Une campagne encourage l’installation de panneaux solaires sur les toits
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Une campagne encourage l’installation de panneaux solaires sur les toits

Alors que les ressources terrestres diminuent, le gouvernement israélien veut atteindre sa cible visant à générer 10 % de son énergie à partir de sources renouvelables d'ici 2020

Des panneaux solaires générateurs d'électricité (Crédit : Danny Shechtman)
Des panneaux solaires générateurs d'électricité (Crédit : Danny Shechtman)

Mettez des panneaux solaires sur votre toit et gagnez de l’argent tout en aidant à réduire la pollution : Tel est le message d’une nouvelle campagne de relations publiques lancée par le ministère de l’Energie et l’Autorité en charge de l’électricité.

Israël est à la traîne, pour le moment, dans la course à son objectif d’assurer 10 % de sa production d’électricité à partir de ressources renouvelables – un objectif que le gouvernement s’était juré d’atteindre à l’horizon 2020.

A la fin de l’année dernière, seule 3 % d’électricité était générée par des ressources renouvelables. Ce chiffre, selon les prévisions, devrait s’élever à seulement 5 % au mois de décembre 2019.

Actuellement, environ 13 000 toits ont été agrémentés de panneaux solaires. La vaste majorité a été installée dans les zones agricoles, commerciales ou industrielles, comme sur les toits des centres commerciaux.

L’objectif est de doubler ce nombre d’ici la fin de l’année prochaine, notamment en encourageant largement les propriétaires d’habitations résidentielles à dépenser entre 55 000 et 150 000 shekels pour des panneaux solaires qui dégageront des profits après huit ou dix ans d’exploitation.

Les prix des panneaux photovoltaïques ont baissé d’environ 80 % ces dernières années, selon l’Autorité de l’électricité, grâce aux améliorations technologiques et à la production en masse dans certains pays tels que la Chine.

Photo voltaic solar panels atop a cow shed on Kfar Vitkin. (Chen Leopold/Flash90)
Des panneaux solaires photovoltaïques dans un élevage de bovins, à Kfar Vitkin. (Crédit : Chen Leopold/Flash90)

Avec un système fonctionnant à l’énergie solaire de 15 kilowatts (kW) placé sur un toit résidentiel, les investisseurs paieront le prix régulier pour l’électricité qu’ils utilisent (qui s’élève actuellement à 47 agorot par unité d’énergie, connue sous le nom de kilowatt-heure ou kWh), mais ils obtiendront un remboursement de la part de la Compagnie israélienne d’électricité pour le surplus entrant dans le réseau national, au taux de 48 agorot par kWh, selon la grille de facturation établie au mois de septembre.

Même s’il n’est pas lié à l’indice des prix aux consommateurs, ce prix est garanti pendant 25 ans à partir de la date d’installation du système – il s’agit approximativement de la durée de vie des panneaux solaires.

Les banques fournissent des prêts attractifs et parfois sans apport pour ce qu’elles considèrent comme un investissement sans risque, et les revenus d’un système tels que celui-là ne sont pas imposables ni soumis à la TVA.

En plus de payer pour le système lui-même (aucun permis de planification n’est requis et il n’y a aucun frais municipal), l’investisseur privé doit payer quatre choses : une visite initiale de la part d’un électricien privé ou d’un représentant de la compagnie israélienne de l’électricité qui contrôlera les panneaux avant qu’ils ne soient connectés au réseau ; une seconde visite de la compagnie israélienne d’électricité après la connexion ; l’installation d’un compteur qui coûte 350 shekels ; et une charge fixe de quelques dizaines de shekels par mois.

Un site Internet a été ouvert (actuellement seulement en hébreu) pour permettre aux citoyens intéressés de découvrir la somme d’agent qu’ils pourraient gagner et pour donner des informations détaillées sur la façon d’installer le système.

Un immeuble résidentiel de 100 mètres de toit disponible, situé au centre de la ville, qu’il compte peu ou beaucoup d’étages, peut, par exemple, empêcher 9,7 tonnes de pollution annuelle et générer environ 7 500 shekels par an, huit à dix ans après avoir remboursé l’investissement initial.

Sur environ 800 000 immeubles résidentiels dans le pays, environ 500 000 sont des résidences abritant des appartements. Dans ces derniers, tous les propriétaires devront s’accorder sur l’achat de ce système et établir un mécanisme permettant de redistribuer les revenus.

Alors que les entreprises de panneaux solaires poussent comme des champignons et promettent des retours sur investissements à deux chiffres, Nurit Felter, chef de la division stratégique au sein de l’Autorité de l’électricité, estime qu’il est sage d’obtenir plusieurs estimations de prix, de vérifier la santé des entreprises et de discuter avec les amis ou voisins qui se sont dotés de tels systèmes pour tirer les enseignements de leurs expériences.

De nouveaux panneaux solaires (avant-plan) et des chauffe-eaux traditionnels (arrière-plan) devant les collines du désert de Judée. (Crédit : Danny Schechtman)

Depuis longtemps, la majorité des Israéliens peuvent installer des panneaux solaires sur leur toit pour chauffer leur eau. Dans un avenir proche, ils devront trouver encore au moins 40 mètres-carrés de toit s’ils souhaitent mettre en place de nouveaux panneaux producteurs d’électricité.

Une législation est en cours de préparation afin de permettre aux entrepreneurs travaillant sur de nouvelles constructions de choisir entre le type existant de chauffe-eau solaire et le nouveau système.

Israël compte environ 1 800 heures d’ensoleillement par an.

« Israël est petit », dit Felter au Times of Israël. « Nous n’avons pas beaucoup de terrains sur lesquels placer des panneaux solaires. Toutefois, nous avons beaucoup de toits, avec un bon accès au soleil et à la chaleur. »

Les entreprises avec suffisamment d’espace de toit pour y installer des systèmes allant jusqu’à 100 Kw reçoivent 45 agorot par kWh pour l’électricité qui passe dans le réseau.

Elles doivent entrer en concurrence via des appels d’offre pour obtenir des quotas d’énergie solaire et doivent payer des impôts si le revenu dépasse plus de 24 000 shekels, ainsi qu’une TVA sur les revenus supérieurs à 70 000 shekels.

Un appel d’offres est actuellement en cours pour placer des panneaux flottants sur des réservoirs, ce qui offre la chance supplémentaire d’aider à limiter l’évaporation de l’eau.

La campagne actuelle visant à encourager une production plus forte d’énergie solaire remonte à l’annonce faite par l’Autorité de l’électricité, à la fin de l’année 2017, qui avait annoncé que 1 900 mégawatts supplémentaires devaient être générés par le soleil si la cible poursuivie à l’horizon 2020 devait être atteinte.

Elle avait par ailleurs proposé de nombreuses incitations.

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz envisage une production d’électricité à base d’énergie renouvelable à 17 % d’ici 2030, même s’il ne s’agit pas encore d’une politique officielle.

L’Union européenne espère pouvoir obtenir au moins 32 % de son électricité d’énergies renouvelables en 2030.

Selon un rapport du Forum économique mondial publié au mois de février, les énergies renouvelables représentaient en moyenne 17,5 % de la production d’électricité dans l’Union européenne à tous les niveaux, avec la Suède tirant 54,5 % de son électricité des énergies renouvelables, suivie notamment par la Finlande (41 %), la Lettonie (39 %) et le Danemark (35,8 %). Au bas du tableau, se trouvent les Pays-Bas, qui se situent à la traîne de l’objectif qu’ils s’étaient fixés, à 7,4 %.

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