Rechercher

Une « arme antibactérienne » israélienne aide les bons germes à tuer les mauvais

Dans un laboratoire de l'université de Tel Aviv, des bactéries utiles tirent des "flèches empoisonnées" sur des microbes responsables d'infections

Image d'illustration : Représentation 3D d'une bactérie.
Image d'illustration : Représentation 3D d'une bactérie.

Un laboratoire de Tel Aviv est en quelque sorte parvenu à équiper des bonnes bactéries de « flèches empoisonnées » afin qu’elles les tirent sur les mauvaises bactéries, leur portant un coup fatal.

« Nous avons construit une arme antibactérienne qui permet aux ‘bonnes’ bactéries d’attaquer les mauvaises bactéries avec des toxines et de les neutraliser », a déclaré au Times of Israel le Dr. Dor Salomon, chercheur principal du projet de l’université de Tel Aviv.

Son équipe du département de biologie clinique et d’immunologie a publié un article sur leur succès, réalisé dans des conditions de laboratoire, dans la revue à comité de lecture EMBO Reports.

Elle souhaite tester cette technologie dans des fermes piscicoles d’ici quelques mois et affirme que, d’ici quelques années, leur avancée pourrait faire partie de l’arsenal des médecins contre les infections chez l’homme.

M. Salomon a déclaré que la résistance aux antibiotiques était une source d’inquiétude croissante pour la profession médicale, et que des solutions comme la sienne, qui combattent les infections sans utiliser de médicaments, pourraient sauver de nombreuses vies.

L’un des systèmes les plus efficaces dont disposent les mauvaises bactéries pour éliminer d’autres bactéries s’appelle le système de sécrétion de type 6, découvert il y a environ 15 ans.

Les bonnes bactéries sont armées de « flèches empoisonnées » mises au point par le laboratoire du Dr. Dor Salomon. Les « flèches » sont visibles sous forme de lignes lumineuses à l’intérieur de la bactérie. (Autorisation du Dr. Dor Salomon)

L’équipe de Salomon, qui compte parmi elle les chercheurs Biswanath Jana et Kinga Keppel, a retiré ce système dit des mauvaises bactéries. Elle a « installé » le système dans des bactéries inoffensives qui ont été « programmées » pour reconnaître les agents pathogènes et les attaquer, tout en ne nuisant pas aux autres microbes.

« Nous avons réalisé la preuve de concept d’une bactérie sûre qui peut répondre à un signal extérieur, comme la présence d’un agent pathogène dont nous voulons nous débarrasser », a déclaré M. Salomon.

Dr. Dor Salomon. (Autorisation du Dr. Dor Salomon)

« Nous avons équipé des bactéries inoffensives du système de sécrétion de type 6. Lorsqu’il est activé, il est propulsé sous la forme d’un complexe de protéines en forme de flèche, qui pénètre par la force brute dans une cellule voisine et y libère des toxines. »

« Ce système de sécrétion est normalement utilisé par les bactéries pour manipuler ou tuer les cellules voisines, mais nous l’utilisons pour armer une bactérie inoffensive d’une arme antibactérienne », a-t-il déclaré.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...