pissarro pillé par les nazis

La décision met fin à l'un des plus anciens cas de restitution d'œuvres spoliées, concernant le tableau que Lilly Cassirer a été contrainte de vendre pour obtenir un visa et quitter l'Allemagne

"Rue Saint-Honoré, dans l'après-midi. Effet de pluie" de Camille Pissarro accroché dans la maison de Lilly Neubauer à Berlin. (Image provenant des archives judiciaires via JTA)
"Rue Saint-Honoré, dans l'après-midi. Effet de pluie" de Camille Pissarro accroché dans la maison de Lilly Neubauer à Berlin. (Image provenant des archives judiciaires via JTA)

JTA — Une cour d’appel américaine a statué mardi que le musée de Madrid pouvait conserver un tableau qui avait été pillé à une femme juive par les nazis, et que les descendants de cette dernière recherchent depuis 2005.

La provenance du tableau à l’huile de 1897 de Pissarro, « Rue Saint-Honoré, dans l’après-midi. Effet de pluie », est l’un des plus anciens cas de restitution d’œuvres d’art pillées par les nazis dans l’histoire.

La décision de mardi ne concernait pas le vol du tableau par les nazis, mais la question de savoir si la loi espagnole ou californienne s’appliquait au litige. Elle se distingue également d’une récente série de victoires pour les victimes de la Shoah dont les biens ont été pillés par les nazis et dont les descendants cherchent à récupérer les biens volés de leur famille.

Le tableau de Pissaro appartenait à Lilly Cassirer, née Neubauer, en 1939. Elle a été contrainte de le vendre pour 900 Reichsmarks, soit environ 360 dollars à l’époque, pour obtenir un visa de sortie pour l’Angleterre. L’argent a été déposé sur un compte bancaire auquel elle n’avait pas accès.

En 1958, Neubauer a formulé une demande auprès de la nouvelle République fédérale allemande et a conclu un accord au sujet du tableau volé en vertu duquel elle acceptait de percevoir une indemnité d’environ 250 000 dollars. Aujourd’hui, le tableau est estimé à des dizaines de millions de dollars. Neubauer est décédée en 1966.

Le tableau a circulé à travers le monde au fil des décennies, d’une collection privée à St. Louis à Beverly Hills, puis à une galerie de New York, où le collectionneur d’art suisse Baron Hans Heinrich Thyssen-Bornemisza, héritier d’un empire industriel allemand, l’a acheté. Pendant un certain temps, Thyssen-Bornemisza a conservé le tableau en Suisse avant de le vendre au Royaume d’Espagne en 1993, qui a créé une fondation et un musée à partir de sa collection d’art.

Dès qu’il a appris où se trouvait le tableau, l’unique héritier de Neubauer, son petit-fils Claude Cassirer, a intenté une action en justice pour le récupérer en 2005. Il est décédé cinq ans plus tard, et maintenant son fils David, la succession de sa fille Ava, et la Fédération juive du comté de San Diego gèrent l’affaire.

Le juge Carlos Bea a déclaré mardi que la préoccupation de l’Espagne de garantir une « certitude de titre » prévalait sur la préférence de la Californie pour décourager le vol et récupérer des œuvres d’art volées pour les victimes qui y vivent. Il a spécifiquement cité le fait que le Museo Thyssen avait fait l’acquisition « de bonne foi » et exposé le tableau pendant trois ans avant que les Cassirer ne portent plainte, ce qui, selon le droit espagnol, signifie que le musée est le propriétaire légitime.

Dans son opinion concordante, le juge Consuelo Callahan a déclaré que l’Espagne aurait dû volontairement renoncer au tableau.

« Parfois, nos serments de fonction et une appréciation de nos rôles appropriés en tant que juges d’appel exigent que nous acceptions un résultat en contradiction avec notre boussole morale », a-t-elle écrit. « Pour moi, c’est le cas ici. »

Les avocats de la famille Cassirer estiment que la décision était incorrecte et ont déclaré qu’ils demanderaient un réexamen de la décision.

« Parmi les questions importantes, la décision de la cour omet d’expliquer comment l’Espagne a un quelconque intérêt à appliquer ses lois pour blanchir la propriété des dépouilles de guerre, une pratique interdite par la Convention de La Haye de 1907 et une série d’autres accords internationaux auxquels l’Espagne a adhéré depuis plus d’un siècle », ont-ils déclaré dans une déclaration commune. « Elle n’explique pas non plus comment un musée national détenu par le gouvernement espagnol peut justifier de conserver un tableau qu’il sait avoir été pillé par les nazis à une famille juive pendant l’Holocauste. »

« Les Cassirer estiment que, surtout au vu de l’explosion de l’antisémitisme dans ce pays et dans le monde aujourd’hui, ils doivent contester l’insistance continue de l’Espagne à abriter de l’art volé par les nazis », ont ajouté les avocats. « Cette décision donne également un feu vert aux pilleurs du monde entier. »

Thaddeus Stauber, un avocat représentant le Museo Thyssen, a qualifié la décision de « conclusion bienvenue à cette affaire ».

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