Une coalition inédite : un Premier ministre pratiquant, record d’élus arabes…
Rechercher

Une coalition inédite : un Premier ministre pratiquant, record d’élus arabes…

Si le gouvernement est investi, il apporterait son lot de situations inédites et de records, notamment avec la formation d'un cabinet presque exclusivement féminin

Le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, salue ses partisans après les premiers résultats des sondages de sortie des urnes aux élections israéliennes au siège de son parti à Petah Tikva, le 24 mars 2021. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)
Le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, salue ses partisans après les premiers résultats des sondages de sortie des urnes aux élections israéliennes au siège de son parti à Petah Tikva, le 24 mars 2021. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)

La coalition formée par Yair Lapid de Yesh Atid et Naftali Bennett de Yamina apporterait son lot de situations inédites et battrait un grand nombre de records dans l’histoire politique d’Israël.

Si Bennett est nommé Premier ministre (en alternance avec Lapid) ce sera la première fois qu’Israël sera dirigé par un Premier ministre pratiquant et portant la kippa. Si le gouvernement est investi, Bennett sera également le chef de la plus petite faction à avoir jamais été nommé Premier ministre, puisque Yamina ne compte que sept députés et l’un d’eux a déclaré qu’il voterait contre la coalition proposée, et un autre envisage de le faire.

Bennett, 49 ans, sera également le deuxième plus jeune Premier ministre d’Israël – le record du plus jeune reste détenu par Netanyahu, qui n’avait que 46 ans la première fois qu’il a assumé ce rôle en 1996.

Le nouveau gouvernement, s’il prête effectivement serment dans les 12 prochains jours, sera le premier dans lequel le chef de faction qui assume le poste de Premier ministre (Bennett) n’est pas celui qui a effectivement reçu le mandat de former un gouvernement (Lapid). Ce dernier n’accédera à ce poste qu’en septembre 2023.

Le chef de Yamin Naftali Bennett et le chef de Yesh Atid Naftali Bennett Yair Lapid informent le président qu’ils ont réussi à former une coalition, le 2 juin 2021. (Autorisation)

Un nombre record de huit femmes sont susceptibles d’occuper des portefeuilles ministériels dans le gouvernement prévu, dont certaines des plus influentes : le ministère des Transports reviendrait Merav Michaeli (Parti travailliste), le ministère de l’Intérieur à Ayelet Shaked (Yamina) ; le ministère de l’Éducation à Yifat Shasha-Biton (Tikva Hadasha), le ministère de l’Économie à Orna Barbivai (Yesh Atid), le ministère de la Culture à Karine Elharrar (Yesh Atid), le ministère de l’Égalité sociale à Merav Cohen (Yesh Atid), le ministère de l’Immigration et de l’Intégration à Pnina Tamano-Shata (Kakhol lavan) et le ministère de la Protection de l’environnement à Tamar Zandberg (Meretz).

La candidate de Yesh Atid et ancienne générale de brigade Orna Barbivai lors d’une conférence de presse annonçant sa présence sur la liste du parti à la Knesset à Tel Aviv, le 1er janvier 2018. (Crédit :Yossi Zeliger/Flash90)

Il y aura huit députés arabes dans la coalition, et bien que Raam ne soit pas le premier parti arabe à siéger au gouvernement, c’est la première fois qu’un parti joue un rôle aussi important dans sa formation.

Les analystes ont noté que le cabinet serait diversifié, avec au moins un tiers des membres du gouvernement d’origine séfarade. Il comprendrait aussi un ministre arabe, le ministre de la Coopération régionale Issawi Frej du Meretz, et une autre d’origine éthiopienne, Tamano-Shata.

La coalition compterait un nombre record de huit factions, dont quatre dirigées par d’anciens journalistes – Lapid, Michaeli, Gideon Saar de Tikva Hadasha et Nitzan Horowitz de Meretz – ce qui est également inédit.

Issawi Frej, député du Meretz, durant une réunion de la commission des Affaires économiques à la Knesset, à Jérusalem, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Cinq des huit chefs de faction ont déjà été ministres sous Netanyahu – Lapid, Saar, Bennett, Avigdor Liberman de Yisrael Beytenu et Benny Gantz de Kakhol lavan.

Trois des huit chefs de faction ont commencé leur carrière en tant que collaborateurs principaux de Netanyahu – Bennett, Liberman et Saar. Shaked, de Yamina, a également travaillé pour Netanyahu pendant un certain nombre d’années.

De haut en bas, de gauche à droite : les chefs des huit partis de la nouvelle coalition : le chef de Yesh Atid Yair Lapid, le chef de Yamina Naftali Bennett, le chef de Tikva Hadasha Gideon Saar, le chef d’Yisrael Beytenu Avigdor Lieberman, le chef du Meretz Nitzan Horowitz, le chef de Kakhol lavan Benny Gantz, le chef de Raam Mansour Abbas et la cheffe du parti travailliste Merav Michaeli. (Crédit : AFP)

Malgré les affirmations de Netanyahu selon lesquelles la coalition naissante est un « gouvernement de gauche » qui représente « un danger pour la sécurité d’Israël et un danger pour l’avenir de l’État », le cabinet de sécurité de haut niveau comptera une nette majorité de membres de droite – même plus à droite que lui, ont rapporté dimanche les médias israéliens.

Selon les reportages du radiodiffuseur public Kan et de la Douzième chaîne, la plus haute instance du gouvernement sera composé de 10 ou 12 membres, mais dans les deux cas avec une nette majorité de droite.

La députée Yamina Ayelet Shaked lors d’une conférence de presse à la Knesset de Jérusalem, le 26 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon les reportages, le cabinet de sécurité comprendra trois membres de Yamina – Bennett, Shaked et Matan Kahana. Il y aura deux anciens du Likud, Saar et Zeev Elkin, ainsi que Liberman de Yisrael Beytenu.

Yesh Atid n’aura qu’un seul membre au sein du cabinet de sécurité : Lapid. Il y aura également un représentant de Kakhol lavan, Gantz, la travailliste Michaeli et un représentant du Meretz, Horowitz.

Dans un tel scénario, la droite aurait une majorité de 6 contre 4 sur le centre et la gauche.

Le reportage indique également qu’il est question d’ajouter deux membres supplémentaires, Omer Barlev (travailliste) et Yoaz Hendel (Tikva Hadasha). En cas d’ajout, la droite aurait un avantage de 7 contre 5.

Selon la loi israélienne, le nombre de ministres au sein du cabinet de sécurité ne peut dépasser la moitié du nombre de ministres du gouvernement. Il peut inclure des ministres supplémentaires qui sont des observateurs et ne peuvent pas voter sur les décisions du cabinet.

Selon la loi, le Premier ministre, le ministre de la Défense, le ministre des Affaires étrangères, le ministre des Finances, le ministre de la Sécurité intérieure et le ministre de la Justice sont de facto membres du cabinet de sécurité.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...