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Une archère iranienne nie avoir fait tomber son hijab en soutien aux protestations

Parmida Ghasemi s'est excusée pour l'incident et a déclaré n'avoir "aucun problème" avec le port du foulard ; ses partisans craignent que sa déclaration ait été forcée

L'archère iranienne, Parmida Ghasemi, après sa descente de scène lors d'une cérémonie à Téhéran, en Iran, le 11 novembre 2022. (Crédit : YouTube)
L'archère iranienne, Parmida Ghasemi, après sa descente de scène lors d'une cérémonie à Téhéran, en Iran, le 11 novembre 2022. (Crédit : YouTube)

Une archère iranienne a nié samedi avoir fait preuve de solidarité avec les manifestations nationales contre le régime en faisant tomber son hijab lors d’une cérémonie de remise de prix à Téhéran, affirmant que son foulard avait glissé en raison « du vent et d’un immense stress ».

Vêtue d’un foulard, Parmida Ghasemi a publié une déclaration vidéo sur son compte Instagram soulignant qu’elle n’était pas consciente que son hijab, qui est obligatoire en Iran, avait glissé. Elle a présenté ses excuses pour l’incident.

« Cela a entraîné des réactions qui ont provoqué des malentendus. Ma famille et moi n’avons pas, et n’avons jamais eu, de problème avec le port du hijab. Je voulais m’excuser auprès des gens, des officiels et de mes coéquipiers », a-t-elle déclaré.

Après avoir initialement félicité Ghasemi pour ce qu’ils considéraient comme un acte de défi à la République islamique, de internautes iraniens ont craint que sa déclaration n’ait été imposée par les autorités.

Depuis septembre, le régime théocratique de Téhéran s’efforce de contenir les manifestations déclenchées suite à la mort de Mahsa Amini.

Mahsa Amini, 22 ans, est décédée le mois dernier après avoir été arrêtée par la « police des mœurs » du pays pour ne pas avoir couvert correctement ses cheveux.

Des manifestantes étaient descendues dans la rue, brûlant leur foulard et se coupant les cheveux en signe de protestation contre les lois sur le port obligatoire du voile.

L’ONG norvégienne Iran Human Rights a déclaré qu’au moins 326 personnes, dont 43 enfants et 25 femmes, sont mortes dans la répression sanglante des manifestations.

Depuis le début des troubles, plusieurs athlètes iraniens ont semblé manifester leur solidarité avec les manifestants.

Après que l’alpiniste iranienne Elnaz Rekabi a participé le mois dernier à une compétition en Corée du Sud sans porter de foulard, elle aurait été placée en résidence surveillée et contrainte de présenter des excuses, selon la BBC Perse, qui cite une « source bien informée ».

Lundi dernier, le joueur de beach soccer iranien Saeed Piramoun a été salué comme un héros sur les réseaux sociaux lorsqu’il a fait un geste clair en forme de ciseaux au-dessus de sa tête avec ses doigts pour imiter la coupe de ses cheveux, selon plusieurs vidéos.

Sans nommer Piramoun, la fédération iranienne de football a déclaré dans un communiqué qu’elle prendrait des mesures disciplinaires à l’encontre de tous ceux qui n’ont pas réussi à respecter les règles en vigueur hors du terrain de jeu.

En octobre, l’Esteghlal, club de football de Téhéran, a refusé de fêter sa victoire à la Supercoupe d’Iran. Dans une interview d’après-match, le footballeur Siavash Yazdani avait dédié sa victoire aux « femmes et à ceux qui ont perdu des êtres chers ».

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