Une experte de l’OMS demande à ce que le commerce d’animaux vivants cesse
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Une experte de l’OMS demande à ce que le commerce d’animaux vivants cesse

Selon une épidémiologiste australienne, le transport d'animaux vivants destinés à l'engraissement et à l'abattage ne peut plus être sûr suite au virus ; Israël continue d'importer

Des veaux dans un transport d'animaux vivants venant d'Australie à Eilat pour l'engraissement avant l'abattage, au mois de décembre 2019. (Israel Against Live Shipments)
Des veaux dans un transport d'animaux vivants venant d'Australie à Eilat pour l'engraissement avant l'abattage, au mois de décembre 2019. (Israel Against Live Shipments)

Une épidémiologiste australienne qui membre d’un groupe de l’Organisation mondiale de la santé chargé du COVID-19 a averti que le transport d’animaux vivants destinés à l’engraissement et à l’abattage avait « atteint un stade où il ne peut plus être sûr » et que « le commerce d’animaux vivants doit cesser ».

Sur les 121 250 veaux expédiés vivants en Israël entre janvier et fin juillet de cette année, plus de 22 000 provenaient d’Australie. Ce pays a également fourni environ 14 000 des 230 000 agneaux importés au cours de la même période.

Le professeur Marylouise McLaws a déclaré à l’émission « 60 Minutes » de la télévision australienne qu’elle savait que son appel ne serait pas bien reçu en Australie, qui envoie des animaux dans le monde entier.

« Je ne pense pas que cela changera tant qu’il n’y aura pas une épidémie d’une maladie épouvantable chez les animaux pendant leur transport vers d’autres pays », a-t-elle déclaré.

McLaws estime qu’une sorte de pandémie était inévitable dans de tels transports.

Le professeur Marylouise McLaws, épidémiologiste à l’Organisation mondiale de la santé, s’exprimant lors de l’émission « 60 minutes » de la télévision australienne, le 10 août 2020. (Capture d’écran vidéo)

« Dès que vous repoussez l’environnement naturel plus loin et qu’ils n’ont nulle part où aller, les humains et les animaux se mélangent et ne se respectent plus. »

Le professeur McLaws est membre du groupe consultatif d’experts du programme des urgences sanitaires de l’Organisation mondiale de la santé pour la pandémie de coronavirus.

En novembre 2018, la Knesset a donné son feu vert en lecture préliminaire à un projet de loi visant à stopper les importations d’agneaux et de veaux d’Australie et d’Europe dans un délai de trois ans.

Mais l’avancement du projet de loi a ensuite été retardé par trois élections générales depuis décembre 2018. Six projets de loi sur le sujet sont actuellement en attente de débat à la Knesset, mais le calendrier de leur avancement n’est pas clair étant donné qu’il est question d’une éventuelle quatrième élection.

Capture d’écran de l’émission « 60 Minutes » consacrée aux transports d’animaux vivants, diffusée par la télévision australienne, le 8 avril 2018.

En mai, un rapport du contrôleur de l’État sur l’importation de veaux et d’agneaux en Israël pour l’engraissement et l’abattage a confirmé les nombreux témoignages qui se sont accumulés ces dernières années sur la cruauté des cargaisons de bétail vivant.

Les navires sont souvent en mauvais état, souffrant d’une ventilation insuffisante, de températures et d’une humidité élevées ; les animaux sont obligés de vivre dans leurs propres excréments ; la litière humide n’est pas changée assez souvent ; la nourriture et l’eau font souvent défaut ; et l’air est saturé d’une odeur d’ammoniac provenant de l’urine, ce qui provoque des difficultés respiratoires et des irritations des yeux chez les animaux.

Pourtant, presque rien n’est fait pour assurer le suivi des plaintes, l’amélioration des conditions et le respect des règlements, selon le rapport.

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