Une congrégation virtuelle pour saluer la reine de Shabbat
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Une congrégation virtuelle pour saluer la reine de Shabbat

Le projet "Shabbat UNPLUGGED" réunit des artistes israéliens via Zoom et Facebook Live pour un office de Kabbalat Shabbat

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Shabbat UNPLUGGED invite les Israéliens à sortir sur leurs baclons, le vendredi à 17 heures, pour accueillir le Shabbat ensemble (Autorisation :  Israeli Associations of Community Centers)
Shabbat UNPLUGGED invite les Israéliens à sortir sur leurs baclons, le vendredi à 17 heures, pour accueillir le Shabbat ensemble (Autorisation : Israeli Associations of Community Centers)

Depuis le début de la crise du coronavirus, les Israéliens chantent depuis leurs balcons ou se mettent sur le pas de leur porte pour saluer l’arrivée du Shabbat. Mercredi soir, ils ont été des milliers à aller aux fenêtres et sur les terrasses pour poser les quatre questions de « Ma Nishtana » à l’occasion d’un seder unique dans tout le pays.

Certaines de ses apparitions ont été spontanées, et d’autres rassemblements sur les balcons ont été organisés.

L’une des initiatives officielles s’appelle « Shabbat UNPLUGGED », et elle relie les Israéliens au Shabbat par le biais de JCC Global et des Associations israéliennes des centres communautaires (connus sous le nom de matnasim).

Chaque vendredi après-midi au cours de ce dernier mois, les Israéliens ont pu se tourner vers un live diffusé sur Facebook – ou s’inscrire au même événement diffusé en simultané via Zoom – qui leur permet d’écouter des musiciens israéliens interpréter des chansons de Kabbalat Shabbat, chacun à leur tour – un mini-concert privilégié.

« Le Shabbat est un moyen de relier la communauté israélienne à une philosophie », explique Ruth Kabessa Abramzon, qui a créé l’initiative au début de la crise du coronavirus. « Le Shabbat est quelque chose qui se trouve dans notre identité, qui revient chaque semaine, et nous pouvons apprendre comment profiter de cette opportunité – sans que cela signifie que tout un chacun devienne religieux – pour créer un lien entre nous. Cela fait partie de notre calendrier national », s’exclame-t-elle.

Ce vendredi, Shabbat UNPLUGGED permettra d’écouter, entre autres, le chanteur Narkis à 17 heures.

« Sortez sur votre balcon avec votre chemise blanche, apportez des bougies et n’oubliez pas votre énergie à l’intérieur », dit un prospectus qui a été numériquement distribué via Facebook, mail et WhatsApp.

Il est préférable de s’inscrire à l’avance, dit Kabessa Abramzon, chaque événement sur Zoom comptant plus de 1 000 abonnés.

« Sur Zoom, il y a un sentiment plus communautaire », dit-elle.

L’idée est de mettre en place une sorte de Kabbalat Shabbat allégé – chaque artiste interprète quelques chansons, porteuses d’espoir face à la situation actuelle. Des classiques du Shabbat viennent terminer le concert, comme « Lecha Dodie » et « Shalom Aleichem » et invitent les gens à sortir sur leur balcon pour allumer des bougies du Shabbat.

« Nous voulons rassembler toutes les parties de la nation, tout le monde doit avoir le sentiment de faire partie de la grande famille israélienne », dit Kabessa Abramzon.

Ruth Kabessa Abramzon, créatrice de l’initiative Shabbat UNPLUGGED visant à rassembler les Israéliens au début du Shabbat pendant la crise du coronavirus. (Autorisation : Moki Schvartz)

Une partie du projet réalisé par Kabessa Abramzon lui a été inspirée par son expérience vécue pendant la guerre du Liban, en 2006, lorsqu’elle était à la tête d’un matnas à Hatzor Haglilit, ville du nord du pays dans laquelle elle a grandi.

À l’époque, elle avait dû organiser différentes sortes d’activités et de rassemblements pour que la population puisse survivre au stress et à l’anxiété.

« Tout le monde veut avoir le sentiment de faire partie d’une communauté, particulièrement en des moments comme ceux-là », commente-t-elle. « Ca nous stimule tous. »

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