Une chaîne de droite recule après s’être réjouie de la mort de Said al-Harumi
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Une chaîne de droite recule après s’être réjouie de la mort de Said al-Harumi

La Vingtième chaîne a supprimé l'article sur la mort de l'élu Raam, qui y était qualifié de "soutien du terrorisme" et qui débutait par un verset biblique se réjouissant de sa mort

Photo d'illustration : Une diffusion en direct de la Vingtième chaîne depuis la place Habima à Tel Aviv, le 25 novembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Photo d'illustration : Une diffusion en direct de la Vingtième chaîne depuis la place Habima à Tel Aviv, le 25 novembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La Vingtième chaîne de droite a présenté mercredi ses excuses après la publication d’un article sur Internet qui se réjouissait de la mort du député Raam, Said al-Harumi, le qualifiant de « soutien du terrorisme ».

Un article figurant en première page de son site internet disait en introduction que « le député Said al-Harumi, soutien du terrorisme issu de la faction Raam, est mort d’une attaque cardiaque à l’hôpital Soroka ».

L’article commençait également avec un verset biblique extrait du livre des proverbes, qui dit : « Quand les méchants périssent, on pousse des cris d’allégresse ». Il affirmait qu’al-Harumi « était connu pour ses discours extrémistes et pour son soutien apporté aux terroristes. »

Après une indignation majeure qui s’est exprimée sur la Toile, la chaîne a retiré l’article et elle a présenté ses excuses.

« La Vingtième chaîne souhaite établir clairement que l’article consacré à la mort tragique du député Said al-Harumi reflète que l’opinion de son auteur et exclusivement l’opinion de son auteur et la chaîne désapprouve avec force sa formulation », a fait savoir cette dernière.

Elle a ajouté avoir présenté ses condoléances à la famille du défunt.

Le député Said al-Harumi pendant un entretien dans son bureau à la Knesset de Jérusalem, le 28 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Une organisation israélienne représentant les Arabes et les Palestiniens dans les médias a indiqué que la chaîne avait franchi une ligne rouge avec cet article et elle a déposé plainte auprès de l’Autorité chargée de la télévision et de la radio commerciales.

« La Vingtième chaîne a franchi toutes les lignes rouges professionnelles et en termes d’éthique dans le secteur du journalisme », a affirmé I’lam, le Centre arabe de développement et de recherche pour la liberté des médias.

« Il est temps de reconsidérer la poursuite des diffusions de la Vingtième chaîne au vu des violations des règles définissant l’éthique journalistique qui ont été rapportées », a continué l’organisation.

Au mois de mai, un journaliste de la chaîne avait déploré l’absence de victimes dans une attaque à la roquette émanant du Liban qui avait touché une ville arabe israélienne du nord d’Israël. Il avait plus tard affirmé qu’il avait été mal compris, mais il avait été finalement limogé.

Le Front pour la protection de la Démocratie, un groupe de gauche, a également porté plainte auprès de l’Autorité responsable des médias commerciaux.

« La qualification du président de la commission intérieure de la Knesset, désigné comme un ‘soutien du terrorisme’, et l’usage du verset ‘Quand les méchants périssent, on pousse des cris d’allégresse’, sont une incitation à la violence raciste, une profanation des morts qui ne peuvent que heurter la famille et la communauté », a commenté le Front.

La Vingtième chaîne, ouvertement très à droite, avait commencé à diffuser ses programmes au mois d’août 2014 en se focalisant sur la tradition juive avant de se concentrer sur les informations et les émissions de débat en adoptant un point de vue clairement conservateur.

Parfois comparée à Fox News pour sa programmation et son objectif avoué de « contrebalancer » des médias mainstream qui seraient tous acquis à la gauche de l’échiquier politique, la chaîne a obtenu l’autorisation de diffuser ses propres programmes d’information au mois de décembre 2016.

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