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Une autre ex-soldate accuse Stern d’avoir rejeté des allégations d’agression

Suite au tollé suscité par les remarques du ministre sur le rejet de plaintes anonymes pour harcèlement, une femme a déclaré que Stern lui avait dit que sa plainte était "absurde"

Elazar Stern (Yesh Atid) assiste à une session plénière à la Knesset à Jérusalem, le 6 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Elazar Stern (Yesh Atid) assiste à une session plénière à la Knesset à Jérusalem, le 6 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une seconde femme a déclaré lundi que le ministre des Renseignements, Elazar Stern, avait rejeté sa plainte et ses accusations de harcèlement sexuel alors qu’il était commandant de l’École des officiers de Tsahal dans les années 1990. La déclaration de la femme s’ajoute à une autre similaire dimanche, alors que la polémique au sujet du ministre pourrait bien mettre en danger sa carrière politique.

La polémique a commencé quand Stern, l’un des principaux candidats à la tête de l’Agence juive, a déclaré dans une interview à la radio dimanche matin qu’il avait « déchiré de nombreuses plaintes anonymes » pendant son mandat à la tête de la Direction des ressources humaines de Tsahal, dont certaines plaintes concernaient des allégations d’agressions sexuelles.

Pour tenter de se rattraper, Stern a fait le tour des principaux plateaux télévisés dimanche soir, s’excusant au cas où ses remarques avaient offensé. Il a déclaré que, bien qu’il avait déchiré des plaintes anonymes, celles-ci n’avaient jamais porté sur des allégations d’agressions sexuelles.

Cependant, une femme a déclaré anonymement à la Treizième chaîne que, alors qu’il était à la tête de l’École des officiers de Tsahal, il l’avait menacée afin qu’elle ne répète plus les allégations qu’elle avait formulées contre un sous-officier, ou « sa vie deviendrait compliquée ». Stern a nié avoir jamais prononcé ces mots, tout en concédant que son traitement de l’affaire « n’avait peut-être pas été le bon ».

Lundi, la Treizième chaîne a diffusé le témoignage d’une deuxième femme, aujourd’hui âgée de 49 ans, qui a servi comme officier à l’École des officiers de Tsahal, l’établissement d’enseignement le plus important de l’armée, quand Stern en était le commandant.

La femme, qui était alors chargée de traiter les cas d’harcèlement sexuel, a déclaré que Stern avait ignoré les plaintes – venant d’elle-même et de d’autres femmes –, alléguant qu’il y avait de fait sur la base une « atmosphère d’harcèlement, d’officiers compliqués ».

Image d’illustration non datée de l’École des officiers de Tsahal. (Crédit : armée israélienne)

Elle a déclaré avoir été « choquée » de voir Stern accorder des interviews dimanche soir aux trois principales chaines d’information israéliennes, affirmant qu’il n’avait jamais passé sous silence des plaintes pour harcèlement sexuel.

La femme a expliqué que, lorsqu’elle était venue se confier à Stern après qu’un homme officier ait tenté de l’embrasser contre son gré, Stern avait répondu : « C’est absurde, [ce n’est] rien, OK je vais me renseigner. »

« J’espérais qu’il l’interrogerait, mais je savais qu’il ne le ferait pas », a-t-elle déclaré. « Il a évité le sujet quand j’ai essayé d’en savoir plus. »

Elle a déclaré avoir ensuite été ostracisée par des responsables de la base militaire, ce qui l’a finalement conduit à quitter l’armée plus tôt que prévu.

« C’était un cauchemar. Les femmes soldates craignaient des représailles après ce qui m’avait été fait, des officières ont été transférées dans d’autres bases parce qu’elles se trouvaient dans ma situation. J’ai été attristée par la façon dont ils ont réussi à me briser », a-t-elle déclaré.

Le bureau de Stern a répondu que, « d’après les quelques détails qui nous ont été fournis, il semble que l’affaire soit connue du ministre Stern et qu’elle a été traitée par lui de façon directe et rigoureuse. L’officier [incriminé] a été relocalisé et son service a été écourté. »

Yair Lapid (à droite) et la nouvelle recrue de Yesh Atid, le député Elazar Stern, lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 18 janvier 2015. (Crédit : Ben Kelmer/FLASH90)

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a soutenu Stern, membre de son parti Yesh Atid, dans une déclaration publiée lundi : « Yesh Atid est un parti qui se distingue par une tolérance zéro pour le harcèlement sexuel. Nous pensons que les femmes doivent être protégées et qu’elles doivent pouvoir porter plainte de la manière qu’elles considéreront comme appropriée. Si Stern avait dit avoir déchiré des plaintes pour harcèlement sexuel, nous lui aurions fait nos adieux dans la foulée. Mais il n’a pas dit cela, et il ne croit pas en cela. »

Pendant l’interview diffusée dimanche à la radio et alors que la conversation portait clairement sur les accusations de harcèlement sexuel, le ministre avait répondu « oui » à plusieurs reprises quand il lui avait été demandé s’il avait déchiré des lettres anonymes. Lorsqu’il lui avait été demandé s’il faisait référence à des plaintes déposées spécifiquement par des femmes, Stern avait déclaré « ne pas se souvenir exactement si c’étaient des femmes ».

Après avoir été commandant de l’École des officiers de Tsahal, Stern a été à la tête du Corps de l’éducation et de la jeunesse et de la Direction des ressources humaines, avant d’entrer à la Knesset en 2013. Il est ministre des Renseignements depuis juin.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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