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Une députée juive du Labour soumise à une motion de défiance pendant Kippour

Le débat sur la démission de Louise Ellman est prévu la veille de Kippour ; pour le Jewish Labour Movement, c'est un exemple parfait de l’antisémitisme institutionnel du parti

Louise Ellman a démissionné du Parti travailliste en raison de ce qu'elle a décrit comme un antisémitisme systémique au sein du parti. (Autorisation)
Louise Ellman a démissionné du Parti travailliste en raison de ce qu'elle a décrit comme un antisémitisme systémique au sein du parti. (Autorisation)

Une branche locale du Parti travailliste britannique tiendra un débat pour demander la démission d’une députée juive à la veille de Yom Kippour, a rapporté mercredi le Jewish Chronicle.

Dame Louise Ellman, qui a été une éminente détractrice du dirigeant Jeremy Corbyn et du traitement des accusations d’antisémitisme par le parti, fait l’objet d’une motion de défiance appelant à sa démission du parti à Liverpool.

La branche travailliste de Saint-Michel discutera de la motion mardi prochain. Elle a cité la déclaration d’Ellman le mois dernier selon laquelle elle « comprend pourquoi les Juifs envisageraient sérieusement de quitter la Grande-Bretagne si Corbyn devenait Premier ministre ».

Selon le Jewish Chronicle, la motion indique que « nous ne sommes pas convaincus que notre députée Louise Ellman donnera suite aux vœux de notre CLP et de notre circonscription de Riverside, ni qu’elle suivra la politique du Parti travailliste ». La motion demande ensuite la démission d’Ellman.

Marie van der Zyl, présidente du Conseil des députés britanniques. (Publié avec autorisation)

La présidente du Jewish board of Deputies, Marie van der Zyl, a répondu à la motion en déclarant au journal que le fait qu’un « député juif soit menacé par une motion de défiance prévue pour Yom Kippour – le jour le plus sacré du calendrier juif, alors qu’elle n’a aucune opportunité de répondre – devrait être une source de profonde honte pour le Parti travailliste ».

Le Jewish Labour Movement a également déclaré dans un communiqué que « programmer une motion de défiance contre Louise Ellman pendant Kol Nidre, la nuit la plus sacrée du calendrier juif, est vraiment méprisable. Il s’agit d’un ciblage et d’un harcèlement à caractère raciste à l’encontre d’un député juif – un exemple parfait de la façon dont le parti est raciste au niveau institutionnel à l’égard des Juifs ».

Le débat sur la motion de défiance d’Ellman intervient quelques jours à peine après qu’une branche londonienne a décidé que Dame Margaret Hodge, élue juive au sein du Parti travailliste depuis de nombreuses années et qui, l’année dernière, avait qualifié Corbyn d’antisémite, devra se présenter à une primaire pour conserver son siège après avoir perdu un vote clé. Ellman, 73 ans, est députée de Liverpool Riverside depuis 1997.

Hodge, qui est députée de Barking à Londres depuis 1994, fera face à un vote de réélection, a décidé son parti de circonscription locale.

Margaret Hodge prend la parole lors de la Conférence du Jewish Labour Movement à Londres, le 2 septembre 2018. (Dan Kitwood/Getty Images/via JTA)

« Je suis évidemment déçue. Ma priorité reste le service de la population de Barking, comme je l’ai fait ces 25 dernières années, a déclaré Hodge au Huffington Post. À un moment vital pour le pays, avec des élections législatives qui se profilent, nous devrions concentrer nos efforts sur la nécessité de tenir Boris Johnson et les Conservateurs pour responsables de leurs actes. »

Selon le Guardian, des nouvelles réglementations internes au Parti travailliste impliquent qu’une primaire peut-être tenue si un tiers des membres d’une circonscription votent en faveur d’une telle démarche.

La primaire donne aux partis la possibilité de remplacer des députés en ouvrant la porte à la candidature d’autres membres du parti en vue d’une future élection. Le Parti travailliste a été accusé d’utiliser cette procédure pour purger les éléments anti Corbyn de ses rangs.

Le leader du parti d’opposition britannique du Labour Jeremy Corbyn prononce un discours durant un rassemblement lors d’une manifestation à Londres, à Whitehall, pour protester contre la visite d’Etat réalisée par le président américain Donald Trump, le 4 juin 2019. (Crédit : AP Photo/Matt Dunham)

Corbyn a été critiqué – y compris au sein de son parti – pour avoir permis à l’antisémitisme de se répandre chez les Travaillistes et pour avoir refusé d’adopter, dans un premier temps, la définition de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) de l’antisémitisme dans son code de bonne conduite.

Le Parti travailliste est secoué par des accusations d’antisémitisme depuis que son leader d’extrême gauche Jeremy Corbyn a été élu à sa tête en 2015. Cette année, de nouvelles polémiques ont affecté le parti après la diffusion d’un programme de la BBC dans lequel plusieurs anciens cadres travaillistes ont accusé Corbyn et ses alliés d’avoir interféré dans les efforts pour traiter le sujet.

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