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Un vicaire de l’église anglicane poursuivi par ses pairs pour antisémitisme

Une cour disciplinaire a été formée après qu'une organisation-cadre a souligné les actes ansémites de Stephen Sizer, qui avait également rencontré un leader du Hezbollah

Capture d'écran d'une vidéo de Stephen Sizer lors d'une conférence du groupe à Bethléem, en 2010. (Capture d'écran : YouTube)
Capture d'écran d'une vidéo de Stephen Sizer lors d'une conférence du groupe à Bethléem, en 2010. (Capture d'écran : YouTube)

Un vicaire de l’église anglicane risque le renvoi alors qu’il est actuellement accusé d’avoir publié des articles antisémites sur Internet et d’avoir partagé des contenus provenant de négationnistes de la Shoah.

La cour disciplinaire qui examine actuellement ces accusations lancées contre le révérend Stephen Sizer, 68 ans, a été formée après le dépôt d’une plainte par l’organisation-cadre des communautés juives britanniques, le Board of Deputies of British Jews, qui soulignait onze incidents antisémites.

Selon le Daily Mail, c’est la première fois que cette organisation, vieille de 260 ans, porte plainte contre un membre de l’église.

Même si ce type de procédure, au tribunal, reste habituellement privé, Sizer a réclamé des audiences publiques dans son dossier, disant qu’il souhaitait blanchir son nom et sa réputation. Le vicaire s’est défendu en affirmant qu’il n’était pas antisémite et que ses actes visaient Israël et non les Juifs.

La plainte contre Sizer comprend une rencontre, en 2006, avec Sheikh Nabil Kaouk, un haut-membre du groupe terroriste libanais du Hezbollah, et son partage d’un article, en 2015, qui était intitulé : « 9/11 : Israël l’a fait ». Dans la publication qui accompagnait l’article, Sizer avait écrit : « Est-ce antisémite ? Si c’est le cas, il n’y a aucun doute sur le fait qu’on me demandera de le supprimer. Cela entraîne de nombreuses questions ».

Sizer avait supprimé le post après 48 heures et il avait présenté ses excuses à l’évêque de Guildford. Il avait aussi accepté d’arrêter d’écrire sur le conflit israélo-palestinien au Moyen-Orient, et de cesser d’en parler ou de vouloir l’enseigner.

« Il aurait dû savoir combien la communauté juive serait offensée par cet article profondément choquant, mais non seulement il en a approuvé le contenu en le partageant sur son mur, mais il a en plus ajouté qu’il soulevait en effet de nombreuses interrogations, » a dit le représentant du Board of Deputies, Nicholas Leviseur, devant le tribunal, selon un article paru dans l’édition britannique du Jewish Chronicle la semaine dernière.

Sizer avait aussi partagé un article affirmant que l’ex-leader travailliste Jeremy Corbyn avait été victime « des mains cachées du sionisme », selon le Jewish Chronicle. Corbyn avait été évincé de la présidence de son parti en 2020, accusé de ne pas avoir fait suffisamment pour s’attaquer au problème de l’antisémitisme dans ses rangs.

Le dirigeant du Parti travailliste Jeremy Corbyn quitte son domicile à Islington, au nord de Londres, le 16 décembre 2019. (Isabel Infantes/PA via AP)

Marie van der Zyl, présidente du Board of Deputies, a déclaré au journal que les positionnements adoptés par Sizer « suffisent à définitivement me rendre malade ». Elle a aussi affirmé qu’il « fait la promotion de l’antisémitisme sur toutes les plateformes auxquelles il accède ».

Par ailleurs, le Conseil écossais des communautés juives a publié la liste détaillée de liens entretenus par Sizer avec des négationnistes de la Shoah et des plateformes antisémites.

Stephen Hofmeyr, qui représente Sizer, a déclaré que le vicaire ne partageait pas les points de vue antisémites des articles qu’il avait soumis à ses abonnés sur internet.

« Le fait qu’il ait été impossible de trouver un mot, ou une déclaration antisémite de la part du docteur Sizer est significatif. Il n’y en a pas », aurait dit Hofmeyr devant le tribunal, selon le Daily Mail.

« Se lier avec des personnalités reconnues comme ayant des points de vue antisémites est, en soi, insuffisant, dans la mesure où ce lien intervient pour de bonnes raisons – pour, par exemple, mettre en doute une opinion ou la présenter », a-t-il ajouté.

Hofmeyr a dit lors de l’audience que Sizer avait écrit, dans le passé, que le négationnisme de la Shoah n’avait aucune place dans le discours public et que les critiques légitimes d’Israël ne devaient pas être utilisées pour s’attaquer au peuple Juif.

Il a aussi précisé qu’il avait été demandé à son client de rencontrer le chef du Hezbollah et que son objectif avait été de faire libérer des soldats israéliens en captivité.

« Imaginez s’il avait refusé. Au contraire, il a cherché à utiliser cette opportunité pour faire quelque chose de bien. Il est allé demander la libération des captifs », a-t-il poursuivi.

Le président du tribunal, David Pittaway, rendra son jugement dans cette affaire à une date qui n’a pas encore été déterminée.

Sizer a été suspendu de son travail de vicaire en 2018 par l’évêque de Winchester, en l’attente du verdict.

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