Une étude sur la guerre en Syrie du musée américain de la Shoah ne défend plus Obama
Rechercher

Une étude sur la guerre en Syrie du musée américain de la Shoah ne défend plus Obama

Le mémorial avait soutenu que les États-Unis n'auraient pas pu prendre "de mesures efficaces pour prévenir les atrocités en Syrie" en 2013

Des enfants réfugiés arrivent à la frontière turque alors que des Syriens fuyant la ville assiégée d'Alep attendent pour passer la frontière, le 6 février 2016 à Bab al-Salama, près de la ville d'Azaz, au nord de la Syrie (Crédit : AFP / Bulent Kilic)
Des enfants réfugiés arrivent à la frontière turque alors que des Syriens fuyant la ville assiégée d'Alep attendent pour passer la frontière, le 6 février 2016 à Bab al-Salama, près de la ville d'Azaz, au nord de la Syrie (Crédit : AFP / Bulent Kilic)

WASHINGTON — Le mémorial des États-Unis pour l’Holocauste a de nouveau publié une étude sur la guerre civile syrienne, en supprimant des passages jugés comme exonérant l’administration Obama de la responsabilité de ses actions.

L’étude est dorénavant disponible sans le résumé qui incluait une phrase selon laquelle les États-Unis n’auraient pu faire que peu de choses pour prévenir le carnage qui a coûté la vie de plus de 300 000 personnes, a rapporté jeudi le New York Times.

A cela s’ajoute un essai plaidant en faveur d’une plus grande implication des Etats-Unis en Syrie et l’annonce d’un sondage mené auprès de groupes syriens évaluant quelles politiques américaines ils aimeraient voir mises en place.

Le passage incriminé dans l’étude, publié puis retiré en septembre, avait indiqué qu’ « une série de facteurs, plus ou moins structurels, rendaient très difficile la prise de mesures efficaces pour le gouvernement américain pour prévenir des atrocités en Syrie, même par rapport à d’autres contextes politiques difficiles. »

Des groupes juifs se sont joints à des militants des droits de l’Homme pour faire valoir que cette tournure de phrase ôtait la responsabilité du président américain d’alors, Barack Obama, de ce qu’ils considèrent être comme une attitude imprudente.

Les détracteurs d’Obama ont fait valoir que dans ses efforts pour empêcher l’Amérique de se retrouver embourbée en Syrie, il a fait trop peu pour faire cesser le carnage d’une guerre civile au cours de laquelle 300 000 personnes sont mortes. La Syrie a été accusée d’avoir utilisé du gaz mortel sarin, du gaz chloré et des bombes sous formes de barils de poudre contre des civils.

De nombreuses personnes évoquent sa décision de septembre 2013 à travers laquelle il a reporté une frappe militaire contre le gouvernement syrien en représailles à une attaque du régime syrien perpétré à l’arme chimique.

Le Centre Simon-Skjodt pour la prévention du génocide, à l’origine du document en question, a utilisé des méthodes de modélisation de calcul informatique et de théorie des jeux, ainsi que des interviews d’experts et de décideurs politiques pour déterminer que l’implication américaine après l’attaque de 2013 dans la zone de la Ghouta n’aurait pas réduit les atrocités dans le pays et pourrait avoir même y contribué.

Cameron Hudson, à la tête du Centre Simon-Skjodt, a déclaré au New York Times que le précédent document avait peut-être été trop biaisé pour les universitaires.

« Nous devons admettre que nous avons également un public élargi pour ce travail, et nous avons aussi un public de victimes et de survivants », a-t-il déclaré.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...